Avec Pattes d’eph et col roulé, Fred Neidhardt replonge dans son enfance celle des années 70, à Besançon, et livre une chronique drôle et nostalgique, truffée de références télé et d’anecdotes générationnelles.

Rien que la couverture, le quatrième de couverture et l’intérieur du rabat en disent déjà long sur le contenu de cette bande dessinée : il s’agit bel et bien, une fois encore, d’un livre destiné avant tout aux 35-40 ans, à la génération que l’on a sottement appelée « gloubi-boulga ». Véritable madeleine de Proust pour ceux qui sont nés vers 1970, cet album met en scène l’enfance de l’auteur, Fred Neidhardt, dans les années 70 du côté de Besançon, dans un récit où se bousculent souvenirs et anecdotes plus drôles les unes que les autres.
Truffé de références télé de la fin des années 70 et du début des années 80 (Casimir, L’Homme qui valait trois milliards…), ou d’expressions millésimées (« Allez les Verts ! »), Pattes d’eph et col roulé nous fait entrer de plain-pied dans l’univers de Fred Neidhardt, petit garçon comme les autres de sa génération : obsédé sexuel en herbe, féru de gros mots en allemand, amateur de visites à la décharge publique, et plus généralement toujours prêt à faire n’importe quoi pourvu que ça mousse.
Parue initialement sur le blog de Fred Neidhardt, cette chronique de jeunesse se voit aujourd’hui auréolée d’une publication dans la collection « Shampooing », dirigée de main de maître par Lewis Trondheim. Amusant et intéressant d’abord par son côté nostalgique et par la précision dont fait preuve l’auteur dans la retranscription de cette époque, Pattes d’eph et col roulé, malgré son aspect de chronique d’une époque, risque sans doute de captiver un peu moins les plus jeunes lecteurs.
Alors même si cette BD a un petit goût de « déjà-lu », il n’en reste pas moins que Fred Neidhardt sait faire rire (et pas qu’en bande dessinée), qu’il a le sens du gag et qu’il a su faire le tri dans ses souvenirs afin de raviver une certaine mémoire, celle de ceux qui ont vécu leur jeunesse dans les années 70, période bénie s’il en est pour les enfants.
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Benoît Richard

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