Chroniques express 129

Nouvelle salve de chroniques express avec : Payne, Moinho, Gunwood, Bison Bisou, Adam and the Madams, Will Stratton, Saule, Suede, Joan as a police woman, The Pirouettes.

MOINHO PORTRAIT
© Toniomodio

Payne – Someone Is Missing

Cet album a beau sortir au printemps, il y a quelque chose de profondément hivernal dans les chansons de Joanna Lorho, la chanteuse et pianiste installée à Bruxelles que l’on découvre ici sous le nom de Payne. Derrière cette pochette de bout du monde, on découvre sept chansons assez épurées où la voix et le piano laissent peu de place aux arrangements pourtant très beaux composés autour notamment du violoncelle.  Un premier essai très prometteur dans un style aux airs de « déjà entendu » et qui rappellera forcément le répertoire de filles à la sensibilité exemplaire que sont par exemple Agnès Obel ou Anne Pierlé. [3.5] Benoît Richard
Microcultures, mai 2017 – spotify

Moinho – Elastikanimal

Moinho - Elastikanimal Sorti en toute discrétion en 2012 puis réédité un an plus tard par arbouse recordings, Baltika avait été une des belles découvertes de l’année 2013. La découverte de Franck Marquehosse, un compositeur Palois très inspiré. Cette fois, le pianiste s’est associé à un quatuor à cordes pour un rendu aussi beau et bouleversant que le précédent où l’on retrouve ses penchants pour la musique minimaliste et répétitive. Disque ô combien cinématographique, avec une prédisposition pour une certaine forme de romantisme classique, Elastikanimal rappellera certains airs de Yann Tiersen mais aussi Erik Satie ou encore des musiques de film de Delerue. Un véritable travail d’orfèvrerie pour cet auteur qui, en deux albums, vient de s’affirmer comme l’un des plus beaux représentants du style néo-classique en France. [5.0] Benoît Richard
1631 Recordings / Arbouse Recordings, mai 2017 – bandcamp

Gunwood – Traveling Soul

Le trio parisien Gunwood, avec son nom de petite bourgade paumée que l’on aurait croisée dans un bon vieux western, délivre un Blues-Country-rock intense, partagé entre des influences Californiennes et des influences irlandaises. Un mélange qui donne toute la particularité du style de ce groupe dont l’énergie se déploie tout doucement au fil des titres avec la voix râpeuse, juste ce qu’il faut, du chanteur Gunnar Ellwanger et le son du banjo qui apportent tous deux la petite touche d’authenticité qui permettra de voyager sans forcément avoir besoin de monter à cheval ni de respirer la poussière. Une belle découverte. [3.5] Benoît Richard
 Zamora Label – avril 2017 – bandcamp

Bison Bisou – Bodysick

Ça tabasse sévère chez Bison Bisou ! Ce groupe originaire du Nord revient avec un nouvel album encore une fois branché sure le 220v, dans un style bourré de hargne et d’énergie brute, fait de cassures et d’envolées épileptiques assez jouissives. Un style qui n’est pas sans rappeler des groupes américains comme At The Drive In ou The Mars Volta. Deux pointures en la matière, mais Bison Bisou n’a pas à rougir de la comparaison tant ses compositions font preuve d’une effectivité assez redoutable quand il s’agit d’envoyer la sauce. Chapeau les gars !   [3.5] Benoît Richard
À tant rêver du roi – avril 2017 – bandcamp

Adam and the Madams – Almost

Une chose est sûre, les strasbourgeois de Adam and the Madams ne se sont pas ruinés pour la production de cet album, et c’est tant mieux car le Lo-fi leur va comme un gant, en témoigne leurs reprises du Heroes de Bowie et du Sister Ray du Velvet Underground, asséchées au maximum, mais pleines de spontanéité et de fraîcheur. Le reste est à l’avenant, avec des titres garage-pop un brin psyché, entre guitares et machines, tous plus réjouissant les uns que les autres… Un bon petit EP en attendant l’album prévu pour l’automne 2017.
[3.5] Benoît Richard
Bloody Mary Records – mai 2017 – bandcamp

Will Stratton – Rosewood Almanac

Will Stratton - Rosewood AlmanacDécouvert pour beaucoup en 2012 avec Post Empire (qui n’était pourtant pas son premier album) sur l’indispensable label Talitres, l’américain Will Stratton revient mais cette fois chez Bella Union avec un nouvel album aussi beau que les précédent (Gray Lodge Wisdom, 2014), qui avait accompagné sa guérison d’un cancer qui l’avait touché en 2012. Fidèle à son style, nourri des influences de Morton Feldman, John Fahey, Leo Kottke ou encore Nick Drake, le New-Yorkais fait montre d’un songwriting toujours aussi inspiré et ténu. La beauté de ses arpèges, sa voix mélancolique et fragile, ses douces harmonies… tout ici fonctionne à merveille pour un 6e album posé, qu’il faudra chérir comme il se doit. [4.0] Benoît Richard
Bella Union – mai 2017 – bandcamp

