Ulrich Schnauss & Jonas Munk – Eight Fragments Of An Illusion

Musique cosmique à tous les étages pour la fusée Ulrich Schnauss & Jonas Munk, qui sur leur nouvel album Eight Fragments Of An Illusion, renouent avec les ambiances éthérées. Huit titres qui poussent à lâcher prise pour mieux se ressourcer.

Ulrich-Schnauss-Jonas-Munk
Photo credit : Elliot Ireland

Parler de musique planante n’est pas chose facile car souvent décriée par l’inteligencia rock. Et pourtant, au gré des métamorphoses, elle s’est musclée avec le krautrock (Neu !), s’est planquée dans la new-wave (The Cure de Disintegration ou Talk Talk de Spirit of Eden), a évolué avec l’ambiant (The Orb) ou la psytransce (Neelix) et prise au sérieuse avec une frange du post-rock (Do Make Say Think ou Ma Cherie For Painting).

Ulrich Schnauss & Jonas Munk Eight Fragments Of An Illusion

Pour leur retour, après un break de quatre années, Schnauss & Jonas Munk restent les princes de la polyrythmique. Plus ambiant et minimaliste que sur leur disque précédent, les deux musiciens expérimentent la musique instrumentale dite planante par l’utilisation de claviers vintage analogiques et par les possibilités sans fin qu’ apportent la M.A.O (Musique Assistée par Ordinateur).

La compétence acquise au sein de The Engineers et depuis 2015 au sein de la formation culte – ou de ce qu’il en reste – Tangerine Dream pour Ulrich Schnauss et avec les danois Causa Sui pour Jonas Munk, lui même issu de la galaxie Moor Music et Darla Records, deux labels connus pour leurs appétences à l’abstraction sonore, ont fait le reste.

De ces huit longues plages instrumentales, il se dégage une agréable sensation de plénitude. Les cascades d’effets vaporeux des guitares et les synthétiseurs en apesanteur sont magistralement confrontés aux programmations et à la répétitivité mélodique. Eight Of An Illusion emprunte autant à Durutti Column qu’à Seefeel  pour les  guitares, à Sigur Rose ou à Michael Rother pour les nappes de claviers.

Les bien nommés Asteroid 2467 et Polychromme empruntent leurs constructions au post-rock dont on aurait enlevé toutes déflagrations jazz et sons abrasifs. Ce sont les boucles qui imposent le rythme et les titres s’émancipent à travers des constructions fascinantes. Les boîtes à rythmes font leurs apparitions sur Return To Burlington, véritable ode à la pop instrumentale et noyées sous une multitude d’arrangements comme ces clavecins et vibraphones qui disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus. L’expérimentation faite à partir de combinaison rythmique est parfaitement maitrisée sur Perpetula Motion avec des séquenceurs qui génèrent des constructions sonores intéressantes. Un piano et des claviers-voix démultipliés développent une ambiance similaire au I’M Not In Love de 10CC sur Solitary Falling pour un résultat proche de l’éclipse musicale.

Les guitares et les programmations de Munk trouvent l’équation parfaite avec les mélodies cristallines et les synthés de Schnauss, sans doute influencés par ses années passées avec Tangerine Dream. Huit titres qui poussent à lâcher prise pour mieux se ressourcer.

Mathieu Marmillot

Ulrich Schnauss & Jonas Munk :  Eight Fragments Of An Illusion
Label : Azure Vista Records / Cargo records
Sortie : le 23 Avril 2021

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