Queens Of The Stone Age – Perfecth : la perfecthion faite Homme

Après une tournée des Catacombes qui nous a fait le découvrir sous un nouveau jour, Josh Homme continue avec Perfecth d’ancrer Queens Of The Stone Age dans une nouvelle ère plus apaisée, plus stylée mais beaucoup moins délurée.

Queens Of The Stone Age / ©Andreas Neumann

Après le succès de la tournée des Catacombes, Josh Homme continue sa mue en crooner revenu des enfers avec ce neuvième album studio intitulé Perfecth. A une coquille près, on peut légitimement penser que c’est ainsi que Josh défini ce nouveau venu, bien que la perfection soit rarement atteignable.

Perfecth n’est pas entièrement un nouveau disque, une partie de son tracklisting étant des morceaux laissés de côté lors des précédents albums, ainsi qu’une reprise lorsque Josh accompagna Iggy Pop dans son projet de super groupe avec l’album Post Pop Depression. Cependant, ces titres ont bien été reprisés pour les faire coller à l’état d’esprit actuel de l’Américain, soit celui du survivant passé au travers de la maladie et des drames familiaux. La transformation physique de ce dernier en dit long sur cette nouvelle philosophie de vie, axée sur la quiétude et la recherche de la sérénité.

Mais rassurez-vous, Queens Of The Stone Age ne se sont pas transformés en orchestre new-age, même si nombre de titres de ce Perfecth relâchent sérieusement la pédale d’accélérateur. Les guitares cessent de rugir et se font plus dociles, formant le cadre parfait pour mettre en valeur la voix miraculée de Josh. Crooner, lover, gourou charismatique, la liste est longue lorsque l’on souhaite décrire le musicien sur scène dorénavant. Mono, It’s Only Love et Run Away From The Mob (ici inédit de l’ère … Like Clockwork) plonge l’auditeur dans une atmosphère classieuse, un environnement qui sied parfaitement à leur leader.

Et pourtant, l’homme n’est pas seul, l’accompagnent toujours ses camarades Troy Van Leeuwen, Michael Shuman, Dean Fertita et Jon Theodore. Le côté stoner, nous le tâtonnons sur Where The Goth Girls Are, Sunday, morceau proposé à Iggy mais écarté du choix final pour Post Pop Depression ainsi que sur le single Insignificant Other écrit il y a déjà quelques années. La tension est moindre mais elle persiste, et, même si nous ne trouverons pas parmi ces morceaux l’explosion à la dynamite à laquelle nous a habitué le groupe, ils s’en sortent avec les honneurs.

Là où certains d’entre nous pourrons se sentir un peu perdus est dans Easy Street, le duo avec Nicky Lane. Une pop bien élégante mais aux effets un brin ampoulés et un peu hors sujet. Nous retrouvons enfin l’atmosphère des Catacombes dans le très acoustique From The Cliff, un morceau où l’on se prend en pleine tête la vulnérabilité assumée de Josh Homme, où l’on perçoit qu’il est à un moment de sa vie où se cacher derrière ses grosses guitares ne lui suffit plus.

Définitivement plus posé, il faut dénicher dans les titres très arrondis de Perfecth les quelques bribes à vif que Queens Of The Stone Age a parsemé de-ci de-là. Un album à prendre comme une suite logique au Live From The Catacombs tout en espérant pour la prochaine étape retrouver cette étincelle que le groupe sait parfaitement créer pour nous mettre le feu aux poudres.

Queens Of The Stone Age – Perfecth
Label : Matador Records
Sortie : vendredi 30 octobre 2026

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