James Yorkston and The Athletes – When The Haar Rolls In

L’autre après-midi, chez Gibert, alors que je fouillais les bacs à  vinyles avec ma frénésie habituelle, apprenant que Radiohead rééditait en LP ses premiers albums ou que le Okkervil River était à  un prix des plus raisonnable (13€¬ seulement!), je suis tombé sous le charme de la nouvelle sortie de James Yorkston and The Athletes, « When The Haar Rolls In », que le vendeur du rayon indé avait eu la bonne idée de faire profiter à  tous les acheteurs potentiels.
Une surprise vraiment. Une belle même. Pas que je m’attendais au pire, vu que j’ai toujours beaucoup apprécié les productions du bonhomme. Mais son dernier « The Year of The Leopard » m’avait déçu (un artiste en roue libre et qui – presque – s’auto-parodiait) et j’espérais, un peu anxieux, un retour en forme et évitait d’imaginer un naufrage.

Pour être honnête, les doutes sont vite partis. L’écossais folkant et ses Athletes font un retour fracassant. Ils retrouvent ici le lumineux des élans passés, avec ces notes qui s’entrechoquent, cette guitare qui égrène ses accords, ces cuivres magnifiques, ce hautbois qui s’immisce sans rien dire, presque timide, ces mélodies quasi-onirique (le piano de Beryl’s Jig), porté par la voix de James Yorkston, si douce et si présente qu’on aurait aimé qu’elle nous lise des histoires quand nous étions petits, juste avant d’aller nous coucher.Quasi auto-produit, « When The Haar Rolls In » ne possède peut-être pas la force (mais il l’obtiendra sans doute avec le temps) ni la beauté de « Just Beyond The River » – il faut dire aussi que le travail de production de Kieran Hebden sur ce disque là  est fou, arrivant à  rendre beau le moindre des silences, la plus minime des respirations, à  donner à  chaque instrument et à  chaque note, sa place, le tout avec un son presque cristallin et assez surprenant.

Mais il n’empêche : « When The Haar Rolls In » est le retour par la grande porte de James Yorkston and The Athletes. Leur folk mélodieux n’a peut-être pas d’égal aujourd’hui, tant l’osmose du groupe est totale, tant le beau entraîne le beau. Un album qu’on écoutera plus volontiers à  l’aide de bonnes enceintes qu’au casque: ce quatrième album du groupe est comme le bon vin: il a besoin de grands espaces pour se dévoiler.

Olivier Combes

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Tracklist:
1. B’S Jig
2. Tortoise Regrets Hare
3. Temptation
4. When The Haar Rolls In
5. Queen Of Spain
6. Midnight Feast
7. Would You Have Me Born With Wooden Eyes?
8. Summer’S Not The Same Without You
9. The Capture Of The Horse

Label: Domino
Sortie: 1er septembre 2008

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Retrouvez cette chronique ainsi que deux titres en écoute ici

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