[Interview] Festival They’re Gonna Be Big : « un véritable coup de foudre »

Avez-vous déjà assisté à une soirée They’re Gonna Be Big au Supersonic ? Si oui, vous avez sans doute ressenti cette impression excitante de voir le futur du Rock avant tout le monde. Si non, vous pourrez vous rattraper la semaine prochaine avec le Festival du même nom !

THE RILLS par Laure Ghilarducci
THE RILLS par Laure Ghilarducci

Quoi de mieux pour présenter le Festival They’re Gonna Be Big, organisé par l’équipe du Supersonic, et qui se déroule les 27, 28 et 29 octobre prochains, que de laisser la parole à la bande de passionnés qui l’organisent ?

Benzine : Le Supersonic s’est imposé au fil des années comme l’un des lieux parisiens incontournables pour découvrir de nouveaux groupes. Comment est née l’idée de They’re Gonna Be Big, et qu’est-ce que ce festival vous permet de faire que votre programmation habituelle ne permettait pas ?

Theyre Gonna Be Big afficheL’équipe du Supersonic : L’idée du festival est née en 2019 suite à un voyage en équipe à Brighton. On a eu un coup de cœur pour BDRMM qui jouait au rez de chaussée du Hope & Ruin, et on découvrait les premiers sons de Porridge Radio. On s’est dit qu’on pouvait organiser des soirées avec des groupes coups de cœur qui n’ont jamais joué en France, et dont on sent qu’ils vont exploser un jour. On écoutait à ce moment là en boucle Dogrel de Fontaines DC et on a eu l’idée de nommer ces soirées « They’re Gonna Be Big » comme pour le « I’m Gonna Be Big » de la chanson Big du 1er album de Fontaines DC. On a organisé la première soirée TGBB début 2020 avec BDRMM et Porridge Radio mais malheureusement le concert a été annulé à cause du Covid.

Pour ce qui est du festival, c’est simplement une extension de nos soirées TGBB, qu’on organise quelques fois par an. On a attendu 2024 et 25 éditions de nos soirées pour lancer le festival. Ça nous permet de réunir tous ces groupes sur trois jours, plutôt que de répartir les concerts sur l’année, et ainsi de proposer davantage d’artistes tout en créant un véritable événement autour de projets auxquels on croit. L’idée, c’est de leur donner plus de visibilité et de les inscrire dans la durée, plutôt que de les faire exister le temps d’une seule soirée.

Benzine : Programmer 21 groupes qui n’ont encore jamais joué à Paris suppose un énorme travail de recherche et de sélection. Comment procédez-vous concrètement pour dénicher ces artistes ? Est-ce une affaire de réseaux internationaux, d’écoutes passionnées, de recommandations, ou tout simplement d’intuition ?

L’équipe du Supersonic : Pour dénicher tous ces artistes, ça se passe de plusieurs façons. Il y a nos coups de cœur, issus de notre veille constante sur la scène internationale, les groupes qu’on découvre lors de festivals showcase comme Left of the Dial ou The Great Escape, ceux que les tourneurs nous proposent, et tout simplement ceux sur lesquels on tombe au fil de nos écoutes sur les plateformes ou de nos découvertes sur les réseaux sociaux, et qui attirent notre attention.

Benzine : Le nom du festival ressemble presque à un pari sur l’avenir. Plusieurs artistes passés par vos précédentes éditions, comme English Teacher, Chalk ou Honeyglaze, ont depuis connu de belles trajectoires. Est-ce que vous avez parfois le sentiment d’avoir découvert un groupe avant tout le monde ? Et vous est-il arrivé, à l’inverse, de vous tromper complètement dans vos pronostics ?

L’équipe du Supersonic : Parfois, oui ! On a effectivement vu passer pas mal de groupes chez nous en TGBB avant qu’ils ne connaissent un beau succès. Après, c’est justement tout l’intérêt de ce genre de projet : être précurseurs en matière de programmation, dénicher les talents de demain et, on l’espère, vous faire découvrir vos futurs groupes préférés !

Pour la deuxième question, c’est un peu plus difficile de répondre. Il y a forcément des projets qu’on a adorés et qui n’ont pas décollé par la suite. C’est aussi ça, le hasard de l’industrie musicale : on peut croire très fort en un groupe sans que ça se traduise nécessairement par un succès.

Benzine :  Quand on regarde votre programmation, on est frappé par la vitalité actuelle des scènes post-punk, noise, shoegaze ou indie rock, notamment au Royaume-Uni, mais aussi ailleurs dans le monde. Est-ce que vous avez le sentiment d’assister à un véritable renouvellement du rock indépendant ? Quelles évolutions musicales vous enthousiasment le plus aujourd’hui ?

L’équipe du Supersonic : Depuis quelques années, il y a clairement un « retour du rock », avec de jeunes artistes qui remplissent des Zéniths en un claquement de doigts (dont certains sont évidemment passés chez nous !). Cet engouement a forcément un impact sur le nombre de groupes qui se lancent, mais aussi sur l’intérêt que le grand public porte au rock.

La scène irlandaise d’indie rock et de post-punk est un super exemple de cette dynamique : le niveau est très élevé, et cette effervescence est bénéfique pour tout le monde, que ce soit pour nous, en tant que salle de concert indépendante qui programme ces groupes, ou pour les artistes d’autres courants du rock, qui voient eux aussi les projecteurs se braquer à nouveau sur leur musique.

tgbb_web_jour-3Benzine : À une époque où la découverte musicale passe de plus en plus par les algorithmes, les réseaux sociaux et les plateformes de streaming, vous continuez à défendre une idée presque romantique : celle de tomber amoureux d’un groupe inconnu dans une petite salle de concert. Pourquoi est-ce que vous pensez que cette expérience de la découverte en live est aujourd’hui plus précieuse que jamais ?

L’équipe du Supersonic : L’expérience live, c’est sans doute la meilleure façon de découvrir un groupe. Plutôt que d’être assis devant son écran ou d’avoir son téléphone à la main dans le métro, on se retrouve face à des artistes, sur scène, et le rapport à la musique est complètement différent.

C’est un peu comme un coup de foudre amoureux, quelque chose qui ne nous arrive que quelques fois dans une vie. En musique, c’est pareil : on peut avoir un véritable coup de foudre pour un groupe, et c’est souvent sur scène, face aux artistes, que cette émotion est la plus forte !

Propos recueillis par Eric Debarnot

Festival They’re Gonna Be Big – 27, 28 & 29 octobre 2026 – Supersonic Club / Supersonic Records / Seine Café

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.