Une sélection de 10 polars pour votre été 2026

Comme chaque été, Benzinemag vous propose une sélection de 10 romans noirs, thrillers ou polars parus durant le premier semestre de l’année en cours, dans des genres et des styles très variés.

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La rédaction littéraire de BENZINEMAG a donc sélection ses 10 « coups de coeur » en matière de polars, thrillers et autres romans noirs… dont quelques-uns seront sans doute dans notre top annuel. Lesquels ? Mystère… En attendant, on vous souhaite un très bel été, plein de bons romans pour frissonner de plaisir !

L’Autre moi, de Franck Thilliez

lautre moi

Attention, ce thriller complexe à la Lynch (ambiance Lost Highway ou Mulholland drive) rend paranoïaque. Le cauchemar n’est jamais loin sous la surface du réel, il infiltre la réalité jusqu’à empêcher de distinguer l’un de l’autre, le quotidien devient aussi inquiétant qu’une surface trompeuse où la logique se déforme. Franck Thilliez renverse nos certitudes pour nous amener vers une autre strate. Un véritable vertige narratif pour nos neurones qui jouent à Tetris comme ils peuvent ! Le plot twist est particulièrement réussi, couronnant une intrigue dense qui donne envie de reprendre le roman depuis le début pour pister tous les indices qu’on aurait ratés. (Fleuve noir – 456 pages – 22,95€)

La Colline, de Mathilde Beaussault

la colline romanAprès une entrée remarquée en 2025 dans le monde du polar avec Les Saules, Mathilde Beaussault confirme son immense talent avec La Colline, récemment couronné du « Grand Prix de Lectrices ELLE » 2026. Les thèmes sont lourds autour des violences faites aux femmes et aux enfants et pourtant, c’est avec grâce que Mathilde Beaussault évite tous les écueils et clichés qui auraient pu engluer son texte dans un misérabilisme glauque de mauvais aloi. L’équilibre trouvé entre noirceur la plus profonde et lumière permettant d’espérer encore un peu relève du miracle. C’est sans doute pour cela que ce roman parle autant aux tripes, au cœur, de façon viscérale. (Seuil – 338 pages – 19,90€)

Toute l’infortune du monde, de Thomas Bronnec

Spécialiste des fictions politiques, Thomas Bronnec signe avec ce roman une redoutable « guerre des drones » aux accents de réel. Dans un futur proche, Paris suffoque sous les attaques, tandis que l’Europe tente de s’émanciper des États-Unis et de la Russie, au risque de devenir leur cible. Autour de la présidente française et de ses conseillers, intrigues diplomatiques et manœuvres d’influence dessinent un conflit diffus, permanent. Porté par une écriture efficace, le récit impressionne par sa vraisemblance : plus qu’une dystopie, une anticipation glaçante, où la fiction semble déjà dépassée par l’actualité. (La Série Noire – 448 pages – 20 €)

L’assassin de Pigalle, de Gabriel Katz

L'assassin de PigalleUn homme baignant dans son sang dans un hôtel miteux de Pigalle, un autre qui avoue aussitôt le crime. Mais l’enquête menée par Max Weber, le jeune inspecteur de la Brigade Criminelle n’est pas pour autant bouclée… Dans ce polar historique et psychologique, Gabriel Katz fait revivre les jours sombres de l’immédiat après-guerre, à l’heure de l’Épuration. Mettant en lumière les compromissions et les violences qui ont marqué l’Occupation, il s’attache en particulier à montrer les sinistres activités de la Gestapo française, appelée, par euphémisme, « la rue Lauriston ». Au-delà d’une intrigue qui tient le lecteur en haleine jusqu’au bout, « L’assassin de Pigalle » offre le portrait d’une France meurtrie qui s’efforce de regarder vers l’avenir, quitte à nier la passé. (City Éditions – 400 pages – 21,50€)

Petits meurtres dans l’après-midi, d’Alice Slater

Petits-meurtres-dans-l-apres-midi Un roman très british, aussi noir que joyeux : qui est – ou était – Daniel Dumortier, porté disparu très loin de chez lui, en Louisiane ? Sous l’impulsion de sa sœur, la très possessive Caroline, un huis-clos tendu réunit autour d’un dîner ses plus proches amis et la lumière se fait peu à peu sur la personnalité trouble de ce jeune homme si séduisant en apparence… Chacun se révèle en même temps qu’il dévoile une face cachée du charismatique disparu. Un récit jouissif dont l’ironie vient contrebalancer la cruauté, en même temps qu’une réflexion sur l’être et le paraître, le poids de l’histoire familiale et la construction de l’identité au fil des rencontres.  (La Croisée – 368 pages – 23€)

