Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not – Arctic Monkeys

C’est de Sheffield qu’en 2006 tombera comme la pluie dans la tasse de thé de Queen Elizabeth, un grand bol d’air frais dans cette Pop Anglaise agonisante. Les singes de l’Arctique profitent d’un buzz internet retentissant pour envahir la Bretagne et cracher un Rock plein de boutons d’acné, insouciant et vif comme l’éclair. Les gamins de Sheffield balancent une grosse dose de Rock saturé dans une Brit Pop sous perfusion et réveillent un pays qui n’attendait que ça.

Après la bien triste retraite de Blur.
Après les relatifs oublis des groupes de la grande période Brit Pop tels que Pulp, Supergrass ou The Verve.
Après l’heureuse retraite d’Oasis des frères Gallagher, qui doivent encore se mettre sur la gueule pour décider qui aura la garde de l’unique cerveau de la famille.

Le Pop-Rock version British s’endormait tranquillement au son de la bouillasse « Coldplayienne » et d’autres vulgaires Placebo qui comme tout les faux médocs te soignent un moment, mais ne te guérissent pas.

Le fer de lance du Rock Européen: la terne Albion, était en train de tristement « variétiser » son Rock.
L’Angleterre au top de la Pop durant presque 30 ans était en train de perdre son hégémonie créative.
Le Rock en santiag’, ce Rock de mâcheur de chewing-gum, ce Pop-Rock du nouveau monde prenait le pas, en jouant des épaules, sur celui du vieux continent.

Les White Stripes et les Strokes posaient les jalons du Rock 00’s. Chacun dans leurs styles.
Du Blues Rock de garage, transpirant sous les bras et les mains pleines de cambouis des Bandes Blanches, au Rock braillard, hype et délicieusement seventies des Strokes.
Les Ricains inventaient le Rock du XXI ème siècle à grands coups de riffs rageurs et de voix surpuissantes.
La messe semblait être dite.
Les militaires Amerloques envahissaient L’Irak et bottaient le cul de Saddam, tandis que les Rock Band « Sta’z’uniens » envahissaient ta platine-disque et te piétinaient les testicouilles avec leurs Converse rouge hyper-tendance, en gavant tes oreilles à ras bord de satu’ bien lourde.

Mais dans le nord de l’Angleterre, contrées sinistres et sinistrées, une bande d’ados boutonneux est bien décidé à revernir le Rock made in « Rosbifland ».
Les circuits traditionnels sont bouchés ?
Des tonnes de Rock tout lisse, manucuré, avec des jolies voix toutes fluides; ce Pop-Rock de gonzesse inondent les ondes et déverse des tonnes de rose bonbon sur tes pompes ?
Matt Bellamy polit son manche de gratte devant des pisseuses à peine pubère et réussit à faire passer son faciès de consommateur de thé à heures fixes pour une gueule de demi-Dieu Grec ?
L’Angleterre est saturée !! ……. Qu’importe !
Les jeunots pianotent sur le net et se font leur propre promo loin des circuits lèche-cul de la téloche à Papa.
Et ça marche !! Le groupe explose et fait un buzz du tonnerre.

Les Arctic Monkeys sont le nom qu’ils se sont donnés.
Une promo inédite et un succès surprise (bien que totalement mérité !) et voilà nos « Kids » sur le devant de la scène.
Et pour une surprise, c’est une surprise !!
Une énergie explosive dès les premières secondes. Un rythme endiablé qui te prend par les cheveux et t’explose la tronche sur le mur d’en face.
C’est une putain de course contre la montre ! Un album qui file sur 40 minutes à la vitesse de la lumière.
Qui ne te laisse aucun répit. Pas le temps de poser ton cul deux petites minutes, il te tient par la tignasse à 30 centimètres du sol et te file des baffes, comme pour te prouver que tu ne rêves pas.

Des gamins qui se foutent de ta gueule, qui sonnent aux portes et se marrent parce qu’ils savent qu’ils courent plus vite que toi, vieux con !!

Des riffs secs comme une poignée de graviers. Un son direct et agressif, qui ne prend pas le temps de te dire bonjour ou de te vouvoyer, mais qui est sur de son charme et qui sait que tu finiras en slip.
La voix d’Alex Turner, fine, racée et percutante comme un uppercut dans la mâchoire. Un grain un poil rouillé dans la voix, qui te reste dans l’oreille comme une otite qui ferait du bien.
Un son qui sonne British jusqu’au fond de la tasse de thé. Un album qui pue la pluie sur Sheffield, gris comme un teint de Cockney.
Du sang d’Anglais plein les sillons de cette galette et l’énergie retrouvée d’une jeunesse qui se rappelle enfin son passé musical.
Oubliez RTL2, le vrai son Pop-Rock c’est ça !!

Les singes déboulent dans les rues de London City, s’accrochent aux panneaux de signalisation, sautent sur les bus à impériale, foutent un bordel de tous les diables…et tout le monde est content !

Renaud ZBN

Arctic MonkeysWhatever People Say I Am, That’s What I’m Not est sortie le 23 janvier 2006 sur Domino Records.

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