Andy Platts et ses Mamas Gun poursuivent leur exploration d’une soul organique et lumineuse, façonnée à l’ancienne à travers un sixième album qui confirme le talent d’un groupe devenu une référence de la soul contemporaine.

On fait le plein de nostalgie avec cet album radieux signé Mamas Gun, porté par des arrangements et des mélodies aux accents vintage délicieux, dans la lignée des grandes productions Pop Soul californiennes des années 60 et 70. Le groupe londonien, emmené par Andy Platts, poursuit ici un travail d’orfèvre autour d’une soul à la fois organique et lumineuse, clairement pensée pour le groove. Enregistré sur bande analogique aux studios All Things Analogue de Leeds, puis mixé collectivement par les cinq musiciens, le projet revendique une approche directe, presque artisanale. Ce choix de production confère à l’ensemble une texture très naturelle, où chaque instrument trouve sa place de façon évidente.

DIG! s’inscrit dans la continuité des précédents albums du groupe, avec une soul hybride qui emprunte autant au funk qu’à la pop, avec des incursions discrètes dans le jazz et de légères teintes psychédéliques. Le groupe revendique clairement ses références, qui vont de Marvin Gaye à Bill Withers, en passant par Sly Stone ou Bobby Caldwell, et parvient à les intégrer dans un style très personnel.
Un style qui repose sur une base rythmique souple et précise, portée par une basse enveloppante, une batterie très tenue et des guitares qui privilégient avant tout la fluidité et l’harmonie. Les claviers, souvent dominés par l’orgue Hammond, apportent une couleur rétro très agréable, dans un ensemble très équilibré.
La voix d’Andy Platts, toujours aussi impressionnante de maitrise, occupe une place centrale. Elle s’inscrit dans une tradition soul classique et pourra évoquer par instants des figures majeures du genre comme Marvin Gaye, Stevie Wonder ou Curtis Mayfield, sans pour autant chercher l’imitation.
Cotés Bonus, la présence de Brian Jackson apporte une dimension supplémentaire au disque. Le claviériste et flûtiste, associé à l’histoire de la musique soul jazz et de la néo-soul, pose sa patte sur le morceau-titre, où son jeu vient dialoguer avec celui du groupe dans une forme d’évidence naturelle. Sa contribution enrichit la palette sonore sans bouleverser l’équilibre général du disque.
Après plus de quinze ans de carrière et six albums, Mamas Gun apparaît plus que jamais comme une référence du genre, et DIG! en est encore une fois la preuve éclatante. Un disque maîtrisé, cohérent, qui privilégie avant tout la continuité. Et personne ne s’en plaindra, vu la qualité du produit fini, où chaque titre se révèle totalement irrésistible.
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Benoit RICHARD
