Fabcaro revisite le mythique Club des Cinq d’Enid Blyton dans une version déjantée et irrévérencieuse, où l’humour absurde, pour ne pas dire bien barré, bouscule les codes d’une série culte de la littérature jeunesse. Un chef d’œuvre d’humour !

On a tous en mémoire les longues heures passées à lire, durant notre prime jeunesse, les romans de la « Bibliothèque Rose » et plus particulièrement les aventures du Club des Cinq, qui nous faisaient vibrer et nous donnaient très envie de faire partie de cette petite bande, aux côtés de leur chien Dagobert.
Alors quand Fabcaro, connu également sous le nom de Fabrice Caro lorsqu’il s’agit de publier des romans, décide de s’attaquer à l’inoubliable série imaginée par Enid Blyton, on est aussi curieux qu’impatient de découvrir à quelle sauce l’auteur de Zaï zaï zaï zaï a mangé notre Club des Cinq, rebaptisé ici Les Cinq Ami.e.s.
Et on n’est pas déçu, car dès les premières pages, on retrouve immédiatement le style désopilant de Fabcaro. Ce qui est génial, c’est de retrouver l’écriture très académique, l’univers et tous les codes propres au Club des Cinq que l’on connaît par cœur, mais revisités de manière presque « punk » par Fabcaro.
Oubliez François, Claude, Mick, Annie et leur chien Dagobert, cette petite équipe bien sympathique et leurs aventures en Bretagne et ailleurs, pour découvrir Apolline, Bruno, Garance, Nathanaël et leur chien Attila, qui a la particularité d’avoir deux petites roues à la place des pattes arrière. Quant aux parents, ils sont la caricature du couple de droite : d’un côté Charles Barral, le père, qui adore les blagues racistes et discriminantes, et de l’autre Christine, la mère, tout aussi conne que son mari, elle est toujours d’accord avec lui, surtout lorsqu’il affirme qu’on ne comprend rien à ce que dit la bonne espagnole, Josefa, à cause de son accent.
En tout cas, c’est tout comme dans le Club des Cinq on adore les vacances, on s’amuse, on passe de bons moments, on va à la plage avec un panier rempli de sandwichs Et on trouve bizarre que de nouveaux voisins emménagent dans la maison d’à côté…. sauf que l’époque a changé et surtout que Fabcaro est passé par là, plus le plus grand plaisir du lecteur.
Quant à la soi-disant enquête des Cinq Ami.e.s pour retrouver le document volé dans le bureau du père, elle est vite résolue, puisque dès la quatrième de couverture, on sait que c’est le voisin qui a fait le coup.
Mais cela n’empêche pas cette bande de jeunes de mener l’enquête et de découvrir rapidement que ce sont forcément les Roumains croisés à la plage qui sont les coupables. Bref, vous l’aurez compris, Fabcaro n’a pas lésiné sur l’humour vachard et absurde, truffant son histoire abracadabrantesque de running gags à foison, de scènes absurdes, avec à chaque chapitre, des astérisques renvoyant à d’anciennes aventures des Cinq Ami.e.s aussi improbables que farfelues.
Soyons clairs : ce livre n’est pas destiné aux 7-11 ans, mais bien à une génération d’adultes mûrs, aguerris à l’humour trash dans un esprit presque « hara »kiki ». Le genre de bouquin qui, une fois refermé, donne envie de le relire une seconde fois pour se marrer à nouveau comme une baleine. En tout cas on espère que ce ne soit pas un one-shot, et que si le succès est au rendez-vous, ce soit le premier volet d’une longue série de pastiches du Club des Cinq. Car on adore ça !
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Benoit RICHARD
Les cinq ami.e.s l’échappent belle in extremis
Roman de Fabcaro
Editeur : 6 Pieds sous Terre
104 pages – 14€
Date de parution : 17 avril 2026

