Mark McGuire – Get Lost

Dans Get Lost, Mark McGuire fait évoluer son ambiant oversamplé en laissant une place plus importante à  la guitare. De quoi parfois évoquer un Red House Painters 2.0 ou un Pink Floyd de l’an 3000.

L’Américain est un paradoxe à  lui tout seul : membre d’Esmeralds, un des groupes d’ambiant les plus novateurs,, et guitariste émérite aussi à  l’aise en acoustique qu’en électrique. , Dans sa carrière solo et encore plus avec Get Lost, Mark McGuire tend à  prouver que cette association est possible et mieux que l’électronique peut servir d’écrin moderne à  une guitare et qu’en retour celle-ci peut humaniser et donner une »voix » à  des paysages ambiants répétitifs., Il faut dire que depuis longtemps, le musicien est adepte de l’oversampling qui lui permet de mettre en boucle ses parties instrumentales et ensuite de les poser les unes sur les autres dans un digeste dressage de pièce montée musicale.

Get Lost est un album relativement court, composé de cinq titres entre 3 à  5′ et d’un long Firefly Constellations d’une durée de 20′, le seul calibré comme sur les précédents albums de McGuire. Cette formule ramassée lui permet d’être plus accessible au grand public et le préserve d’un stérile trop plein de couches superposées. , Dans Get Lost, les machines sont toujours là  mais la guitare prend une place grandissante.

Sur When you’re somewhere, sortant du vent, la guitare déambule dans une posture classique comme une pièce espagnole champêtre avant qu’une couche électrique ne vienne obscurcir un peu l’atmosphère. Sur Get Lost, c’est l’inverse, d’abord l’électricité et ensuite l’acoustique en parfaite symbiose. La musique , ressemble dès lors à  celle de Red House Painters pour cette même utilisation ponctuelle de la saturation et cette aisance d’exécution avec la guitare sèche. Pour Alma, il sera aussi question du premier groupe de Mark Kozelek avec une mélodie acoustique joliment ornementée entre mélancolie et plénitude, la voix en écho participe aussi à  ce charme irrésistible., En électrisant totalement son instrument et en accumulant les strates, Another Dead End change d’orientation et abandonne totalement les rivages de la folk pour aborder un nouveau style, une sorte de musique progressive 2.0 entre Pink Floyd et Genesis avec Steve Hackett à  la guitare. Le morceau de fin, Firefly Constellations, voit le retour de Mark McGuire vers plus d’ambiant et d’électronique : le morceau est presque entièrement bâti sur une longue variation synthétique ressemblant à  un ruisseau qui s’écoule. Mais heureusement, l’Américain ne s’arrête pas à  cette seule transcription musicale des bruits de la nature : sur cette base répétitive, McGuire vient délicatement poser une ligne impressionniste de guitare permettant de faire varier le paysage et rendant presque émouvant ce qui n’était précédemment qu’une vibration.

On sort du disque avec un profond sentiment de plénitude, ce qui n’arrive pas si souvent. Avec Get Lost, Mark McGuire jette une passerelle vivifiante entre deux postures musicales, celui d’électronicien agençant des textures et celui de soliste ne faisant qu’un avec son instrument.

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Denis Zorgniotti

Date de Sortie : 27 septembre 2011
Label / Distributeur : Editions Mego

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