[Interview] SLIFT trace sa route entre l’Europe et l’Amérique

De Bourges aux scènes internationales, SLIFT poursuit son ascension avec une tournée ambitieuse et un nouvel album en approche. Le trio revient sur ses débuts, son passage décisif par les Inouïs et ses envies d’ailleurs.

Slift photo 2026
© Titouan Massé

Le groupe ariégeois composé des frères Jean et Rémi Fossat ainsi que de Canek Flores est de retour cette année avec une nouvelle tournée internationale. Entre l’Europe et le continent nord-américain, les trois amis d’enfance voient les choses en grand pour 2026. De passage au Printemps de Bourges pour leur tournée “Follow the Moth Tours“, SLIFT revient sur son parcours, des Inouïs à une carrière désormais internationale, et sur la naissance de son prochain album Fantasia.

Benzine : Vous vous êtes produit au Printemps de Bourges le 16 avril, un festival qui vous tient à cœur puisque vous avez participé au dispositif des talents émergents, les INOUÏS, en 2019. Quel a été l’impact de cette opportunité ?

Rémi Fossat : Ça a changé beaucoup de choses Parce qu’à la suite de ce concert aux INOUÏS, on a pu se produire aux Transmusicales de Rennes en 2020 juste avant la pandémie du Covid-19. Et ensuite nous avons eu le privilège de faire un live sur une radio américaine, KEXP, basée à Seattle. Ce live a marché sur les réseaux sociaux. Il y a eu un avant et un après ces trois événements. Après le Covid, le groupe a évolué, on avait beaucoup plus de spectateurs au concert. Les INOUÏS nous ont beaucoup aidés au début de notre carrière.

Benzine : Le Printemps de Bourges n’est qu’une étape dans votre tournée. Direction maintenant, l’Europe avec des grandes villes : Sofia, Copenhague, Athènes. C’était l’objectif dès le départ de toucher le public à l’international aussi bien en Europe qu’en Amérique du Nord où vous aviez déjà réalisé une tournée en 2024 ?

Jean Fossat : Totalement, depuis nos débuts, on a toujours rêvé de faire des tournées partout, pas seulement en France. Justement en ce qui concerne les États-Unis, on peut le dire officiellement, on remercie notre tourneur de nous y envoyer en fin d’année. Cela reste difficile d’y aller au vu du contexte actuel là-bas.  Mais sinon, c’était l’objectif.  Nous sommes très contents et très fiers de pouvoir vivre cette vie de musiciens en tournée.  On se produit un peu partout, dans les endroits où on avait envie de jouer à la création du groupe.

SLIFT photo live 2026
© Daria Miasoedova

Benzine : Vous avez donc connu différentes foules françaises et internationales.  Est-ce que vous sentez une différence dans la réception de la musique selon le public ?

Jean Fossat : Franchement, il y a des petites différences. Ce sont peut-être des différences culturelles plus liées à chaque pays.  On a remarqué dans le nord de l’Europe, les pays scandinaves ils font moins la fête au concert. Il y a un côté plus attentif, cérébral, où ils sont plus contemplatifs sur ce qu’ils entendent. Après que ce soit à Rennes, Bruxelles ou à Berlin, on prend du plaisir à chaque concert. Et on est chanceux d’avoir un public cosmopolite qui nous suit toujours.

Benzine : Une seconde grosse actu vous concerne, c’est la sortie d’un nouveau projet, un quatrième LP, Fantasia, le 5 juin prochain. À quel moment vous avez senti qu’un nouveau chapitre devait s’écrire ?

Jean Fossat : Très vite après la création de l’album précédent. Habituellement, dès qu’on a terminé de bosser sur un disque, on commence à réfléchir au suivant. Ça se fait assez naturellement et assez rapidement, entre guillemets.  C’était peut-être il y a un an, un an et demi, qu’on a commencé à vraiment réfléchir à ce disque, Fantasia.

Benzine : Et pourquoi ce titre, Fantasia ?

Jean Fossat :  A la base c’est un mot que je trouve joli. On avait envie de l’utiliser. Et dans le contexte de l’album, ça représente une ville qui pourrait être n’importe quelle ville. Ça pourrait être Bourges, Paris ou même New York.  Tout l’album parle de cette ville et des gens qui vivent dedans. C’est une cité enfouie dans chacune de nos villes.

Benzine :  Un album justement qui est plus court que les précédents.  50 minutes environ.  Pourquoi ce choix ? Est-ce une volonté de montrer de nouvelles mélodies ? 

Jean Fossat : Exactement, les deux derniers disques étaient très longs car c’étaient des doubles albums. C’est une autre manière d’écrire la musique et de penser le rythme d’un disque. Pour Fantasia, on avait vraiment envie d’un format plus court pour nous, une volonté de nous renouveler.  Éviter de s’ennuyer, cela changeait.  Il y a un truc peut-être plus brut. On essaie d’aller directement à l’essentiel d’un morceau.  Avant, on laissait des ambiances sonores pendant longtemps. Ici vous verrez, dès le 5 juin, on a vraiment eu envie de concentrer les morceaux pour juste garder l’essence de la musique, des textes tout simplement.  C’était un autre exercice, tout aussi fascinant que nos autres projets.

Benzine : La production de cet album ne s’est pas déroulée comme d’habitude. Ce n’est pas dans la ville rose de Toulouse, mais en Belgique, aux Daft Studios, que vous avez réalisé Fantasia. Qu’est-ce que ce lieu vous a apporté ?

Rémi Fossat : Il nous a apporté un meilleur équipement déjà. C’est un studio immense. Pour cet opus, on voulait une grande pièce pour les prises de batterie.   On cherchait des studios.  Et puis, le Daft fut une évidence. On l’a visité quand on était en tournée en Belgique l’année passée. Et direct après la visite, on a eu un coup de cœur.  Il est situé en pleine campagne.  Donc, c’est dépaysant, c’est ultra bien pour se reposer.   On s’est senti comme à la maison.

Benzine : Cette année marque les 10 ans de la création de Slift, vous avez su créer un engouement dans la scène heavy psyché. Et dans les prochaines années, comment vous projetez-vous dans ce microcosme ?

Jean Fossat :  C’est dur à dire.   Je ne sais pas, on y est bien en tout cas. Tout d’abord on n’a pas spécialement la sensation d’avoir une étiquette vraiment très précise, parce qu’on le voit, on fait quand même des festivals très différents.  On peut autant jouer dans des trucs très lourds ou dans des festivals quasiment métal, comme le Hellfest. Et on a également un public qui vient plus du garage ou de la psyché de manière plus classique.   Je pense qu’on a trouvé notre recette, et on a envie de continuer de la cuisiner. De rajouter des genres, parfois d’en enlever.

Merci, on vous retrouve en tournée partout jusqu’au 15 août.

Propos recueillis par Aymeric Violet au Printemps de Bourges le 16 avril.

 

 

 

 

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