De Plush à Dancing Backwards, Liam Hayes construit depuis plus de trente ans une œuvre aussi rare que singulière. Pour Benzine, l’énigmatique auteur compositeur évoque son parcours, Hollywood et son nouvel album, dans un entretient fleuve.

Sept albums (+ un vrai-faux album de démos, Underfed, et une bande originale, celle du film de Roman Coppola, Dans la tête de Charles Swann III) en plus de 30 ans de carrière, c’est relativement peu. Mais quand ces albums et son auteur sont entourés d’opacité voire de légende(s), et qu’ils révèlent, c’est l’essentiel, un talent rare (certains, nous en sommes, n’hésitent pas à parler de génie), c’est plus que suffisant pour faire de vous un artiste culte.
C’est le cas de Liam Hayes, que l’on a d’abord connu sous le nom de Plush. Réputé pour son album maudit Fed, en 2002, une extravagance pop inépuisable et véritablement unique en son genre, il a publié cet été Dancing Backwards, un opus toujours très influencé par la soul la plus luxuriante. Un « grower », comme on dit, à la fois léger et dansant puis complexe et profond dans sa seconde moitié, qui pourrait bien figurer parmi ses plus remarquables accomplissements.
Personnage aussi mystérieux que sa musique est généreuse, Liam Hayes nous a accordé un entretien exceptionnel, l’un des très rares pour un media français. L’occasion de revisiter (presque) toute sa discographie et d’évoquer, ça va de soi, sa dernière livraison.
Benzine : Première question un peu bête, mais je ne crois pas avoir vu la réponse nulle part jusqu’ici donc… D’où vient ce nom, Plush ?
Liam Hayes : C’était le nom d’un petit magnétophone que j’utilisais beaucoup enfant. Et puis ça sonnait comme la musique que j’avais en tête et ambitionnait de reproduire (« plush » signifie peluche et « lush », luxuriant).
Benzine : Votre premier album, en 1998, More You Becomes You, 27 minutes de piano-voix, a tout de suite fait l’objet de spéculations quant à sa réalisation. Tout le monde a néanmoins semblé s’accorder sur un disque réalisé en une seule prise.
Liam Hayes : C’est aussi votre sentiment pas vrai ? Eh bien il s’agit simplement d’un sentiment, que je voulais en effet transmettre, celui d’un album réalisé très rapidement, en une seule prise, alors qu’en réalité, il a été extrêmement « monté » (« heavily edited »), avec de très nombreuses prises, sur une très longue période. Un processus en réalité extrêmement fastidieux au final…
Nous arrivons à Fed, l’album le plus connu de Plush/Liam Hayes, son chef d’œuvre. Son accouchement douloureux (plusieurs longues années, des dizaines de musiciens sollicités, plusieurs producteurs, des sommes folles engagées par Liam Hayes lui-même, qui a hypothéqué son avenir financier pour cela) a été largement discuté et documenté. Nous l’évoquons bien entendu mais lorsque je propose à Liam de ne pas nous y attarder et de passer à autre chose, il n’y voit aucun inconvénient, au contraire. Dont acte.
Benzine : Parlons de Bright Penny publié en 2008. On a le sentiment en lisant des interviews que vous étiez un peu déçu par cet album. Est-ce toujours le cas ?
Liam Hayes : Avec le recul, je pense que j’aurais pu procéder différemment, ou qu’une autre approche aurait peut-être été préférable. J’aurais pu partir sur une échelle plus réduite au lieu de chercher à développer constamment le disque : ajouter davantage d’éléments, de couches, d’instruments, d’overdubs. Je pense que l’ensemble est devenu un peu trop chargé, presque déséquilibré, et finalement assez difficile à manier.
Il a demandé beaucoup de travail et, à un moment donné, j’ai eu le sentiment que le processus m’échappait un peu. Je l’ai réécouté récemment et j’ai été très heureux de constater tout ce qui fonctionnait encore. Si vous l’écoutez, vous entendrez essentiellement que les chansons transmettent — ou, du moins, je pense qu’elles transmettent — ce que je voulais leur faire dire.
