Philippe Jaenada, « à Voix nue » sur France Culture

Avant de devenir l’un des écrivains les plus singuliers de sa génération, Philippe Jaenada a multiplié les petits boulots et les expériences insolites. Dans À voix nue, il revient sur son parcours, ses livres et sa manière bien à lui de raconter le réel.

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Philippe Jaenada fait partie de ces écrivains qui ont toujours quelque chose d’intéressant à dire. À l’image de ses romans, l’auteur aime parler, raconter ses souvenirs de jeunesse, les moments insolites, mais aussi ceux de sa vie d’adulte, faite de rituels et de petites habitudes incontournables.

Chaque matin, il descend ainsi au café en bas de chez lui, où il observe les gens, discute avec Pierre ou Paul, avant de remonter chez lui pour se mettre à l’écriture. Une routine qui lui convient parfaitement et à laquelle il est profondément attaché, mais qu’il a pourtant interrompue en 2024 lorsqu’il est parti faire le tour de la France, voyage qu’il évoque dans son précédent ouvrage, La Désinvolture est une bien belle chose (Mialet-Barrault, 2024).

Dans cette série de À voix nue, l’auteur n’est pas avare en anecdotes, notamment au sujet de sa jeunesse, cette période de sa vie où il n’était pas encore un écrivain. Une époque durant laquelle il a enchaîné les petits boulots alimentaires, mais aussi les expériences humaines singulières. Il raconte ainsi cette année passée enfermé dans un appartement aux volets clos, sans téléphone, radio ni télévision, seul face à sa machine à écrire, à rédiger de faux courriers de lecteurs pour un magazine érotique. Il évoque également son passage au magazine Voici, où il écrira pendant quinze ans des potins en tout genre, mais aussi ses collaborations à Paris Boom Boom, L’Autre Journal, sans oublier la période où il fut animateur de Minitel rose.

Puis, un jour, presque par accident, après s’être retrouvé en garde à vue pour avoir porté secours à une vieille dame, il décide de se mettre à l’écriture et publie, en 1997, Le Chameau sauvage. C’est le début d’une longue aventure littéraire. Dans un premier temps, il écrit des romans largement inspirés de sa propre existence, avant de se rendre compte qu’il n’a plus grand-chose à raconter de ce côté-là et que la fiction l’intéresse finalement assez peu.

Et puis, une fois encore, c’est le hasard qui change le cours des choses. Le visionnage d’un documentaire consacré à Bruno Sulak le fait basculer vers le roman-enquête, avec le succès que l’on connaît. En 2017, il obtient notamment le prix Femina pour La Serpe, où il démontre l’innocence d’Henri Girard dans une sordide affaire de triple meurtre survenue en 1941.

Désormais, chaque nouveau livre de Philippe Jaenada est attendu avec impatience par la presse comme par les lecteurs, fervents amateurs de son style inimitable, mêlant récit d’enquête, digressions et anecdotes personnelles sur sa vie et sa famille.

Ces cinq épisodes s’écoutent sans jamais susciter l’ennui, comme chaque entretien accordé par Jaenada à un journaliste de radio ou de télévision. On se souvient notamment de son passage dans Bookmakers en 2020, au micro de Richard Gaitet.

On retrouvera prochainement Philippe Jaenada à la BnF François-Mitterrand pour une masterclass en compagnie de Marie Labory, qui sera diffusée au cours de l’été sur France Culture, avant de retrouver l’auteur en libraire le 16 aout 2026 avec L’Inconnue du quai de Javel, qui sort chez Flammarion.

Benoit RICHARD

Philippe Jaenada, l’art de la contre-enquête
Une série d’entretiens de Louise Tourret
5 épisodes de 25 minutes à retrouver sur Radiofrance.fr

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