Saule – L’éclaircie

4e albSaule l'éclaircieum pour le géant borin qui poursuit sur la lancée de Géant. Et au rayon des albums que je prendrai un jour pour expliquer à quiconque comment de bonnes idées mélodiques et de bonnes paroles se retrouvent noyées par une production boursoufflée et grandiloquente, L’éclaircie se pose là. Aidé de Mark Plati à la production (Cure, Bashung, Bowie...) le cahier des charges semble avoir été : « refaisons le coup de Dusty Men » avec Charlie Winston, mais sans Charlie Winston. Toutes les super mélodies jadis folk de Baptiste Lalieu passent au rouleau compresseur pop. Leur enlevant tout le charme de l’intensité au profit du bo(u)rrinage pop calibré pour radios libres. Dommage ce qui marcha « une fois » par surprise devient une formule. Elle m’est indigeste, et me fait regretter l’intimité des premiers albums. [2.5] Denis Verloes
Pias – février 2017 – facebook

Suede – Night thoughts

SeptièmSuede-night-thoughtse album studio pour la bande briptop à Brett Anderson; dont on sait depuis Bloodsports qu’ils restent capables de produire des albums dans la filiation de la grande époque de 1990, pour satisfaire certains fans chez qui ils ont atteint le statut d’icône. Sonorités et arrangements rappellent farouchement l’époque de Coming Up, troisième album, soit le premier essai de Suede que j’ai « un peu moins aimé », même si certains morceaux comme trash ont acquis  la postérité. Il y a, dans night thougts,  les envolées vocales, les riffs et cet effet reverb sur l’ensemble. On retrouve le son Suede. Mais il manque une chose importante à un groupe générationnel: les hymnes pop imparables. Brett et sa bande ne semblant plus capables au bout de 7 essais, de sortir la mélodie farouchement indispensable. Du coup, Night Thougts est un bon album nostalgique pour fans en manque. Mais pas le disque qu’on a envie d’offrir au petit neveu pour lui évoquer le choc que fut jadis Suede à nos oreilles postadolescentes. [3.0] Denis Verloes
Warner Music – Janvier 2016 – Site officiel

Joan as a police woman – Let it be you

Joan joan-as-a-policewoman-let-it-be-youWasser, collabore avec son voisin de Brooklyn Benjamin Lazar Davis sur ce let it be you paru fin 2016. Et ce disque je l’ai longtemps écouté, parce qu’il est beau. Beau et lisse… Tellement écouté à chercher une accroche à cett critique, pour finir par ne pas savoir qu’en dire, tellement on dirait le pendant musical d’une fesse glabre de bébé. Il y a la jolie voix de Joan Wasser, son piano et la bidouille électro qui lie l’ensemble. La production uniforme nappe le tout comme la béchamel cache un légume parfois un peu trop cuit. Pop absolument, sympatoche définitivement, pas désagréable à l’écoute, mais aussi vite écouté qu’oublié. [2.5] Denis Verloes
Reveal – octobre 2016 –  Site officiel

The Pirouettes – Carrément carrément

J’ai eu le plaisir de croiser les Pirouettes au début de leur processus créatif et du premier EP. Ils assumaient le côté « variété » de leur style, nourri de leur univers musical enfantin et le plaisir de l’électro DIY composée avec un i-bidule et un clavier. Les paroles, la musique étaient encore hésitantes mais le style, lui, était déjà bien défini. Carrément, carrément creuse le sillon et met, si l’on peut dire, beaucoup de chair technologique sur l’ossature stylistique, avec une honnêteté indiscutable: merci à Jérémy Rassat et Stéphane « Alf » Briat d’avoir su conserver et amplifier l’énergie. Le groupe perpétue sa ligne thématique adolescente, ô combien rafraîchissante et fournit un album fait de ces sucettes à l’anis musicales dont on composa jadis le lit de la pop en France. Efficace, primesautier, entraînant le disque est estival solaire et évident. Après, on peut se demander si la France avait besoin de ce revivalisme un peu nunuche de l’axe Sheila – Lio – Michel Berger – Niagara que les Pirouettes ont lancé à l’insu de leur plein gré. Je ne juge pas, je constate juste, parce que je me trémousse comme une andouille. [3.5] Denis Verloes
Kidderminster – septembre 2016 – Bandcamp

 

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