Benzine : Pour moi, c’est un formidable disque de soul-pop. En quelque sorte, une version plus accessible de Fed.
Liam Hayes : J’essaie toujours de rester intéressé et impliqué dans ce que je fais. Parfois, cela signifie entreprendre quelque chose qui ne semble pas, de prime abord, particulièrement difficile ou ambitieux. Mais parfois, faire quelque chose qui paraît plus simple, plus direct ou plus évident est en réalité plus difficile que de créer quelque chose de plus oblique. J’ai un peu navigué entre ces deux pôles.
D’une certaine manière, nous avons poursuivi le travail là où Fed s’était arrêté, notamment dans cette volonté d’élargir le son, d’ajouter davantage de couches. Nous travaillions sur bande et nous avons commencé à ajouter des bandes supplémentaires au processus. Cela a fini par devenir assez compliqué à gérer. Vous avez une chanson, vous enregistrez le groupe, puis vous ajoutez des overdubs, des instruments, des arrangements. Ça finit par déborder sur une autre bande, vous essayez autre chose, donc vous devez passer à une autre bande encore. À un moment donné, nous nous sommes retrouvés avec une infinité de bandes d’overdubs, ce qui rendait le processus assez complexe.
Aujourd’hui, les gens ont accès à une quantité presque illimitée de possibilités. Mais avec l’enregistrement analogique sur bande, les choses deviennent vite assez encombrantes, concrètement. Mais c’est l’approche que nous avions choisie, et je suis heureux que nous ayons finalement réussi, pour le meilleur ou pour le pire.
Benzine : J’ai l’impression que c’est un disque plus heureux que Fed ou More You Becomes You. Est-ce juste de l’envisager ainsi ?
Liam Hayes : Je pense que nous avons essayé de faire, en quelque sorte, de la limonade avec des citrons (« making lemonade out of lemons » expression anglo-saxonne qui signifie « tirer le meilleur d’une situation compliquée » NDLR). Quels que soient les événements qui se produisent dans votre vie, et, dans ce cas, dans la mienne, pendant que je développais ces morceaux et que nous les enregistrions, j’ai simplement voulu me concentrer davantage sur ce qui pouvait me rendre un peu plus heureux. Pas pour nier l’autre aspect des choses, ni pour prétendre qu’il n’existe ni souffrance ni tristesse, bien sûr mais simplement pour me dire, et peut-être dire aux auditeurs : tout n’est pas forcément si négatif.
Benzine : J’ai lu que vous considériez Korp Sole Roller, votre album suivant, comme une rupture avec une forme de maximalisme, pour aller vers quelque chose de plus minimaliste. Est-ce toujours ainsi que vous voyez le disque ?
Liam Hayes : Oui, je pense qu’il est minimaliste dans le sens où je me suis davantage retiré de la production. Une grande partie de ce que j’ai réalisé auparavant était dicté par les circonstances. Je suis très heureux d’écrire une chanson, de la chanter et, si nécessaire, de la jouer moi-même. Mais sur Korp Sole Roller, Pat Sansone (multi-instrumentiste au sein de Wilco et co-leader de The Autumn Defense avec John Stirratt, bassiste de Wilco, NDLR) a véritablement pris en charge la production. Cela m’a permis de prendre du recul et de me concentrer davantage sur ce que les chansons disaient, ou sur ce que je voulais exprimer dans leur interprétation. Donc oui, c’est minimaliste en termes d’implication de ma part, dans la mesure où je n’avais plus à porter autant de casquettes différentes. J’ai pu prendre du recul et regarder le matériau d’une autre manière. Lorsque vous cumulez plusieurs fonctions, il y a énormément de choses à garder en tête. Cela m’a permis de considérer les morceaux différemment. Et je pense que Pat a effectué un travail formidable, je suis vraiment très satisfait du résultat.
