Un premier album bien troussé pour Love Spells, jeune artiste de 21 ans, tout droit venu de Houston. Et force est de constater que j’ai été touchée en plein cœur par ces sortilèges d’amour ! Il ne fallait pas grand-chose pour me convaincre que l’amour est la loi.

Ah l’amour, encore l’amour, toujours l’amour ! C’est le nerf de la guerre et c’est tout ce qui fonde la musique du Texan Sir Taegen Harris, aka Love Spells, dans son album Love Is The Law. L’abandon de soi poussé au-delà de la dignité est son thème de prédilection.
Le morceau Devour Me pousse cette logique jusqu’au bout. La jeune femme de la chanson a déjà tiré sur lui une fois ; il l’invite à presser de nouveau la détente, admettant que la mort pourrait lui être nécessaire pourvu qu’elle vienne de sa main, et affirmant qu’il ne luttera pas, qu’il l’accueillera en lui. Sa promesse de rester attaché à elle pour toujours et à jamais constitue la phrase la plus douce d’une chanson qui raconte comment se faire dévorer vivant !
Mais attention, Love Spells n’est pas aussi triste qu’on pourrait le croire. C’est ce que j’ai ressenti à l’écoute du morceau d’ouverture, Don’t Touch, et de ses accents country ou de Perfect Man et de son beat dansant. Compte tenu de la thématique de l’album — les interrogations liées aux relations amoureuses modernes —, il est tout à fait logique qu’un titre comme Maybe I Still Love You vienne clore le disque. Parfait pour une danse lente, ce morceau offre le point culminant émotionnel de l’album, mêlant une voix douce et expressive à des sonorités bluesy à la guitare et au piano.
Pour la forme, cette voix androgyne et ces mélodies éthérées aux accents dream-pop m’évoquent Mazzy Star ou Cigarette After Sex comme dans Stupid, Crutch ou Kiss Me Slow This Time. Mais Love Spells possède une identité sonore magnétique qui lui est propre. Il ne se contente pas de composer de la musique. Il crée des paysages sonores conçus pour susciter l’émotion, éveiller la nostalgie et instaurer une atmosphère cinématographique pour ceux qui prennent le temps d’écouter avec sensibilité. En fait, je trouve sa musique à la fois nostalgique et actuelle. Inspiré autant par la new wave des années 70 et 80 que par les films de dance devenus cultes comme Footlose ou Dirty Dancing, Love Spells nous plonge dans un bouillonnement indécis. C’est tout ce qui fait son charme à mes yeux.
Si je n’avais qu’une image pour conclure, j’ai l’impression d’avoir été totalement immergée dans ce disque aux allures de bain chaud. Si ce n’est pas là une critique dithyrambique, je ne sais pas ce que c’est.
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Nadia Michaud
Love Spells – Love Is The Law
Label : Love Spells LLC/RCA Records
Date de parution : 24 juillet 2026
Love Spells donnera deux concerts en Région Parisienne, le 30 août à Rock en Seine et le 31 août au POP UP!
