Avec The Dog Stars, Ridley Scott aborde un genre post-apocalyptique très décliné ces dernières années sans avoir sous la main un scénario apportant un peu de neuf à ce dernier.

The Dog Stars, ou un nouveau Ridley Scott débarquant à la fin de l’été. Après des débuts parmi les plus tonitruants du cinéma de ces 50 dernières années, le cinéaste s’est transformé en artisan alternant le bon, le moins bon et le « moins bon se transformant en bon après remontage effaçant les concessions faites aux studios » (Kingdom of Heaven par exemple). Mais le film donne moins envie d’évoquer le cas du Britannique que de questionner d’un point de vue strictement commercial un tel projet.
Regarder The Dog Stars, c’est douter que les executives hollywoodiens ayant monté un tel projet connaissent vraiment le spectateur/consommateur. Même en n’étant pas amateur de séries, il est difficile d’ignorer les succès des séries post-apocalyptiques de ces dernières années : The Walking Dead et ses spin offs, The Last of Us. On pourrait se demander si l’effet de saturation n’est pas proche et si le public a envie de payer sa place pour revoir ce qu’il a beaucoup vu à domicile.
Dans un futur proche où une pandémie sans nom a décimé la société américaine, Hig (Jacob Elordi), un pilote vit sur une base aérienne abandonnée du Colorado avec son chien et un ex-marine. Lorsqu’une transmission aléatoire passe par la radio de son Cessna 1956, la voix fait naître au plus profond du pilote l’espoir qu’une vie meilleure existe en dehors de leur périmètre étroitement contrôlé…
Certes, le film ne comporte pas contrairement aux séries mentionnées de zombies, c’est l’adaptation coécrite par le scénariste de The Revenant d’un livre de science-fiction d’apocalypse post-pandémie sorti bien avant le COVID. Mais on reste sur les rails balisés du genre, avec un sentiment de voir un pilote de série télévisée sur grand écran.
On a donc ici des communautés rurales paisibles vues dans un western susceptibles de se mettre en mode Fort Alamo à l’arrivée d’assaillants à l’allure évoquant un peu les méchants des derniers Mad Max. Les villes sont désertées et insécures. Josh Brolin est bien évidemment charismatique mais son personnage ne sort jamais du stéréotype de l’as de la gâchette semblant presque espérer l’arrivée d’une menace pour se faire plaisir.
Comme dans bien des séries HBO, le personnage de Hig charrie un trauma tout le long du film. Son envie de s’évader pour se rendre dans une destination rêvée commence sur un terrain balisé (la recontre avec Margaret Qualley) avant une confrontation entre le rêve et la réalité donnant hélas au film sa partie la plus faible.
Si Elordi ne donne pas assez d’épaisseur émotionnelle à son personnage, Qualley et Guy Pearce s’en tirent un peu mieux même s’lls n’ont pas grand chose à jouer. Le talentueux chef-opérateur Eric Messerschmidt (qui a travaillé sur les derniers Fincher) garantit une facture technique décente.
Mais ce savoir faire ne suffit pas à compenser les faiblesses d’écriture et encore moins à laisser une trace durable après le visionnage, en dehors de quelques plans aériens joliment photographiés.
![]()
Ordell Robbie
