Première très grosse journée à RES pour les amateurs de Rock, qui a provoqué l’habituel regret de ne pas pouvoir se cloner pour ne rien manquer, avec en plus une météo très agréable en dépit des prévisions. Une journée idéale ?

Les journées RES se suivent et ne ressemblent pas. Ce vendredi, il y avait même du soleil sur le Parc de Saint-Cloud, et en attendant la conclusion forcément épiphanique par Nick Cave d’un vendredi au programme copieux, nos rédacteurs ont couru d’une scène à l’autre pour couvrir autant « d’événements » que possible !
Biffy Clyro – Scène Boursobank – 17h05
Qui sont-ils ? Biffy Clyro est un groupe écossais, formé par Simon Neil (chanteur et guitariste) et par les frères jumeaux James et Ben Johnston. Ils ont un genre musical assez indéfinissable, mêlant de nombreux styles, et ont acquis une célébrité impressionnante au Royaume-Uni. En France, ce n’est pas encore le cas…
Leur dernier album : Futique – Label : Warner Records – Date de parution : 19 septembre 2025
Notre opinion : Biffy Clyro est un groupe qui peut générer des réactions diamétralement opposées. On peut se focaliser sur des refrains millimétrés, entendus mille fois, et trouver cela très énervant. Mais on peut aussi se concentrer sur le joli travail des guitares et trouver son bonheur dans certains riffs bien envoyés. Ce concert aura été une bonne surprise : Biffy Clyro est sympathique, Simon Neil, son leader, en tête, et les titres qui ont du mal à passer sur disque sont bien plus convaincants en live. Les arrangements sont plutôt subtils, jusqu’à l’apport de cordes qui donne un relief inattendu à certains morceaux. Ils ont le bon goût d’inclure un hommage à Dolly Parton avec un extrait de I Will Always Love You, et certaines compositions sont de vraies réussites, comme Goodbye. Ils terminent par leur brelan d’as, Mountains, Bubbles et surtout Many of Horror. Nous avions l’image d’un groupe un rien bourrin : ce concert nous aura rappelé qu’ils savent aussi jouer la nuance. [Photo : Emilie Bardalou]
![]()
Wet Leg – Grande Scène – 17h55
Qui sont-ils ? Wet Leg est un groupe de rock originaire de l’île de Wight, formé en 2019 par Rhian Teasdale (chant, guitare) et Hester Chambers (guitare) qui jouaient alors en duo. Le succès étant arrivé rapidement avec le tube Chaise Longue, le groupe a évolué de manière significative avec un rôle croissant joué par Rhian, et une musique plus agressive.
Leur dernier album : Moisturizer – Label : Domino – Date de parution : 11 juillet 2025
Notre opinion : 21e festival de cet été 2026 pour Wet Leg, 13e pays visité ! Leur programme a été chargé, suite au succès mondial de leur deuxième album, moisturizer. Rhian Teasdale est encore une fois rayonnante, et, si la machine a mis quelques morceaux à se lancer, les dernières 45 minutes ont impressionné. La basse est en avant — formidable Ellis Durand — et les guitares de Hester Chambers et Josh Mobaraki sont bien agressives : le fan d’indie rock est forcément aux anges. Hester Chambers est placée nettement moins en arrière qu’au dernier Olympia, mais la star évidente, c’est bien entendu Rhian, toujours aussi magnétique malgré une fatigue évidente. Tous les meilleurs titres sont joués par un groupe plus qu’efficace, avant une fin sur mangetout, attendue par tout le monde. C’était parfait, merci ! [Photo : Marina Viguier]
![]()
Sparks – Scène BoursoBank – 18h55
Qui sont-ils ? Sparks est un duo US formé par les frères Ron (claviers) et Russell Mael (chant). Comme il est dit sur Wikipédia : « Il se distingue par son approche originale de l’écriture musicale : sa musique s’accompagne souvent de paroles sophistiquées et acerbes, ainsi que d’une présence scénique théâtrale et singulière, caractérisée par le contraste entre l’attitude animée et hyperactive de Russell en tant que meneur et l’air renfrogné et impassible de Ron. Russell Mael possède une voix au registre étendu et caractéristique, tandis que Ron Mael joue des claviers dans un style complexe et rythmé. Le renouvellement constant de leurs styles et de leur esthétique visuelle a permis au groupe de rester à la pointe d’une pop moderne et inventive ».
Leur dernier album : Live On The Moon – Label : Transgressive Records – Date de parution : 14 août 2026

