Carla Bruni – Comme si de rien n’était

carla_bruni.jpgN ième album pour Carla Bruni. La chanteuse au murmure félé se fend d’un album vain. Vraiment.

On avait bien aimé son premier opus à  Carla Bruni. Enfin, avant que les médias n’en fassent la scie bien propre sur elle, et qu’on en mange à  toutes heures sur toutes les stations, phénomène qui a fini d’user un album qui n’avait pas les épaules assez larges pour résister à  ce traitement. Un autre est venu. Inintéressant. Un autre suit. Pas mieux.

On éprouve, à  l’écoute de comme si de rien n’était le même genre de gène que celle qui nous taraudait quand montait, vers 20h, un saxophoniste apparemment édenté avec sa coupe de Rabeats dans la rame de métro, ligne 3 à  Paris, il y a quelques années. Payer son aubole, c’était lui assurer de vivre sans doute un peu moins ordinaire… Mais bon sang ce qu’il jouait mal. Avec comme si de rien n’était, c’est un peu pareil. Payer sa dîme c’est fournir à  un panel d’associations de quoi financer leurs activités. Mais bon sang, ce que ce disque est vide. Sérieux. Faites un chèque direct à  l’asso de votre choix, vous préserverez vos oreilles.

L’album dispose d’un son très très propre qui ferait se pâmer de jalousie n’importe quel folkeux en quête de studio. La guitare sonne clair et sa résonance est impeccable dans le casque. Mais cela ne suffit pas à  le sauver de notre critique.

Les arrangements sont poussifs ou creux. On est dur mais c’est vrai qu’on se demande à  quoi sert l’harmonica par exemple, s’il n’a aucune portée, aucun but et aucun autre rôle que d’être présent et dispensable. Derrière l’arpège de †œl’amazone des podiums « … Rien que de la musique d’ascenseur ronde, lénifiante vide d’âme, et c’est là  sans doute non le moindre de ses défauts.
On s’ennuie à  mourir dans cet album, tellement propre sur lui que rien ne dépasse, rien ne bave au niveau de la musique. Il n’y a pas un seul endroit où on retient la mélodie. Pas une seule chanson, qui retienne l’oreille de son gimmick ou de sa mélodie. Un album plat, au son plat parfait, bande de son de rien.

Ses textes sont bien écrits, à  Carla Bruni. Sérieux. La dame a le bon goût d’utiliser des mots riches qui sonnent bien, et évitent le tarte d’un Bénabar ou le pathos d’un Obispogero. Oui, mais »Oui mais. Quand on écrit au sujet de ce qui semble être sa propre vie, n’est-on pas sensé toucher un peu son public ? N.’est-on pas sensé se sentir impliqué, chahuté, perturbé »Enfin quelque chose quoi. Un petit frétillement de l’âme ou du coeur. Ici : rien. Non allez, on exagère. On aime bien le texte de Ta tienne. Mais sûrement pour de mauvaises raisons. Sûrement parce que la femme est devenue première dame de l’hexagone et que notre potentiel de lecteur de Voici croit y reconnaître entre les lignes l’évocation de son puissant mari. Sinon? Ben sinon c’est tout. Pas un coeur touché, pas un poil qui frémit.

On referme cet album avec une question : est-ce que ce disque va marcher ? Non sérieux, qui peut acheter le disque en se disant  » j’ai entendu son titre à  la radio ou sur le web : ca déchire !  » Vraiment. A part les gens soucieux de faire un geste pour une bonne oeuvre ou les Tarftuffe de nos palais royaux modernes, on ne voit vraiment pas qui peut débourser la somme faramineuse demandée par les maisons de disque pour un album vide de sens, de sang, de son. Si jamais cet album se mettait à  marcher, on assumerait pleinement la responsabilité de cet échec et on en tirerait les conséquences, en nous retirant de la vie chroniqueuse après la fin de la période de promotion de cet album. Ce qui ne nous engage pas à  grand chose en réalité, et nous permettrait de revenir cinq années plus tard, avec les mêmes prétentions.

Denis Verloes

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Tracklist
01. Ma Jeunesse
02. La Possibilité D’Une Ile
03. L’Amoureuse
04. Tu Es Ma Came
05. Salut Marin
06. Ta Tienne
07. Péché D’Envie
08. You Belong To Me
09. Le Temps Perdu
10. Déranger Les Pierres
11. Je Suis Une Enfant
12. L’Antilope
13. Notre Grand Amour Est Mort
14. Il Vecchio E Il Bambino

Date de sortie: 11 juillet 2008
Label: Naîve

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3 thoughts on “Carla Bruni – Comme si de rien n’était

  1. Quel intéret de chronique ça ?

    Saul Williams : The inevitable rise and liberation of niggy tardust. Un type à faire connaitre.

    Francois

  2. Quel intéret de chronique ça ?

    Saul Williams : The inevitable rise and liberation of niggy tardust. Un type à faire connaitre.

    Francois

  3. Quel intéret de chronique ça ?

    Saul Williams : The inevitable rise and liberation of niggy tardust. Un type à faire connaitre.

