[Interview] Inflatable Dead Horse : « faire des disques fidèles à ce qu’on est… »

Inflatable Dead Horse est de retour, et cela fait six ans qu’on attendait ça, qu’ils donnent une suite à leur remarquable Love Songs. En attendant la sortie le 19 juin de Hello Magpie, leur nouvel album, on a pu leur parler, et prendre de leurs nouvelles… Qui sont bonnes !

Inflatable Dead Horse franckalix
Photo : Franck Alix

On a eu de la chance pour cet interview de Inflatable Dead Horse, un groupe qu’on adore depuis l’écoute de leur Love Songs, il y a déjà six ans. Mais aussi un groupe insaisissable, planqué dans leur Quercy, et goûtant peu l’exposition médiatique que tant de musiciens recherchent. Cette fois, nous avions toute la troupe réunie de l’autre côté d’une connexion « visio » marchant tant bien que mal, et croyez-nous, c’est une équipe volcanique qui entoure le chanteur compositeur gallois Daniel Williams. Mais une équipe soudée, qui a des idées très claires sur ce qu’elle veut faire et ne pas faire…

Benzine : Cela fait presque six ans qu’on ne s’est pas parlé : si on compare Hello Magpie, ce nouvel album, qui va sortir en juin, avec Love Songs, qu’est-ce qui a changé ?

Inflatable Dead Horse : Rien, on est toujours les mêmes avec la même approche musicale. On n’a pas publié d’autres albums depuis, celui-ci c’est la suite de Love Songs, 6 ans plus tard.

Benzine : Alors qu’est-ce qu’on a manqué, pendant ces 6 ans ? Plein de concerts ?

IDH : Oui, des concerts, mais aussi des démos, enregistrées dans la cave de Loïc [le bassiste] chez qui on répète. On avait fait une sorte de « pré-prod » de l’album, le son n’était pas exploitable, mais l’énergie était superbe : ça a été dur de reproduire ça ensuite, de faire la même chose, une fois « concentrés », alors que ce n’était plus la nuit, et avec un « vrai son ». Notre premier enregistrement studio manquait de cette énergie, alors on l’a réengistré avec tout le groupe jouant ensemble, dans le salon de la ferme d’un copain. Il y a eu après quelques « re-re » pour les guitares et la voix, mais très peu, l’album est en fait « joué en live ».

Benzine : En 2020, tous les gens que je connais qui ont écouté Love Songs avaient adoré le disque, mais il n’a pas eu les échos qu’il méritait…

IDH : Nous, on n’a jamais visé le succès international ! Sinon, on ne se serait jamais appelés « Inflatable Dead Horse » [Rires], on aurait choisi un nom « générique », on aurait fait des photos professionnelles, des vidéos. Quelque part, avoir fait un album qui nous représentait, et que les gens achetaient en concert, ça nous allait !

Benzine : Il y a eu des concerts à Paris ?

IDH : Non, mais il y en aura peut-être un avant la fin de l’année, organisé par et / ou avec Nick Wheeldon.

Benzine : Bon, on attend ça avec impatience ! Revenons à l’album. A l’époque, il était difficile de qualifier votre genre musical, entre le grunge, Leonard Cohen, le Velvet… Toujours la même diversité ?

IDH : L’album est assez « entier », il y a de tout, de belles ballades et de quoi chialer du sang aussi. On a même intégré du Chantal Goya dedans [rires]

Benzine : Bon, tant que c’est pas du Patrick Bruel…

IDH : [rires] Il y a en fait deux chansons sur l’album qui pré-datent Love Songs. Si on compare aux démos qui avaient été faites 3 ou 4 ans avant Love Songs, on sent une évolution, mais on reste dans le même univers.

Benzine : Là où vous êtes basés, dans le Sud Ouest, vous êtes bien loin des « centres médiatiques »…

IDH : On est tous basés dans le Quercy, sauf Dan qui vit près de Toulouse : on est bien paumés, mais on est contents d’aller jouer dans des petits bars du coin. On va jusqu’à Bordeaux quand même, mais alors que le projet a dix ans, on adore cette histoire qu’on a ensemble, et faire des disques fidèles à ce qu’on est, c’est déjà très beau. A un moment, on avait une production qui nous avait trouvé pas mal de dates, on lui a dit « Ne te fatigue pas, on s’en moque… » En vrai, on n’a pas envie de jouer dans des foires à la saucisse, d’ailleurs on a un principe, s’ils vendent des saucisses-frites, on ne joue pas ! [rires] Bon, on a quand même fait la première partie de Shannon Wright à Cahors, c’était très chouette.

Benzine : Vous êtes des vrais puristes de la musique indépendante !

IDH : Quand même, on n’est pas Fugazi ! [rires] Mais la musique, c’est une activité qu’on aime faire ensemble, pas pour chercher à être U2… Au départ, il y a quand même un besoin, une frustration qu’on exprime à travers la musique… Et l’avantage de notre approche, c’est qu’on ne fait que ce qu’on aime, soit des morceaux de 6 minutes, soit des chansons blindées de larsen, c’est pas trop fait pour les radios…

Benzine : Vous avez le sentiment de faire partie d’une scène locale ?

IDH : Oui, il y a une belle scène musicale à Toulouse. On joue par exemple de temps en temps avec un duo toulousain qui s’appelle Petit Bureau. Il y a pas mal de musiciens dans le coin, même dans le Lot ! Et puis, une fois encore, on a le luxe inouï de pouvoir faire de la musique quand on veut, de jouer fort, c’est parfait.

Après, c’est vrai qu’on est un peu des « branleurs », on ne fait pas l’effort de diffuser notre musique sur les réseaux, d’être connectés. Il n’y a pas de compromis chez nous en ce qui concerne l’énergie à partager. Mais quand même, il faut dire que, pour nous, ce disque qui paraît en juin, on a envie qu’il sorte, ça fait longtemps qu’on le traîne, et on veut passer à d’autres choses. On sait déjà où on va aller…

Benzine : Allez, une dernière question pour la route, qu’on aime bien poser pour conclure : si vous pouviez collaborer musicalement avec quelqu’un, vivant ou mort, d’ailleurs, ce serait avec qui ? Et pourquoi ?

Daniel : Moi, personnellement, je dirais Kim Deal. C’est l’une de mes auteures-compositrices préférées. Lorsque j’écris des chansons, j’imagine souvent une voix féminine pour porter le chant principal, et le plupart du temps, c’est celle de Kim Deal que j’entends dans ma tête !

Propos recueillis par Eric Debarnot

Nouvel album :

Hello MagpieInflatable HorseMagpie
Label : We Are Unique Records !
Date de parution : le 19 juin 2026

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