« Le Syndrome de l’imposture » : Fred Neidhardt, ancien trublion du PAF

Pendant plusieurs années, Fred Neidhardt s’est amusé à infiltrer les émissions de télévision les plus populaires du PAF. Le Syndrome de l’imposture retrace avec humour cette étonnante carrière de faussaire médiatique.

le syndrome de l’imposture
© Dupuis

Le bandeau, l’annonce en gros caractères : « il a piégé les plus grands médias français ! Du téléthon au mythique – n’exagérons rien non plus – ça de discute, il a enchaîné les impostures les plus extrêmes ». Bref, vous allez voir ce que vous allez voir ! Mais d’abord, qui est cet imposteur ?

Son nom : Frédéric Neidhardt, plus connu sous celui de Fred Neidhardt. Auteur et dessinateur de bandes dessinées, il a collaboré à Psikopat, mais aussi à Pif Gadget et Fluide Glacial. On lui doit notamment les excellentes bandes dessinées Pattes d’eph et col roulé (Delcourt, 2008), La Peur du rouge (2010) ou encore Les Pieds-Noirs à la mer (2013).

Le Syndrome de l’imposture couvCe que l’on savait peut-être moins, c’est qu’au début des années 2000, il fut l’un des grands empêcheurs de tourner en rond du PAF. Avec son ami de toujours, Fabrice Tarrin, il s’est imposé comme un farceur de première classe, un véritable roi de la caméra cachée.

Dans Le Syndrome de l’imposture, il raconte comment il a monté certains des canulars les plus improbables avec un culot et une imagination sans limites. À une époque où Internet et les réseaux sociaux n’existaient pas encore et où le seul moyen de se faire remarquer en faisant le fou passait par la télévision ou la radio.

Parmi ses nombreux faits d’armes, on retiendra notamment ses passages dans C’est mon choix et Ça se discute, deux émissions phares de l’époque. Il y tenait le rôle de faux témoin, racontant, dans la première,  sa vie de radin obsessionnel et, dans la seconde, sa vie d’homme marié préférant la masturbation aux rapports conjugaux.

Pour découvrir le reste de ses canulars XXL, il faudra vous plonger dans cette bande dessinée jubilatoire dans laquelle l’auteur porte un regard amusé sur l’ère de la trash TV, lorsque tout semblait permis, surtout si c’était graveleux, un peu en dessous de la ceinture et susceptible de faire de l’audience.

Fred Neidhardt s’est infiltré dans ce monde pour voir jusqu’où il était possible de pousser le curseur du buzz. Il raconte comment il a imaginé et mis en scène toutes ces arnaques, ses réussites comme ses déconvenues. Il évoque notamment son passage au sein de l’équipe de Thierry Ardisson, où il fut chargé de proposer des caméras cachées, parfois à la limite du bon goût, mais souvent très drôles.

Une BD passionnante qui vaut autant pour ses anecdotes que pour son témoignage sur une époque qui paraît aujourd’hui bien lointaine, lorsque les règles déontologiques de la télévision n’étaient pas forcément celles que l’on connaît désormais.

A la fin du livre, Fred Neidhardt nous balance même un bon gros cliffhanger, au moment où il s’apprête à entrer tout nu dans un McDo. Et quant à ceux qui douteraient encore de la véracité des histoires racontées, l’auteur a eu la bonne idée d’ajouter quelques photos en fin d’ouvrage afin de convaincre les plus sceptiques.

Benoit RICHARD

Le Syndrome de l’imposture
Scénario et dessin : Fred Neidhardt
Editeur : Dupuis
128 pages – 21.50€
Date de parution : 13 février 2026

le-syndrome-de-l-imposture
© Dupuis

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.