Un couple et leurs enfants s’apprêtent à reprendre un hôtel à l’abandon sur un bord de mer argentin, dans une petite ville du nom de Villa. C’est en partant de cette famille que Guillermo Saccomanno développe dans son dernier roman une atmosphère qui oscille entre noirceur et étrangeté.

Hugo et Moni Esterházy forment le couple dont il est question et ils élèvent leurs deux enfants, Aniko et Lazlo, dans un climat étrange. L’hôtel dans lequel ils emménagent devient vite un lieu incontournable à Villa pour tous les nantis du coin. Surtout il devient l’endroit idéal dans lequel les magouilles et autres commérages peuvent se développer pour le plus grand plaisir des locaux.
C’est à partir de ce climat et de ce lieu, que toute une communauté va vaciller. L’installation de cette famille dans la région va attiser les tensions. Le frère et la soeur adoptent des comportements étranges, voire malaisants et le lecteur découvre petit à petit qu’une atmosphère dérangeante plane dans ce foyer.

Au contact de cette famille, chacun se révèle. Il y a le commissaire aux méthodes douteuses héritées de la dictature, le maire magouilleur de première ou encore le journaliste qui fait son beurre sur tous ces commérages et qui réalise rapidement que de le danger guette. Les nouveaux arrivants agissent comme un déclencheur à commencer par la mère Moni. Une femme qui expérimente tout ce qu’elle couche sur papier dans son journal érotique tandis que son mari tente de se convaincre qu’il n’est pas un artiste maudit en s’oubliant dans le jeu. Aniko leur fille quant à elle essaie de percer avec ses talents de voyante pendant que Lazlo son frère, tente tant que bien mal de contrôler ses pulsions violentes qui ne viennent pas de nulle part.
Guillermo Saccomanno développe de la nuance à travers ses personnages qui ne sont jamais complètement bons ou mauvais. Il s’attarde sur les motivations de chacun ou sur les raisons qui les poussent à agir de la sorte et c’est loin d’être reluisant.
L’auteur parvient très bien à restituer la vie de cette communauté de bord de mer dans laquelle on agit sans scrupules. Je découvre avec ce troisième roman la plume incisive de Guillermo Saccomanno qui décrit très bien les petites compromissions des uns et la violence des autres. Tout se joue entre les riches privilégiés dans un premier temps avant que l’ensemble des classes sociales soient concernées ensuite par la jalousie, le vice, la peur ou encore la cupidité. Le vent s’embrasera est d’une noirceur rare et il bouscule le lecteur. Il donne à voir une certaine idée de notre société derrière les agissements de cette famille et derrière le quotidien de cette cité balnéaire qui part en vrille.
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Sébastien Paley
