Après six albums construits sur une fascination assumée pour la pop des années 60 et 70, le duo new-yorkais The Lemon Twigs semble plus que jamais prisonnier d’un exercice de style agréable mais qui tourne de plus en plus à vide.

Plus les albums des The Lemon Twigs s’enchaînent, plus la démarche du duo interroge. Encensés dès leurs débuts pour leur érudition musicale et leur capacité à ressusciter les grandes heures de la pop des années 60 et 70, les frères D’Addario se sont rapidement imposés comme les chouchous d’une partie de la presse et du public. Leurs disques, immédiatement séduisants, multiplient les références reconnaissables aux The Beatles, aux The Beach Boys, aux The Byrds ou encore aux The Who.
Mais après six albums, une question finit par s’imposer : que reste-t-il au-delà de l’hommage appliqué et poli à ces gloires du passé ? Car derrière ces chansons toujours agréables à écouter, le procédé semble aujourd’hui tourner à vide, chaque titre donnant l’impression d’être une reconstitution minutieuse, comme si l’on glissait une pièce dans un jukebox pour entendre de faux inédits des groupes mythiques sus-cités.
Les deux musiciens continuent, certes, d’exécuter leur partition avec un savoir-faire évident, mais cette fascination pour le passé commence sérieusement à montre ses limites. Là où d’autres artistes puisent dans les sonorités et les harmonies vintage pour les réinventer, The Lemon Twigs semble se contenter d’en reproduire les codes l’infini. À force de coller obstinément à leurs modèles, leur musique, au delà du plaisir immédiat et facile, qu’elle peut procurer, semble sonner plus que jamais le creux.
Cette nostalgie ultra-référencée séduira encore les amateurs d’harmonies pop rétro, mais à une époque où les tribute bands se multiplient, le duo new-yorkais peine désormais à apporter autre chose qu’un exercice de style particulièrement bien exécuté. D’une certaine manière, à l’heure où l’on parle d’intelligences artificielles capables de composer « à la manière de… », les The Lemon Twigs apparaissaient finalement, dés leur premier album, presque comme des précurseurs involontaires du genre : une musique fabriquée à partir de références parfaitement assimilées, mais rarement dépassées.
Et si l’admiration pour les années 60 et 70 reste évidente, on aimerait enfin entendre chez eux une véritable prise de risque, une personnalité plus affirmée. Car aujourd’hui, ce revival permanent finit surtout par donner le sentiment d’un projet arrivé au bout de sa logique.
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