Footnote

Loin de la guerre vue au travers du regard d’un groupe d’hommes cantonnés dans une forteresse libanaise – son précédent long-métrage Beaufort, sorti en 2008 – le new-yorkais Joseph Cedar, qui a grandi en Israël où il y poursuivit des études de philosophie et de théâtre, se penche sur un autre type de conflit. Celui qui oppose un père et son fils, tous les deux chercheurs au sein du prestigieux département du Talmud de l’université hébraîque, réputé pour son absence de compromis et son intransigeance. Alors que le père, misanthrope et malchanceux, n’a jamais reçu la moindre considération de ses collègues, le fils accumule les récompenses et les louanges. S.’il convient de préserver un minimum de suspense sur l’événement majeur qui va mettre en quelque sorte le feu aux poudres, on peut néanmoins avancer que celui-ci met en lumière les egos surdimensionnés des deux scientifiques, tout en posant en filigrane la question de la relation père-fils, celle de la transmission et du respect.

Footnote – qui désigne expressément une note en bas de page, quelques lignes qui revêtent une signification toute symbolique pour le vieux père – est une comédie grinçante qui souffre de quelques irrégularités. La première demi-heure s’avère plutôt lente et sans grand intérêt. C.’est une scène cruciale au cours de laquelle le fils participe, coincé au propre comme au figuré, à  une réunion avec ses pairs dans un bureau minuscule qui lance véritablement le film. Le problème épineux et kafkaîen que doit résoudre le fils pour mieux épargner le père l’amène à  réfléchir sur la valeur des travaux de ce dernier, mais aussi à  son propre rôle vis-à -vis de son jeune fils Josh.

Parfois, le film sait jouer habilement du montage et de la mise en parallèle des deux existences des protagonistes, mais hélas la musique pompière surligne la plupart du temps les effets mélodramatiques de l’intrigue. Enfin, Joseph Cedar donne la fâcheuse impression de ne pas trop savoir vers quelle issue diriger son film une fois la problématique posée.

Malgré un scénario fouillé et construit, qui réserve quelques belles séquences de dispute et de circulation de la parole, Footnote est d’évidence une oeuvre plus faible et moins convaincante que Beaufort. Il n’est pas du tout certain que les luttes ancestrales et rivalités intestines qui opposent les membres de l’université captivent beaucoup les spectateurs occidentaux, peu au fait des questions talmudiques.

Patrick Braganti

Footnote
Drame israélien de Joseph Cedar
Sortie : 30 novembre 2011
Durée : 01h45
Avec Shlomo Bar-Aba, Lior Ashkenazi, Aliza Rosen,…