Minors – This is Not Happening

Depuis Ways/Times, on sait que Minors est un groupe majeur : un sextet donnant un souffle incroyable à  une folk bucolique et moderne, cela ne se refuse pas,  et même, cela s’accueille les bras ouverts.

Et ce nouvel EP est une confirmation, un essai transformé de la part d’un groupe dont on connaissait déjà , le potentiel. This is Not Happening est une oeuvre engagée faisant référence au mouvement Occupy Wall Street et au silence des médias ne relatant pas suffisamment ou même ignorant purement et simplement cette info dissonante. A sa manière, Minors rejoint la cause, décidant d’en parler par le biais de la musique.  Souvent rapprochés musicalement de la maison Constellation, les Français semblent ainsi, suivre encore plus, ce modèle de référence ; y compris sur le fond, le label canadien d’ A Silver Mont Zion étant franchement engagé dans le mouvement alter-mondialiste.

Le sujet est donc grave et pourrait être triste voire plombant, dans ce combat, ressemblant à  celui de, David contre Goliath. Il n’empêche, Minors en fait une oeuvre courageuse sinon, lumineuse où tout le monde chante ensemble de bon c(h)oeur, dans une ferveur collégiale capable de retourner une montagne (l’introductif Night Birds Lurking, Red Lights tout aussi beau et enlevé). Enregistré dans des conditions live, This Is Not Happening est une oeuvre orchestrale : chaque membre de groupe joue de plusieurs instruments, et cet EP,  largement acoustique, met l’accent d’un côté, sur les cordes (violon et violoncelle), et de l’autre sur les percussions, donnant ainsi élégance et spontanéité à  l’ensemble. C’est un peu le Ciel et la Terre avec, , les voix de Minors, comme médium un peu hippie, unifiant les deux éléments. Même quand la musique est plus mélancolique et dépouillée, ces choeurs enivrants, ces voix magnifiquement mêlées, arrivent à  donner,  une force vitale à  la musique (Dancing on Ashes). Sur As Wolves, les cordes, et les, percussions, arrivent à  pas de loup et dansent dans une humeur un peu slave, mêlant rires et pleurs ; Minors réinventant, après Beirut et Matt Elliott, un nouveau mariage est-ouest, avec au passage un bel intermède jazz cool au saxo. Avec Dawn break !, le disque s’arrête dans, un apaisement, , proche de, , Sigur Ros, autre référence possible du sextet.,  Le groupe semble s’adresser au Cosmos tout entier, comme Kirsten Dunst attendant la fin du Monde dans »Melancholia » debout et sereine. Sa Majesté Minors est bien de retour et avec lui, l’espoir est permis !

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Denis Zorgniotti

Date de sortie : 22 avril 2013
Label : Travelling music

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