[Live Review] Cass Mc Combs et Hobknobs à Petit Bain (Paris) : et les guitares surgirent…

L’Américain Cass McCombs jouait à Petit Bain en formation complète. D’abord sage, le concert s’est peu à peu transformé en cavalcade noisy : une vraie réussite !

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Cass McCombs à Petit Bain – Photo : Robert Gil

On a tous vécu ça : ce moment où, malgré une place pour un concert très tentant, la flemme de ressortir menace de nous clouer devant un épisode de The Boys plutôt que dans une fosse surchauffée. C’était un peu mon cas ce lundi soir. Et puis, en me remettant le dernier formidable album de Cass McCombs, Interior Live Oak, il n’a pas fallu longtemps pour me remotiver. Impossible de rater la déclinaison live de ce disque dans ma salle préférée de Paris. En route donc pour Petit Bain, pour un concert que je ne vais pas regretter !

2026-06-08-0015 HobknobsIl est un tout petit peu plus de 20 h lorsque je descends les marches menant à la scène, et déjà quelques notes de guitare me font comprendre que la soirée va être bonne. Le set des Hobknobs vient de démarrer et je suis déjà en terrain connu : je ne les vois pas encore, mais ces Néerlandais ont beaucoup écouté le Velvet Underground. À la guitare et au chant, Arie Van Vliet fait clairement entendre sa passion pour Lou Reed, et il est accompagné au chant par Yael Dekker. Katja Kahana, membre des Klittens comme Yael, les accompagne à la basse. Vétérans de la scène de Rotterdam, ayant chacun d’autres projets en cours, ils collaborent depuis 2025 et leur premier album, Helmets Off, est attendu au cours de ce mois de juin 2026. Pendant 30 minutes, nous allons avoir une indie pop agréable, dans une lignée Feelies/Yo La Tengo qui, forcément, nous plaît beaucoup même si elle manque d’aspérités. Le groupe semble-t-il encore en rodage si l’on se fie aux quelques plantades de ce soir, mais c’était bien sympa. Mention spéciale à Dictionary, qui commence comme Sunday Morning. La date de sortie du disque a été mise sur l’agenda.

21 h : Cass McCombs rentre sur scène avec son groupe, une formation très classique avec batterie, basse et deux guitaristes. Le groupe démarre avec Priestess, le morceau qui introduit également le dernier album Interior Live Oak, dans une ambiance soft rock à la Steely Dan. On commence donc un peu mollement, mais ça ne va pas durer.

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Ce disque va être la base du concert, il faut dire qu’avec ses 16 titres, il y a de la matière. Miss Mabee suit et cela donne le ton de la soirée : rock racé et fête de la guitare. Pendant une petite heure, le concert reste fidèle à ce qu’on attend d’un auteur-compositeur classique comme Cass, entre ballades et morceaux plus enlevés. A Girl Named Dogie est très new-yorkaise, à la fois dans le son et dans le thème classique de la provinciale arrivant dans la grande ville. Here At Last nous rappelle les formidables escapades de Lloyd Cole dans cette même ville. Le lien entre les deux compositeurs apparaît encore plus net en concert que sur le disque. I Never Dream About Trains le voit enfin en mode ballade langoureuse, et Peace est définitivement un choix de single pertinent.

2026-06-08-0022 Cass McCombs Petit Bain RG 03Et puis nous allons avoir un changement à partir de Big Wheel, et les guitares vont prendre le pouvoir. Étonnant de constater à quel point le sage Cass transforme ses titres certes rock, mais qui sont souvent bridés sur disque, en tornades live. Big Wheel n’est pas particulièrement marquant en studio, mais en live le groupe se transforme en Crazy Horse avec des duels de guitares sidérants. Le plus récent Bum Bum Bum subit le même traitement avant que I’m Not Ashamed ne calme provisoirement le jeu. Le dernier quart d’heure avant le rappel sera dantesque : l’enchaînement de Medusa’s Outhouse et Sleeping Volcanos, étendus en longue jam et totalement jouissifs, avec les deux guitaristes en transe. Ce dernier titre est en particulier très impressionnant, et la musique totalement en phase avec cette description d’une société au bord de l’explosion, où le narrateur parle à la catastrophe (« Help Me, Armageddon ») et se réfère à Helter Skelter derrière les guitares rugueuses. Vraiment pas le genre de chose que je pensais entendre à un concert de Cass McCombs. Conformément aux paroles de ce titre, il est un volcan qui ne demande qu’à entrer en éruption. Sacré chemin depuis Priestess, qui avait ouvert la soirée !

Nous reprenons nos esprits pendant le rappel et une splendeur nous attend avec un County Line vraiment digne de Neil Young, sur lequel Cass prouve une nouvelle fois ses talents de guitariste en prenant le solo, avant que Bobby, King of Boys Town ne conclue la soirée en nouvelle preuve de la sympathie que Cass éprouve pour les gens en marge.

Il est 22 h 45 et la soirée a été formidable, et plus intense que prévu. Ça valait le déplacement. Cette première expérience live avec Cass McCombs sera nécessairement renouvelée à son prochain passage !

The Hobknobs :
Cass McCombs :

Laurent Fegly
Photos : Robert Gil

Cass McCombs et Hobknobs à Petit Bain (Paris)
Producteur :  Alias
Date : le lundi 8 juin 2026

Leurs derniers disques :

HelmetThe Hobknobs Helmets off
Label : THK Recors
Dare de parution en numérique : 26 juin 2026

 

 

 

 

 

Interior Live OakCass McCombsInterior Live Oak
Label : Domino
Date de parution : 15 août 2025

 

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