Territoire de trappe, de S. Gagnon et M. Lemieux

Territoire de trappeDans le Grand Nord québécois, en 1913, quatre trappeurs rentrent au Hameau après des mois d’isolement. Mais Léon y découvre sa femme morte et sa fille assassinée. Anéanti, il se lance dans une vengeance implacable, entraînant ses compagnons dans une spirale de violence. Avec Territoire de trappe, Gagnon et Lemieux revisitent le western en le plongeant dans une nuit glaciale, entre neige, peur et brutalité. Leur écriture, riche et mordante, mêle humour noir et horreur, portée par des personnages souvent abjects. Parmi eux, l’inquiétant Reth, figure quasi monstrueuse, hante un récit tendu et jubilatoire. (Rivages/Noir – 280 pages – 21 €)

Diables blancs, de James Robert Baker

Diables-blancsJames Robert Baker, auteur américain marginalisé et censuré dans les années 1990, livre un roman noir aussi corrosif que dérangeant. À travers la confession enregistrée de Tom Dunbar, écrivain cynique au bord de la ruine, se déploie un récit mêlant satire politique, violence et humour acide. Avec sa femme Beth, instable et fascinante, il élabore un projet criminel qui révèle peu à peu leur part d’ombre. Porté par un style oral incisif, le livre dresse aussi un portrait venimeux du Los Angeles des années 90. Provocateur et halluciné, un texte aussi brillant que sulfureux. (Monsieur Toussaint Louverture – 288 pages – 20,90 €)

14 juillet, de Benjamin Dierstein

14-juilletDernier volet de la trilogie de Benjamin Dierstein, ce roman nous replonge dans la France du début des années 1980, entre fin de l’état de grâce mitterrandien, montée de l’extrême droite et tensions liées au terrorisme. On y retrouve une galerie de personnages désormais familiers, pris dans un réseau d’intrigues où se croisent barbouzes, flics ripoux et figures politiques. Solidement documenté, le récit mêle faits réels et fiction avec une grande maîtrise, restituant une époque troublée jusque dans ses moindres détails. Dense mais captivant, il s’achève sur un final à la hauteur, éclairant les zones d’ombre accumulées depuis le début. (Flammarion – 880 pages – 24,50€)

La mariée silencieuse, de Piergiorgio Pulixi

la_marie_silencieuse-couvertureUne femme est retrouvée morte à Milan, vêtue d’une robe de mariée, dans une mise en scène troublante qui conduit à un classement sans suite. Huit mois plus tard, son père, Italo Seu, quitte sa Sardaigne pour relancer l’enquête et comprendre, pour lui comme pour son petit-fils. Il se rapproche alors de l’équipe du criminologue Vito Strega, bien décidée à rouvrir ce dossier lié à une inquiétante vague de féminicides. Piergiorgio Pulixi maîtrise l’art de la tension, alternant les points de vue, notamment celui du tueur, dont l’identité reste floue. Cette sixième enquête, sombre et efficace, confirme la force d’une série aux personnages profondément marquants. (Gallmeister – 496 pages – 25,90 €)

L’Île hallucinée, de Julien Freu

L-Ile-HallucineeRévélé avec Ce qui est enfoui, Julien Freu confirme son talent avec L’Île hallucinée, un thriller fantastique ancré dans les années 90. En 1996, Anh et Jonas, deux enfants inséparables, découvrent le corps d’un adolescent sur leur île… avant qu’il ne disparaisse. Bientôt, une enquête s’ouvre dans une atmosphère où légendes et réalité se confondent. Porté par un duo attachant et une île très visuelle, le roman joue habilement avec les codes du genre, entre nostalgie, mystère et surnaturel. Malgré quelques longueurs, Freu maintient une tension efficace et surprend par une construction en plusieurs temporalités. Un récit immersif et généreux, entre frissons et émotion. (Actes Sud – 336 pages – 22,50€)

 

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