Entre synthpop et post-punk, Life In Small Spaces, le dernier album de Black Marble, le premier en cinq ans, apporte son lot de rythmes hypnotiques qui raviront les plus réticents au genre. Voyons voir…

Une pincée de coldwave, un zeste de post-punk et une rasade de synthpop, c’est la recette quasi-magique de Black Marble dans son cinquième album, Life In Small Spaces, paru chez Sacred Bones Records. Black Marble, c’est le projet d’un seul gars, Chris Stewart, chanteur et multi-instrumentiste de talent originaire de Brooklin. Par le passé, sa tendance à la coldwave était plus marquée. Dans ce nouvel album, le one-man-band prend le virage – réussi – de la synthpop même si on sent toujours l’influence de ses premières amours.
Chris Stewart a émergé de la scène cold wave new-yorkaise au début des années 2010 et a sorti son premier album, A Different Arrangement, en octobre 2012. Depuis il explore la face sombre des rythmes les plus lancinants et des mélodies les plus accrocheuses. C’est exactement ce qui saute aux oreilles à l’écoute de Life In Small Spaces même s’il n’hésite pas à aller chercher un peu de lumière dans It Always Comes To Me où il fait la part belle à chaque instrument tour à tour, riff de guitare impeccable, ligne de basse efficace, batterie diablement énergique. C’est encore plus frappant dans Anything aux refrains très pop, au tempo enlevé et à la mélodie aguicheuse. Le voici donc, armé de ses boîtes à rythmes et de ses synthétiseurs qui distillent de doux scintillements — bien loin de toute froideur ou obscurité. Le troisième et dernier single, It Always Comes To Me – sorti juste avant l’album -, nous permet de suivre Stewart alors qu’il parcourt New York, sa ville de cœur. C’est à la fois simple et empreint de romantisme. Comme le titre du morceau le suggère, le contentement peut naître des choses simples de la vie, pour peu qu’on s’y ouvre.
Quant aux textes, Stewart porte un regard critique sur l’industrie musicale et sa propre place en son sein, tout en réfléchissant à l’évolution de la musique underground et à la nécessité de privilégier la simplicité et l’authenticité. Le morceau Jim Carol New Year est sans doute celui qui reflète le mieux le parti pris de Black Marble : “Listen to the critic with the high regard/Ohh I forgot my money/They know how to be certain/They know how to agree/They just forgot to be free/Not me.” Sensibilité et anticonformisme résument le tout.
Un album que nous trouvons sans conteste intelligent, entre mélancolie et lumière !
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Nadia Michaud
