Le Voyage aux Pyrénées

aff film_2.jpgParce qu’elle est devenue nymphomane à  la suite d’une escapade romaine, Alexandre Dard emmène son épouse Aurore Lalu dans un coin tranquille des Pyrénées, histoire de calmer la libido effrénée de celle-ci à  coups de longues randonnées et d’air vivifiant. Hormis ce qui les motive à  venir se réfugier dans la montagne, le couple n’est pas tout à  fait un couple ordinaire : c’est un duo de comédiens célèbres qui espèrent dans cet endroit reculé profiter d’un certain incognito. Mais on n’échappe pas à  sa renommée et les deux acteurs deviennent rapidement la proie des médias locaux. Ce qui ne les aide guère pour que Aurore recouvre la sérénité.

Ce que les rencontres avec un masseur au regard de braise, un cuisinier tibétain, un curieux ours à  la peluche acrylique et un trio de moines chanteurs et naturistes ne vont pas réellement simplifier. Jusqu’à  un cocasse retournement de situation final – et le terme est on ne peut mieux choisi.
Trois années après leur film qui leur valut le plus de succès Peindre ou faire l’amour, revoici les deux frères Larrieu à  l’oeuvre pour une comédie loufoque et déjantée, reprenant en l’approfondissant le thème central : la vie d’un couple, son évolution et son besoin de renouvellement, qui peut aller jusquà  l’échangisme ou la permutation des sexes, comme solution paroxystique de la première option. Dans leur territoire de prédilection qu’ils retrouvent après leur virée alpine, les réalisateurs de Un homme, un vrai continuent à  filmer des corps et des paysages dans une communion esthétique, sinon panthéiste.

Renouant avec l’humour qu’ils déployaient dans leur début de carrière, les Larrieu livrent ici une comédie barrée et grivoise. Dans le rôle d’une nympho fofolle qui saute sur tout ce qui bouge, Sabine Azéma est parfaite. C’est moins le cas de son comparse Jean-Pierre Darroussin, que l’on sent plus coincé et moins débridé dans sa composition.
Le Voyage aux Pyrénées ne possède pas la dimension élégamment hédoniste du précédent opus et les paysages prennent ici le dessus sur les corps : les galipettes de Aurore Lalu devenue femme sauvage sont filmées de loin. La paillardise et la loufoquerie l’emportent largement. Alors le film regorge en effet de moments plutôt drôles qui exaltent un désir de liberté et de jouissance. On goûte sans rechigner à  ce message, mais on peut aussi rester hermétique à  la dernière demi-heure surréaliste du film qui l’alourdit beaucoup. Le passage du délire au grand n’importe quoi est sans doute aussi périlleux que le franchissemnt de la moindre brêche pyrénéenne, mais il est mal négocié et nous laisse un peu sur le bord du chemin…de randonnée.

Patrick Braganti

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Le Voyage aux Pyrénées
Film français de Arnaud et jean-Marie Larrieu
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h42
Sortie : 9 Juillet 2008
Avec Sabine Azéma, Jean-Pierre Darroussin, Arly Jover

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