    Francois

  4. Salut François,

    En fait je me suis demandé, quand j’ai eu entendu l’album pourquoi ce truc était passé par mes oreilles. D’habitude quand je me dis ça, je ne me fends pas d’une chronique. Déjà qu’on a pas assez de nos soirées pour chroniquer les trucs qu’on découvre et qui ont de l’intérêt en bien ou en mal, pourquoi passer du temps sur un truc creux.

    Tu as raison. Mais quand j’ai vu que cette daube était seconde au top albums en France, je me suis dit qu’il fallait que je fasse nimporte quoi en mon pouvoir pour en détourner un maximum d’auditeurs. Qu’on l’achète ou qu’on l’écoute sur Deezer, c’est pas un cadeau à faire aux autres groupes qui auraient aimé que l’auditeur y passe un peu de temps ou lui génère du clic en page vue.

    Du coup, à l’arrache comme ça dans mon train du matin, je me suis fendu vite fait d’une chronique.

    Pour Saul Williams, j’ai découvert un peu tard son album entre slam et rap. Mais je dois l’avoir encore sur une clé USB quelque part au boulot. J’aime bien. Mon problème c’est que du coup maintenant, c’est un peu du réchauffé si j’en fait la chronique près d’un an après sa diffusion libre sur le net.

    Surtout que j’ai encore un bon paquet de sorties récentes à faire connaître. Mais n’hésite pas à nous proposer ton papier sur Saul. S’il est honnête et pas juste « fan », je m’engage à te publier ;-)

    bien à toi, et merci pour le commentaire, ca fait plaisir de se savoir lu.

  5. Salut François,

    En fait je me suis demandé, quand j’ai eu entendu l’album pourquoi ce truc était passé par mes oreilles. D’habitude quand je me dis ça, je ne me fends pas d’une chronique. Déjà qu’on a pas assez de nos soirées pour chroniquer les trucs qu’on découvre et qui ont de l’intérêt en bien ou en mal, pourquoi passer du temps sur un truc creux.

    Tu as raison. Mais quand j’ai vu que cette daube était seconde au top albums en France, je me suis dit qu’il fallait que je fasse nimporte quoi en mon pouvoir pour en détourner un maximum d’auditeurs. Qu’on l’achète ou qu’on l’écoute sur Deezer, c’est pas un cadeau à faire aux autres groupes qui auraient aimé que l’auditeur y passe un peu de temps ou lui génère du clic en page vue.

    Du coup, à l’arrache comme ça dans mon train du matin, je me suis fendu vite fait d’une chronique.

    Pour Saul Williams, j’ai découvert un peu tard son album entre slam et rap. Mais je dois l’avoir encore sur une clé USB quelque part au boulot. J’aime bien. Mon problème c’est que du coup maintenant, c’est un peu du réchauffé si j’en fait la chronique près d’un an après sa diffusion libre sur le net.

    Surtout que j’ai encore un bon paquet de sorties récentes à faire connaître. Mais n’hésite pas à nous proposer ton papier sur Saul. S’il est honnête et pas juste « fan », je m’engage à te publier ;-)

    bien à toi, et merci pour le commentaire, ca fait plaisir de se savoir lu.

  6. Salut François,

    En fait je me suis demandé, quand j’ai eu entendu l’album pourquoi ce truc était passé par mes oreilles. D’habitude quand je me dis ça, je ne me fends pas d’une chronique. Déjà qu’on a pas assez de nos soirées pour chroniquer les trucs qu’on découvre et qui ont de l’intérêt en bien ou en mal, pourquoi passer du temps sur un truc creux.

    Tu as raison. Mais quand j’ai vu que cette daube était seconde au top albums en France, je me suis dit qu’il fallait que je fasse nimporte quoi en mon pouvoir pour en détourner un maximum d’auditeurs. Qu’on l’achète ou qu’on l’écoute sur Deezer, c’est pas un cadeau à faire aux autres groupes qui auraient aimé que l’auditeur y passe un peu de temps ou lui génère du clic en page vue.

    Du coup, à l’arrache comme ça dans mon train du matin, je me suis fendu vite fait d’une chronique.

    Pour Saul Williams, j’ai découvert un peu tard son album entre slam et rap. Mais je dois l’avoir encore sur une clé USB quelque part au boulot. J’aime bien. Mon problème c’est que du coup maintenant, c’est un peu du réchauffé si j’en fait la chronique près d’un an après sa diffusion libre sur le net.

    Surtout que j’ai encore un bon paquet de sorties récentes à faire connaître. Mais n’hésite pas à nous proposer ton papier sur Saul. S’il est honnête et pas juste « fan », je m’engage à te publier ;-)

    bien à toi, et merci pour le commentaire, ca fait plaisir de se savoir lu.

  7. Bonjour, je trouve votre chronique extrêmement dure et empreinte d’un parti pris totalement dégoûtant.
    Je vais faire mon possible pour vous faire cesser ce genre de diffamation.
    C’est totalement inadmissible.

  8. Bonjour, je trouve votre chronique extrêmement dure et empreinte d’un parti pris totalement dégoûtant.
    Je vais faire mon possible pour vous faire cesser ce genre de diffamation.
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