Homecoming : jeu de piste paranoïaque pour Julia Roberts

Curieuse série que Homecoming qui, dès ses premières images, installe une étrange atmosphère entre froideur stylisée et couleurs ouatées dans une ambiance sonore mystérieuse.

Homecoming

Alors, on regarde qui est aux commandes, et tout fait sens : c’est le même créateur que la série envoûtante Mr Robot, soit Sam Esnail. Si la forme prend vite un intérêt particulier, le fond lui peine à nous passionner au départ.

On ne sent pas de suite dans quelle voie veulent nous amener les scénaristes. Le premier épisode permet juste d’installer Julia Roberts dans son bureau d’assistante-psychologue pour des soldats revenus de leurs missions militaires avec des fragilités. A Homecoming, sorte de maison de repos high-tech pour soldats ravagés de leur boulot, tout est fait pour que le soldat retrouve un sens à l’après… et puisse à nouveau reprendre une vie normale. Du moins, c’est sur ce point que Heidi Bergman a été embauché et accomplit sa mission…

Bien vite, on sent que le scénario va échapper au classicisme de sa narration initiale, et, comme ces plans-séquences où le personnage principal semble errer dans le bâtiment immense, le spectateur un peu désarmé déambule également dans cette série au rythme étonnant, un peu doux, un peu hypnotique et pourtant très accrocheur.

On ne peut pas parler davantage de l’intrigue pour ne pas déflorer, même si bien souvent, la prouesse de la mise en scène prend le pas sur l’évolution de l’histoire. Un peu comme dans les derniers Steven Soderbergh, les créateurs de la série s’amusent avec les formats,  les ellipses, les durées de plans, le grain pour passer d’une époque à l’autre, et ainsi télescoper les périodes pour resserrer au plus près du propos sur le final de la saison. Et s’amusent, du coup, avec Julia Roberts. C’est l’extrême bonne surprise de ce Homecoming, le retour en force d’une actrice qu’on aime mais de loin, agacés de la trouver uniquement sur le terrain mielleux de la comédie romantique. A l’instar de Erin Brokovitch où le talent de l’actrice avait explosé comme une comète solitaire, on retrouve ici tout son jeu à la fois émouvant et inquiétant, rarement mis à l’épreuve dans sa carrière et qui pourtant fait de cette série une vraie réussite. Comme Nicole Kidman dans Big Little Lies l’an passé, c’est à se demander si le meilleur rôle de la célèbre pretty woman ne serait pas finalement pour une série TV.  Elle est omniprésente, sans fard, magnifique dans la plupart des plans de cette saison flippée et flippante. Et a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne ferait pas partie du casting de la saison 2. Du coup, cela vaudra-t-il le coup de continuer…?

Jean-françois Lahorgue

Homecoming, série (US) de Sam Esnail
saison 1 : 10 épisodes de 25 mn
Avec Julia Roberts, Stephen James, Bobby Cannavale…
Genre : Drame, Thriller
10 épisodes de 30′
Diffusion sur Amazon Prime en novembre 2018

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