Dernier volet en date des aventures du criminologue charismatique Vito Strega, le héros récurrent de Piergiorgio Pulixi. Et cette fois-ci c’est une femme morte et habillée en robe de mariée non loin de Milan qui est retrouvée. Une ancienne affaire, qui va refaire surface lorsque le père de la jeune fille se rend à Milan pour découvrir la vérité. Piergiorgio Pulixi construit toujours habilement son intrigue, sans oublier l’humour noir qui caractérise ses personnages.

Une femme a été retrouvée morte avec une robe de mariée. Une mise en scène étrange qui ne facilite pas l’enquête des forces de l’ordre, puisqu’elle va finir par être classée sans suite. Huit mois passent et c’est Italo Seu, le père de la victime qui élève seul Pippo, l’enfant de Maria Donata la victime. Italo qui fait tout son possible pour oublier sa peine et la perte de sa fille.
Mais il est difficile d’oublier la mort tragique de sa fille et il finit par quitter sa Sardaigne de cœur pour se rendre à Milan là où Maria Donata a été retrouvé morte huit mois plus tôt, et surtout là où il peut se rapprocher des policiers qui ont été mis sur l’affaire. L’ancien prévoit de relancer l’enquête pour lui et pour son petit-fils. Et s’il faut se rendre dans un environnement urbain comme Milan, qu’il exècre et dans lequel il ne sent pas bien, il décide tout de même de s’y rendre.
C’est ainsi que l’enquête irrésolue finit par refaire surface, et qui de mieux que l’équipe de Vito Strega pour remettre le nez dedans. C’est le compère de Vito Strega, Bepi Pavan, qui reçoit les paroles d’Italo Seu en premier et qui touché par le personnage. Il décide alors d’en parler à ses compères. Une fine équipe que l’on retrouve avec plaisir d’un épisode à l’autre, avec Vito Strega le criminologue hors pair, mais torturé par un sombre passé. Éva est une nouvelle fois de la partie et qui tente de continuer à vivre malgré le deuil de sa fille. Et Mara qui est restée en Sardaigne suite à une brouille avec Strega.
Piergiorgio Pulixi n’a pas son pareil pour faire monter la tension dans ses romans noirs et cela fonctionne toujours aussi bien dans La mariée silencieuse. Il réutilise des procédés précédemment vus comme lorsqu’il se met à la place du « tueur » à la première personne sur certains chapitres, mais que le lecteur ne sait pas de qui il s’agit. On découvre petit à petit ce qui le motive et on a le sentiment de vivre les choses aux premières loges.
Pendant ce temps-là Milan traverse une période de tensions importantes avec une vague de féminicides qui ne semble pas prête de s’arrêter. La fine équipe sent bien qu’il y a un lien avec l’affaire d’Italo, sans parvenir à le trouver.
On sait où l’on va avec les romans de Piergiorgio Pulixi et c’est aussi pour cela que ça fonctionne. Les ingrédients sont les mêmes, mais on y retourne et on devient de plus en plus familiers avec les personnages, ce qui n’est pas toujours évident dans des « séries ». Ici cela fonctionne une nouvelle fois dans cette sixième enquête de Vito Strega et on apprend toujours de nouvelles choses sur leur passé et sur leurs vies. Notamment par rapport aux étranges crises d’angoisse incontrôlables qui semblent agiter le criminologue, parfois dans les pires moments de son quotidien.
Je trouve que l’auteur italien s’inscrit désormais dans la continuité des personnages de romans noirs que l’on connait déjà en Italie, que ce soit Andréa Camilleri et son personnage Montalbano ou encore le commissaire Ricciardi chez Maurizio De Giovanni. Le criminologue Vito Strega peut facilement s’inscrire dans cette tradition du personnage récurrent, que l’on apprécie retrouver. La mariée silencieuse est un excellente crue et cette sixième enquête est une porte d’entrée toute trouvée si vous ne connaissez pas l’œuvre de l’auteur. Ça peut aussi valoir le coup de les reprendre dans l’ordre pour saisir deux ou trois clins d’œil qui se glissent et qui font référence à des enquêtes précédentes.
À noter qui si vous appréciez l’univers et la série avec Vito Strega, n’hésitez pas à découvrir une autre série de l’auteur dans laquelle le personnage principal est un libraire taciturne, fin connaisseur de romans noirs et qui doit faire face à d’autres enquêtes, un peu à la manière des romans à énigme. Si les chats pouvaient parler est un de ses romans et a été chroniqué sur le site précédemment.
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Sébastien PALEY
La mariée silencieuse
Un roman de Piergiorgio Pulixi
Traduit de l’italien par Anatole Pons-Reumaux
Éditeur : Gallmeister
25,90 euros, 496 pages.
Date de parution : 8 avril 2026