Benzine : Nous arrivons à ce que j’appellerais votre aventure hollywoodienne, avec le film de Roman Coppola, Dans la tête de Charles Swann III.
À cette époque (tournant des années 2000-2010, NDLR), le projet de Roman commençait à devenir concret. Il m’a impliqué très tôt, alors que le film n’était encore qu’un scénario. Nous avons passé du temps ensemble, je sortais ma guitare, je lui jouais des petits trucs… C’était assez inhabituel par rapport à la manière dont, à ma connaissance, la musique de film est généralement créée. Normalement, le compositeur intervient plus tard, ou bien, lorsqu’on utilise de la musique existante, celle-ci est ajoutée à l’image au moment du montage. Mais, en tant qu’auteur-compositeur, j’ai été impliqué très tôt dans le processus, et c’était vraiment passionnant. C’était une période très stimulante. Beaucoup de choses se passaient en même temps : le film entrait en production, les enregistrements avaient lieu et, parallèlement, je travaillais sur deux autres albums. Tout s’est donc chevauché. Le film, Slurrup et Korp Sole Roller se sont en quelque sorte développés simultanément. C’est pour cette raison que je trouve un peu dommage que Korp Sole Roller se soit retrouvé au milieu de tout cela. Je ne pense pas qu’il ait vraiment été présenté aux auditeurs comme je l’aurais souhaité.
Benzine : Comment le film a-t-il été accueilli aux États-Unis ?
Liam Hayes : Je ne sais pas vraiment si beaucoup de gens l’ont vu. Je ne pense pas que sa distribution ait été aussi importante qu’elle aurait pu ou dû l’être. Mais je sais qu’il y a des gens qui aiment ce film et qui en sont devenus très fans, un peu comme certaines personnes peuvent être fans de mes disques. Roman l’avait décrit à l’époque comme « un film pour enfants destiné aux adultes ». Je trouve que c’était une très bonne manière de le présenter, mais je ne sais pas si les gens l’ont vraiment compris ainsi. Il comporte beaucoup de niveaux de lecture, et certaines personnes l’ont peut-être regardé de manière superficielle sans véritablement percevoir ce qu’il exprimait dans son ensemble.
Benzine : Puisque nous en sommes à Hollywood, difficile de ne pas évoquer votre apparition dans High Fidelity, l’adaptation par Stephen Frears du roman culte de Nick Hornby. Comment vous êtes-vous retrouvé dans ce film ?
Liam Hayes : Je venais de sortir mon premier album, More You Becomes You. L’action du film fut transposée à Chicago. Le label avec lequel je travaillais à ce moment-là (Drag City, NDLR) avait des contacts avec les personnes qui réalisaient le film. Elles avaient entendu mon disque, elles l’avaient aimé et elles se sont dit : « mettons-le dans le film, il sait jouer du piano ! » C’est comme ça que c’est arrivé, et c’était très amusant. Un peu comme si Hollywood venait directement frapper à votre porte.
Benzine : Votre album suivant, Slurrup est votre disque le plus rock et le plus direct. Chose amusante, son livret est bourré de collages et dessins en tous genres. Vous dessinez depuis longtemps ?
Liam Hayes : C’est par les arts visuels que je démarré ma carrière créative, enfant, je dessinais tout le temps. Dans le livret de Slurrup, certains dessins remontent même à mes premières années. Cela rejoint mon envie, déjà à l’époque également, de jouer dans un groupe et de faire du rock’n’roll. Ce sont des choses que j’aimais vraiment quand j’étais enfant. Tout cela revient à différents moments dans mon travail, mais sur ce disque, c’est vraiment présent partout. D’une certaine manière, c’est le disque que j’aurais voulu faire lorsque j’avais douze ou quinze ans. C’était vraiment l’approche que nous avions adoptée : ne pas nous soucier des attentes, ne pas nous demander ce que les adultes allaient en penser.
