Inspiré du destin de la militante iranienne Narges Mohammadi et du cinéaste Mohammad Rasoulof, Sept Jours retrace l’échappée clandestine d’une femme tiraillée entre son engagement politique et sa vie de famille. Un film fort, mais parfois alourdi par un discours trop appuyé.

Le film devait être réalisé par Mohammad Rasoulof. Mais, arrêté en Iran, puis exfiltré vers l’Allemagne, le cinéaste n’a pas pu aller au bout du projet. C’est Ali Samadi Ahadi qui a repris le flambeau. Sept Jours s’inspire librement du parcours de Narges Mohammadi, une militante iranienne des droits humains, Prix Nobel de la paix 2023. Le personnage principal, Maryam, sort de prison pour une semaine. Elle n’a pas le droit de manifester, ni de s’exprimer. Elle emporte avec elle juste le strict nécessaire, quelques médicaments pour ses problèmes cardiaques. Mais ses proches, eux, ont décidé la faire passer en Allemagne, afin de rejoindre son mari et ses enfants. Maryam accepte, tiraillée entre son engagement et son désir de revoir sa famille.
La première partie, centrée sur le voyage, fonctionne très bien. Elle montre, dans un style quai documentaire, la mécanique de l’exil, les moyens et les méthodes employées pour brouiller les pistes, passer les frontières dans des conditions très difficiles. Maryam voyage cachée, croise des hommes et de femmes inconnus qu’elle doit suivre sans se poser de questions.
Dans la seconde partie, le film devient plus bavard, peut-être un peu trop démonstratif dans son propos et son message politique. La mise en scène d’Ali Samadi Ahadi fonctionne, mais elle manque de la tension brute qu’on retrouvait dans les films de Rasoulof.
Malgré tout, Sept Jours vise juste. Tourné dans des conditions très difficiles, le film touche par sa sincérité, évoquant assez bien les tourments de cette femme, tout en abordant des thèmes comme le courage, l’abandon, et cette limite floue entre lutte politique et vie personnelle. Il pose ainsi clairement la question de l’engagement, quand celui-ci entre en conflit avec la famille et l’amour. Une question explicitement abordée notamment dans le dialogue entre Myriam et sa fille, dans la toute fin du film.
Sept Jours n’est pas un manifeste, ni un pamphlet, mais se présente avant tout comme témoignage. Une tentative imparfaite mais nécessaire pour raconter la vie de celles et ceux qui continuent de résister en Iran face à un pouvoir inflexible.
![]()
Benoit RICHARD
