British sea power – Do you like rock music?

British_sea_power.jpgNouvel opus pour le groupe qui se présente toutes guitares électriques dehors. Un condensé d’énergie et d’atmosphère qui ne laisse pas indifférent.

Le moins que l’on puisse dire, avec British sea power, c’est que l’auditeur en a pour son argent. Sonnant et trébuchant, d’abord, puisque l’album serti dans son joli digipack, exploite largement le minutage autorisé par le support, prouvant par là  même qu’un bon album rock n’est pas forcément emballé en moins de quarante cinq minutes (aaah les cassettes audio, avec un groupe par face, de notre adolescence).

Mais l’auditeur a des raisons de trouver son compte, aussi, bien ailleurs que dans le seul matériel. C’est qu’avec do you like rock music? British sea power nous livre un petit condensé, un listener’s digest de l’état du rock au 21ème siècle.

Il y a d’abord l’usage présent, mais mesuré, de l’énergie pop. Quelque chose du Pavement des débuts dans cette capacité à  contenir en mode »pop » un rock and roll originel pétri de racines américaines. Une capacité à  dé-ringardiser un riff en le distordant, en mettant en avant le grondement qu’il provoque, plutôt que son côté héroîque.

On y trouve aussi une grosse dose de rock psychédélique. Les lieux d’enregistrement: un château face aux embruns, un réservoir désaffecté; mais aussi les arrangements et la capacité à  imbriquer un titre qui envoient le bois, à  la plus touchante des ballades, s’inscrivent dans la lignée des expérimentations sixties/seventies. Avec Pink Floyd, the Who ou le Pet Sounds des Beach Boys en garants de la qualité de l’ensemble. Mais les chemins de traverse de Love ne sont pourtant jamais non plus très éloignés quand le groupe tâte du mid tempo.

On s’y délecte par ailleurs de vagues d’assaut sonores successives qui noient progressivement une mélodie pop, pour en faire un char d’assaut pop ou une tempête pleine de force en mer britannique. Forcément, on ne peut s’empêcher de nous rappeler le Ride de Smile ou nowhere quelque part au début des années 90. Le tout moins obsessionellement bruitiste que les shoegazzer de la première époque (circa 90) et moins diamétralement tourné dans la construction spiralique des titres à  tiroirs crescendo créés par les post rockeurs de toute de sorte. Non. Si on trouve bien entendu les germes qui ont fait la force des premiers opus de Mogwai, c’est passé au filtre de la pop et du psychédélisme qu’on évoquait aux paragraphes précédent. Fort.

Très fort même. On sort de l’écoute de cet album maîtrisé de toutes parts, comme on sortait à  l’époque de certains cours en amphithéâtre / auditoire qui nous avaient passionnés: avec un mélange de fascination, de plaisir d’avoir appris, et de révérence pour le professeur qui nous avait dispensé l’heure magistrale. Et dans le style »grand tableau rock synthétisant l’état de l’Art au 21ème siècle, do you like rock music? se pose là . Un peu d’ailleurs comme s’était posé il y a quelques années, les essais de Departure lounge, avant le jeté d’éponge. Avec une grande différence: l’affect. Pour la première fois, ce type d’album réussit avec maestria, à  s’adresser plus directement aux sens qu’à  la réfléxion et à  notre esprit théorisant. Chapeau!

Denis Verloes

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Rough trade / Beggars group

Tracklist
01. all in it
02. lights out for darker skies
03. no Lucifer
04. waving flags
05. Canvey island
06. down on the ground
07. a trip out
08. the great skua
09. atom
10. no need to cry
11. open the door
12. we close our eyes

Date de sortie: 15 janvier 2008

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La chronique d’open season sur Benzinemag

La vidéo de Waving flags via Youtube

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