Notre opinion : Il n’y a qu’un groupe sur la planète qui justifie pour moi de ne pas assister à la « grande messe » de Nick Cave sur la Grande Scène, c’est Sparks. Les « sachants » comprendront : depuis les années 70, ils sont sans rivaux réels en termes de génie mélodique, de textes brillants, de créativité et d’originalité musicale… et leurs concerts sont la plupart du temps un mélange impensable d’intelligence, de drôlerie et de gentillesse. Evidemment, une seule heure de Sparks, c’est un problème, mais sinon, ce set a été une pure merveille (meilleur vocalement que leur dernier passage à Pleyel, Russell étant très en forme) qui nous a laissés plus amoureux des Frères Mael que jamais. Avec une setlist cette fois largement orientée électro, mais incluant deux raretés précieuses destinées aux fans : Whippings and Apologies, et surtout (Baby, Baby) Can I Invade Your Country? en version… « country », une chanson se moquant de l’expansionnisme des dictateurs et donc parfaitement pertinente en 2026. Les meilleurs, c’est eux. [Photo : Olivier Offschir]
![]()
Kurt Vile and The Violators – Scène AXS – 18h55
Qui sont-ils ? Kurt Vile est un auteur-compositeur-interprète originaire de Pennsylvanie, qui a formé The War On Drugs avec Adam Granduciel, avant de se lancer en 2008 dans une carrière solo. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des grands guitaristes Indie Rock des USA.
Leur dernier album : Philadelphia’s been good to me – Label : Verve Forecast – Date de parution : 29 mai 2026
Notre opinion : Si les albums studios de Kurt Vile souffrent de longueurs et ont un côté laid back paresseux qui peut irriter, rien de tout ça dans sa tournée des festivals et son set, accompagné de ses formidables Violators : c’est une tuerie ! Guitares tout en arpèges cristallins, choix de compositions parfait (Nous avons adoré 99 BPM et Rock O’ Stones tirés de son dernier album dédié à sa ville Philadelphie), la prestation a séduit si l’on en juge aux réactions et nombreux sourires que l’on a pu observer autour de nous. Mention spéciale au guitariste Jesse Trbovich, spécialement en verve ! Et le dernier morceau de 10 mn, Wakin on Pretty Day, a conclu en beauté une prestation que l’on espère voir renouvelée rapidement dans une salle parisienne. [Photo : Emilie Bardalou]
![]()
La Flemme – Scène Roc On Volkswagen – 20h10
Qui sont-ils ? La Flemme, ce sont quatre musicien.nes venus tout droit de Marseille : Jules, Stella, Ronie et Charles. Les deux premiers se partagent le chant, et le quatuor mène de front les instruments qui s’entrechoquent et se superposent pour causer un fracas, mélange de rock nerveux à tendance punk et garage sous ambiance joviale.
Leur dernier album : La Fête – Label : Exag’ Records – Date de parution : 25 avril 2025