Benzine : On pourrait faire le même constat avec Mirage Garage (2018), qui est encore plus dépouillé. On est presque dans quelque chose de lo-fi.
Liam Hayes : Oui, on est allé encore un peu plus loin dans le territoire que Slurrup explorait d’une certaine manière. À certains égards, on pourrait presque considérer Mirage Garage comme le prédécesseur de Slurrup, notamment dans son approche et sa production. On est même presque au stade de la maquette. Il n’y a qu’une ou deux personnes qui jouent, pas un groupe entier. Nous ne sommes pas allés dans un véritable studio, tout a été fait chez Luther Russell.
Benzine : Venons-en à votre processus créatif. Comment fonctionne votre activité d’auteur-compositeur ?
Liam Hayes : Historiquement, j’ai toujours eu l’impression d’être à la remorque de mon travail, à savoir que j’ai beaucoup plus de chansons que je n’ai réellement pu en enregistrer. Il y a une grande différence entre le fait de capturer une idée et celle de la transformer en véritable production en studio, ce sont deux choses très différentes. La première est facile, spontanée et ne coûte pas grand-chose. La seconde demande du temps et implique d’autres personnes. Je suis donc constamment dans cette démarche qui consiste à essayer, autant que possible, de concrétiser mes idées lorsqu’elles sont encore en train de germer, lorsqu’elles sont encore fraîches dans mon esprit. Mais parfois, il faut revenir en arrière, et entre-temps de nouvelles choses commencent à se développer, de nouvelles chansons font surface. Il faut donc trouver un équilibre entre les idées qui ont déjà commencé à grandir et celles qui sont peut-être tout juste prêtes à voir le jour.
Benzine : Vous avez raconté un jour que certaines chansons vous venaient parfois en rêve.
Liam Hayes : Oui, cela m’est arrivé, et j’en suis toujours extrêmement reconnaissant, surtout lorsque je parviens à me réveiller suffisamment pour écrire la chanson. Vous avez peut-être déjà vécu cela : vous pensez à quelque chose avant de vous endormir, à quelque chose que vous voulez faire le lendemain, ou simplement à une idée, et vous vous dites : « Il faut que je note ça ! » Mais il y a cet autre moment où vous êtes justement en train de vous endormir. C’est un peu la même chose, mais dans l’autre sens. Vous vous réveillez juste assez pour vous dire : « D’accord, je vais faire quelque chose de cette idée. » Seulement, il faut ensuite franchir le seuil qui vous sépare du moment où vous vous levez réellement, où vous prenez une feuille et un stylo ou une guitare. C’est donc assez rare, comme apercevoir un oiseau particulièrement rare dans votre région. Keys to Heaven, sur Slurrup, a été écrite de cette manière.
Benzine : Dancing Backwards votre dernier album, publié en août, est sorti sur Weird Vacation, votre propre label.
Liam Hayes : Au départ, c’était surtout une manière de faciliter la distribution, c’était davantage une nécessité fonctionnelle. J’ai trouvé un nom pour ce label et voilà comment Weird Vacation est né. Et je pense que c’est finalement ce qui me convient le mieux : j’ai accès à la distribution sans être réellement dépendant des labels. Ça n’a jamais vraiment fonctionné pour moi comme je l’espérais à ce niveau là…
Benzine : Comment vous sentez-vous par rapport à ce nouveau disque ? En êtes-vous satisfait ?
Liam Hayes : Oui, je suis vraiment très satisfait de la manière dont tout s’est assemblé. C’est aussi intéressant d’avoir le point de vue des autres, parce que le disque s’inscrit clairement dans une continuité. Vous essayez toujours de rester vous-même, et de vous impliquer totalement dans ce que vous faites, tout en suscitant l’intérêt des autres. Et dans ce processus, il faut parfois regarder les choses sous un autre angle et essayer des choses auxquelles on n’avait pas pensé.
