L’Homme qui assassinait sa vie – E. Moynot, J. Vautrin

Après deux très belles adaptations signées Tardi pour »Le cri du peuple » et plus récemment Baru pour »Canicule », c’est au tour d’Emmanuel Moyot de s’attaquer à  un roman de l’un des plus fameux auteurs de polars français vivant avec »L’Homme qui assassinait sa vie » initialement paru en 2001 chez Fayard. Un polar qui mêle plusieurs destins à  travers l’histoire croisée de trois personnages, trois loosers comme les aime Vautrin et le roman noir en général.

D.’abord, il y a Frédéric Frey, dit FFF, un type qui vient de sortir de prison après trois années de détention pour fausses factures, mais animé d’un bel esprit de vengeance. Ensuite, il y a Gus Carape, un privé alcoolique et médiocre que plus personne n’emploie si ce n’est pour des affaires mineures comme celle où il doit retrouver le fils handicapé de la vieille Espagnole Maria. Enfin, il y a le commissaire Kowalski, flic ripou qui surveille les entrepôts Moralès avec l’idée de faire la dernière bonne affaire de sa carrière.
Trois personnages qui vont se croiser dans un road-movie improbable et absolument délirant dont seul le lecteur sortira gagnant.

Avec cette bande dessinée déjantée qui rappelle assez l’ambiance des polars de Manchette adaptés par Tardi, Emmanuel Moynot réussit là  une adaptation de très belle facture. Car, si le roman était touffu et complexe, l’adaptation donne un récit plus ramassé, par moment presque un peu confus mais qui garde toujours en ligne de mire le scénario de cette folle et sombre histoire avec ses nombreux rebondissements et ses personnages hauts en couleur.

Conte cruel et violent, »L’Homme qui assassinait sa vie » est un vrai régal pour le lecteur et confirme par la même occasion que les romans de Jean Vautrin sont toujours aussi bons quand ils sont adaptés en bande dessinée.

Benoit RICHARD

L’Homme qui assassinait sa vie
d’après le roman de Jean Vautrin
Adaptation et dessins : Emmanuel Moynot
Éditons Castermnan
112 pages couleurs – 18€¬
Parution : septembre 2013