Notre opinion : C’est à la fois simple et compliqué de passer sur une petite scène au moment où les têtes d’affiche font confluer vers eux la majorité du public sur la Grande Scène. Mais l’aspect positif, c’est que ceux qui sont restés là le font par choix et l’ambiance est donc très agréable, loin de la foule. La Flemme fait du garage punk très direct, avec Jules Mass et Stella Lopez qui alternent au chant. Les chansons sont accrocheuses et nos Marseillais ont livré la prestation que l’on attendait, fun et festive. Nous attendrons un peu avant de livrer un jugement définitif sur le groupe, mais certaines compositions un peu plus recherchées, avec des notes psychédéliques bienvenues, témoignent d’un potentiel certain et d’une possible direction à prendre pour se distinguer de la mêlée. [Photo : Emilie Bardalou]
![]()
Franz Ferdinand – Scène BoursoBank – 21h05
Qui sont-ils ? Un groupe de rock écossais, originaire de Glasgow qui a connu un succès commercial important au début des années 2000, et dont le line up s’est renouvelé largement en 2017 avec de nouveaux musiciens, toujours sous la direction d’Alex Kapranos.
Leur dernier album : The Human Fear – Label : Domino – Date de parution : 10 janvier 2025
Notre opinion : Bon, il est impossible de ne pas être d’accord avec tous ceux qui disent que le Franz Ferdinand d’aujourd’hui n’arrive pas à la cheville du gang de 2003, qui nous avait pris par surprise avec son génial Take Me Out, et avec des prestations live littéralement inégalables. Mais il est inutile d’être nostalgique, le temps passe et le groupe de Kapranos, même dans son nouveau format, ne démérite pas sur scène. Surtout qu’il bénéficie d’un dernier album qui n’a pas à rougir devant les premiers que nous avons vénérés. Toujours extrêmement dynamique et spectaculaire en live, Franz Ferdinand répond parfaitement aux attentes d’un public renouvelé, qui ne les a pas connus à leurs débuts, mais qui explose de joie à chaque chanson. Et s’il manque un peu d’émotion et de profondeur au set, Alex Kapranos fait un « Monsieur Loyal » d’un professionnalisme irréprochable. [Photo : Emilie Bardalou]
![]()
Wilco – Scène AXS – 21h05
Qui sont-ils ? Wilco n’est plus un groupe (de rock indie US à coloration Americana…) « normal », c’est tout simplement un « mythe » pour tous ses fans. Et je ne plaisante pas en disant ça. Critiquer Wilco, c’est prendre le risque de représailles, tout simplement. Manquer un concert de Wilco est une preuve de faiblesse de goût impardonnable. Et je peux l’écrire en toute sérénité, parce que, personnellement, je n’ai jamais écouté une seule note de musique de Wilco !
Leur dernier album : Wilco Live (Yellow) – Label : Legacy Recordings – Date de parution : 24 avril 2026

Notre opinion : Dès le début, on sent que ce concert va être spécial. Commencer le set en ressuscitant l’intense Art Of Almost, c’est l’assurance d’une grande soirée. Le nouveau cheval de bataille du groupe, Bird Without A Tail / Base Of My Skull, monstrueux, impressionne particulièrement, avec un groupe qui part loin, très loin, avant de revenir au thème. Nels Cline laisse pantois, comme d’habitude, et son influence est nette dans les longues parties instrumentales qui rappellent certaines compositions de Dickey Betts avec l’Allman Brothers Band. Désireux manifestement de jouer le plus possible, Jeff Tweedy a peu parlé et le concert a été nettement moins politique que celui de l’Alhambra. Ce soir, les guitares étaient reines et c’était épatant. L’un des concerts de la journée, haut la main ! [Photo : Olivier Hoffschir]
![]()
Nick Cave and The Bad Seeds – Grande Scène – 22h15
Qui sont-ils ? Nul besoin de présenter celui qui est devenu au fil du temps l’un des showmans les plus exceptionnels de la longue histoire du Rock, comme il ne le cesse de le prouver sur scène au cours d’interminables tournées. Alors sa fiche Wikipédia suffit pour les retardataires : « Nicholas Edward Cave (né le 22 septembre 1957) est un chanteur, musicien et écrivain australien. Il est le leader du groupe de rock Nick Cave and the Bad Seeds. Connu pour sa voix de baryton, Cave propose une musique caractérisée par une intensité émotionnelle, une grande diversité d’influences et des thèmes récurrents tels que la mort, la religion, l’amour et la violence. »
Leur dernier album : Live God (Live) – Label : Play It Again Sam – Date de parution : 5 décembre 2025

Notre opinion : Il est loin le temps où les concerts de Nick Cave se jouaient sur un coup de chance, dépendant de sa forme et de son humeur. Ce gars est descendu et revenu des enfers plusieurs fois, il en connaît le chemin, et sait qu’il est mieux sur scène que partout ailleurs. C’était le dernier soir d’une longue tournée, ce qui doit être un sentiment étrange pour lui, entre le devoir de tout donner à un public qui le voit en cet instant, l’anticipation de vacances bien méritées et l’angoisse du sevrage. La setlist est ambitieuse, alternant les classiques plutôt accrocheurs avec des morceaux plus introspectifs, voire longs comme l’incroyable Hollywood de plus de 10 minutes. Et c’est là que les Bad Seeds jouent un rôle essentiel, en électrisant les interprétations, ou en leur ajoutant encore plus de profondeur. L’apport du chœur gospel notamment m’a impressionné et donné un côté prédicateur à Nick. [Photo : Emilie Bourdalou]
![]()
Textes : nos rédacteurs
Photos : photos officielles mises en ligne par Rock en Scène – Merci à eux !
