Boy Witch ou la beauté du chaos sonore

Le premier album éponyme de Boy Witch est comme saisi d’une fièvre métaphysique, hanté par des rêves enflammés. Un fascinant voyage dont on ne revient pas de sitôt.

BOY WITCH

La modernité est très jeune : nous sommes encore au Moyen Âge du progrès. Nous vivons dans une mécanique populaire et, dans cette volonté continue de tout stabiliser, l’erreur est impardonnable. Il existe pourtant un désenchantement technologique, là où, dans une normalité programmatique, un accident digital se manifeste sous la forme de résidus sonores, de bruits parasitaires.

BOY WITCH Boy Witch appartient à ces compositeurs dont le travail repose sur des expérimentations sonores à base de synthés et de distorsions, le tout agrémenté de guitares et de beats hypnotiques. Au détour d’un titre, crépitent quelques étincelles de saturation, de grincements (cf. le titre Bonding) et de bandes passantes dont les fréquences en fond sonore se répondent. S’éloignant des structures traditionnelles, son auteur met en avant le sens profond de ses textes.

Basé à Berlin, Boy Witch a réussi son pari : ne pas tomber dans la hype, concrétisant ainsi ses idées en une musique dépourvue d’étiquettes. Le titre Bad Tape pourrait être issu de vieilles bandes sonores : la basse vrombit et la guitare se désaccorde. Puis vient Ghost, changement d’ambiance avec sa rythmique presque dub ; le morceau prend une tout autre dimension (surtout en visionnant le clip), où les éléments s’embrasent pour devenir irisés, fondant dans un magma rougeoyant. L’instrumental One Space est une accalmie musicale rappelant l’univers de Primal Scream (période ), tout en résistant à toute filiation.

Ce qui est remarquable chez Boy Witch, c’est la concrétisation d’univers personnels, l’enregistrement par canaux distincts offrant un spectre sonore vertigineux. Accompagné du batteur Gidon Carmel, le multi-instrumentiste allemand signe un sans-faute, sans aucune phase de redondance, comme en témoigne Spheres, véritable coup de maître parmi les onze titres de l’album.

Il serait dommage de passer à côté de Boy Witch tant sa musique se démarque des sempiternels schémas couplet/refrain. Pour vous guider et aller un peu plus loin, écoutez Bass Echo tel quel : vous en redemanderez.

Il faut souligner le travail de l’agence de presse Sozius PR, qui ne cesse de dénicher de véritables trésors sonores.

Franck Irle

Boy Witch – Boy Witch
Autoproduction
Date de Sortie : 17 avril 2026

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