Après avoir écrit sur les liens familiaux et amicaux, Nickolas Butler continue son exploration des liens intimistes et s’essaie à la romance. Dans Un baiser de quarante ans, il est question de résilience et de seconde chance. Malheureusement, l’histoire est desservie par un récit un peu trop lisse.

Charlie et Vivian, la petite soixantaine, se retrouvent quarante ans après un bref mariage et un divorce tout aussi expéditif. Saisiront-ils cette deuxième chance ? Si l’intention est intéressante, Nickolas Butler ne parvient pas à convaincre totalement à cause d’un récit un peu trop lisse et trop parfait. Loin d’être désagréable à lire, le roman laisse malgré tout le lecteur sur sa faim.
Nickolas Butler nous raconte les retrouvailles d’une femme et d’un homme qui ont mené des vies totalement différentes sur les quarante dernières années après un mariage de jeunesse très bref entaché par l’alcoolisme de Charlie.
Après avoir bourlingué au travers de tous les Etats-Unis grâce à son emploi dans les chemins de fer, il profite de l’héritage d’un ranch dans le Wyoming pour tenter de renouer avec Vivian. Pétri de remords, il veut regagner son cœur. De son côté, Vivian a connu une vie plus incertaine et plus précaire. Elle vivote grâce au système D et épaule sa fille mère célibataire pour s’occuper de deux jeunes enfants. Comment deux personnes qui se sont connues dans leur prime jeunesse et qui ont évolué différemment peuvent-elles se retrouver et s’aimer à nouveau quarante ans après ?
Et c’est là que le récit n’est pas totalement convaincant. Tout paraît trop facile. Les vieux amants retombent dans les bras l’un de l’autre sans trop d’hésitations. L’alcoolisme de Charlie est toujours un sujet, mais Vivian s’en accommode. Vivian met du temps à dévoiler un secret à Charlie, secret que le lecteur devine aisément, mais quand il l’apprend, tout est merveilleux.
Nickolas Butler nous avait habitués à des relations plus complexes dans ses précédents romans. Un baiser de quarante ans ressemble à un joli conte de fées moderne, ce qui était peut-être l’intention de l’auteur, et dans ce cas, c’est réussi.
Les personnages ne manquent pas d’intérêt, mais il aurait fallu approfondir un peu plus l’intrigue pour transformer cette romance en une réelle histoire d’amour. La facilité avec laquelle les protagonistes s’accordent après quarante ans de séparation n’est pas assez crédible.
Reste l’attachement de Nickolas Butler pour le Wyoming et ses habitants, qui revient dans chacun de ses romans. La description de la vie dans une petite ville perdue au milieu de grandes étendues et les perspectives offertes à ses habitants est l’un des aspects réussis du récit, qui l’ancre dans la réalité.
Je vous invite plutôt à découvrir Nickolas Butler en lisant notamment le superbe Retour à Little Wing ou plus récemment, La maison dans les nuages.
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Caroline Martin
