Meilleur que son précédent abum studio, The Age of Everything est cependant un retour de Johnny Marr trop inégalement inspiré pour convaincre.

Alors que 2025 avait été pour Johnny Marr l’année d’un album live et d’un excellent concert à Pigalle, le guitariste légendaire revient en 2026 avec un nouvel album studio : The Age of Everything, faisant suite au raté Fever Dreams Pt1-4.
L’album comporte certes quelques morceaux réussis. Mais le plus souvent il appartient à la très frustrante catégorie du « ça aurait pu« . Mettons déjà de côté une chose : on n’attend pas Marr sur le terrain des textes. Ce qui n’est pas forcément pénalisant quand on se souvient que Noel Gallagher a pu passer à la postérité du Rock anglais sans être le plus grand parolier de l’univers.
Il y a en revanche un problème ne datant pas d’aujourd’hui : Marr n’est pas forcément le plus inspiré pour habiller mélodiquement ses propres compositions. Cela ne l’a pas empêché de réussir en solo Call the Comet. Mais cet album était, hors le smithien Hi Hello, aux antipodes d’un disque pop : un album atmosphèrique ressemblant à du U2 des débuts dans les moments où Bono and co ne cherchaient pas l’hymne Heroic Rock.
Cela pose un peu plus problème dans un album correspondant plus à ce qui attendu de Marr par les fans d’un certain groupe mancunien. L’album ne débute ceci dit pas par un gâchis mais par un ratage : Spin, ses arpèges portant la signature Marr noyés dans une ligne de basse banale, son côté New Order du pauvre. En dépit de ses chœurs planplan, Beyond the Rain s’en tire nettement mieux dans un registre Pop/New Wave.
L’intro Some Girls are Bigger than Others de It’s Time rend le morceau addictif au point de fonctionner en dépit de ses oh oh oh oh oh de Rock de Stade. How Come n’est pas musicalement génial, mail il aurait pu être potable avec une mélodie plus inspirée. Suit Ophelia, autre réussite qui plie le match grâce à son riff évoquant les meilleures heures de The Edge.
That Feeling commence façon The Clash versant Reggae, avant d’être gâché par son refrain (avec un oh oh de Rock de Stade en bonus sur les chœurs). In and Out of Love fait ensuite dans la ballade soporifique. Just Once More confirme que le son de guitare Marr ne suffit pas quand la composition est plate.
Fire with Fire redresse la barre : laborieux sur ses couplets aux guitares vaguement Punk, le morceau se trouve dans le refrain. All in a Life est enfin plombé par sa médiocre partie électronique.
Mais au fond tout cela n’est pas si grave si on se rappelle que Marr a composé du riff mémorable au kilomètre pendant la courte existence des Smiths. Comme les Stones le rappellent sans arrêt, avoir brillé plus que les autres sur une courte période suffit à faire sa place dans l’histoire du Rock.
![]()
Ordell Robbie
Johnny Marr – The Age of Everything
Label : BMG Rights Management
Date de parution : 2 octobre 2026
