Graham Coxon – A+E

Contrairement à une brouette de critiques musicaux, je ne goûtais pas plus que de raison aux premiers essais solos et brutistes de Graham Coxon, en marge de Blur -que je revère- ou après son éviction momentanée du quatuor de l’Essex.

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Contrairement à une brouette de critiques musicaux, je ne goûtais pas plus que de raison aux premiers essais solos et brutistes de Graham Coxon, en marge de Blur -que je revère- ou après son éviction momentanée du quatuor de l’Essex. Ils faisaient montre d’un goût certes immodéré pour le lo-fi et la guitare saturée, mais je n’y retrouvais rien, ou pas grand-chose, de ce qui est pour moi une obligation dans ce genre d’exercice : la mélodie.

Il y a une paire d’années, Coxon, revenu en grâce auprès de sa formation nourricière, nous gratifiait d’un album qui faisait montre, sinon étalage, de son amour immodéré pour Syd Barrett et les Beatles. L’ensemble me charmait beaucoup plus, malgré le quasi déni pour la noise pop. Quant aux ballades que le geek à lunettes nous dispensait, elles faisaient feu de charmantes mélodies qui me réconciliaient avec le bonhomme et me convainquaient de la pertinence solo de Graham Coxon.

Quand on m’a annoncé que le nouvel opus A+E revenait à ses premières amours bruitistes, je ne cache pas que je me suis dit : Aïe. Et je me suis trompé. A+E est toute la puissance qu’on découvrait dans ses premiers essais, mâtinée de l’efficacité mélodique du bonhomme. Pas si éloigné du song 2 de Blur ; juste un tout petit peu moins accessible. Un tout petit peu plus indé.

Il ne faut pas chercher loin les noms qu’on a envie d’évoquer à l’écoute de A+E. Blur bien sûr, sans que ce soit une critique de la redondance, ou les Kinks un peu, The Jam beaucoup  voire Pavement passionnément, mais surtout un petit côté des premiers albums de Sonic Youth sans la pose éthérée ou de Sebadoh sans le grunge naissant.

A+E ne se donne pas à la première écoute, trop homogène dans le son de guitare disto et fuzzy. Pourtant, au fil des écoutes, on se rend compte des arrangements plus subtils qu’il n’y parait : un saxo à la Morphine ici, une bidouille électronique là, un larsen amplifié plus loin….

Il y a peu de déchet sur l’album. Même si on quitte l’écoute bien en peine de re fredonner un des titres dans la dizaine que propose Coxon dont la guitare est dirait-on le seul interprète principal de l’album au premier plan, en avant d’une voix filtrée par un micro à l’ancienne.

Lo-fi, mais maîtrisé, ma préférence va à ce qui me semblent des relectures de la jeunesse évanouie du bonhomme comme « advice » ou « running for your life » qui sonnent comme une version narquoise, érudite mais éructante de ce qu’auraient pu donner les premiers albums de blur s’il avaient à l’époque analysé leur démarche et osé salir leur son à l’aube de la britpop. Les morceaux plus calibrés « ballades barrées » où la guitare électrique vient en addition d’une base à la folk façon Beatles pour pourrir tout le discours me convainquent un poil moins. Mais c’est tout personnel comme analyse.

Je pinaille parce que l’ensemble est de très bonne tenue, qu’il est rare d’entendre (Carl Barat ? Pete Doherty ? Dogbowl ?) jouer avec le format pop en allant y salir toutes les composantes à coup de guitare qui ne semble jamais jouer à s’écouter grincer.

 J’aimerais assez je dois reconnaître aller voir sur scène la transposition d’un album qui me semble se satisfaire de sa seule guitare en liberté et d’une groovebox basique. Pour voir si, libéré d’un blur où plane l’ombre parfois imposante de Damon Albarn jack-in-the box ultime, le bonhomme est le guitar hero possédé que j’aime imaginer en lieu et place du personnage shoegazzer efficace où le cantonne son rôle dans blur.

Un des tous bons disques pop-rock de ce printemps 2012

Denis Verloes

Tracklist

Date de sortie: 2 avril 2012
Label: EMI

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L'Auteur:

Denis Verloes

Un jour, dans un bar de Jette, à Bruxelles,  -alors qu’il lit un fanzine musical de la capitale- Denis se dit que ça doit être sympa d’interviewer des artistes. Puis Denis entame des études de lettres et n’a jamais assez de place dans son sac pour y mettre tous les CDs empruntés à la médiathèque nationale. Un autre jour, il décide qu’il va devenir Jay Mc Inerney, mais il se rend compte que la place est déjà prise. Alors il rencontre Benoît Richard par mail et décide de collaborer à Benzine Magazine. 9 ans que ça dure. Certains aiment, d’autres non.

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