Sur ce disque, le travail avec Terrence Washington (fils de Thomas Washington, producteur d’Earth, Wind and Fire notamment, avec qui Liam Hayes travaille également depuis Fed, NDLR) a vraiment emmené les morceaux dans des directions très dynamiques. Au début, j’ai parfois été surpris. Nous avons essayé différentes choses, différentes versions, différentes approches, différents tempos… Et finalement, j’ai le sentiment que tout tient véritablement ensemble et que l’album forme un tout dont je suis très satisfait.
Benzine : C’est aussi le sentiment que j’ai : celui d’un album qui possède un début, un milieu et une fin.
Liam Hayes : Tout a commencé avec le morceau qui donne son titre à l’album. Une fois que nous avons l’avons finalisé, les autres morceaux ont progressivement commencé à prendre forme puis ils ont commencé, d’une certaine manière, à communiquer entre eux et à nous indiquer où ils devaient se situer les uns par rapport aux autres, aussi bien en termes de production que d’ordre des morceaux. Ça, c’est souvent la chose la plus difficile : vous pouvez avoir un excellent ensemble de chansons, mais comment vont-elles fonctionner ensemble ? Comment vont-elles s’enchaîner d’un morceau au suivant ? Je pense que beaucoup d’auditeurs ne veulent pas vraiment se préoccuper de ce genre de choses, et c’est très bien comme ça bien sûr. Mais lorsque je construis un album, c’est quelque chose auquel je consacre énormément de temps et de réflexion.
Benzine : Il y a toujours cette approche soul qui vous caractérise mais en termes de son et de production, c’est assez différent. Est-ce que c’était délibéré ?
Liam Hayes : Oui. Je comprends que certaines personnes aient pu se dire : « Waouh, ce n’est peut-être pas ce à quoi nous nous attendions », ou même se demander ce qu’elles étaient en train d’écouter. Mais j’ai le sentiment que cette approche transmet vraiment le message que je voulais faire passer au départ. Mon espoir, c’est simplement que les gens écouteront l’album dans son intégralité. Et c’est beaucoup demander aujourd’hui.
Au début, je me disais : « Est-ce que Dancing Backwards (le single éponyme, NDLR) est vraiment le morceau par lequel nous devons commencer ? » Mais ce qui est intéressant, c’est qu’il fait en quelque sorte le tri. Si quelqu’un n’a pas envie d’écouter quelque chose d’un peu différent, d’un peu inattendu, puis d’aller plus loin, c’est pas grave. Il y a beaucoup d’autres choses à faire de son temps. Mais ceux qui sont intrigués et qui décident de continuer à écouter seront récompensés selon moi. Je pense qu’on demande déjà beaucoup aux gens lorsqu’on leur demande d’écouter un disque du début à la fin aujourd’hui. Quand quelqu’un me dit : « J’ai écouté ton disque », et que je sais qu’il l’a réellement écouté, ça me fait vraiment plaisir.
Benzine : Justement, comment vous adaptez-vous aux nouvelles habitudes d’écoute, aux plateformes ?
Liam Hayes : Je préfère envisager les choses dans l’autre sens : dans la mesure où l’attention des gens est fragmentée et où ils sont constamment distraits, la possibilité d’une tendance inverse existe également. Je pense notamment aux gens qui achètent des CD. Ça m’a vraiment surpris, je pensais que les CD allaient finir comme les cassettes, dans les boutiques d’occasion. Mais il semble qu’il y ait encore beaucoup de gens qui se disent : « Je préfère écouter ma musique comme ça plutôt que de devoir passer par toutes ces manipulations pour écouter quelque chose sur une plateforme. » Si vous avez un lecteur CD ou une platine, il est parfois plus simple d’écouter de la musique sans toutes ces contraintes. Au cours des vingt-cinq dernières années, j’ai rencontré des jeunes qui me disaient : « J’aime les CD » ou « J’aime les vinyles ». Et c’est très bien ! Tant que les gens obtiennent réellement ce qu’ils recherchent dans leur manière d’écouter de la musique, peu importe comment ils l’écoutent.
Benzine : Quelle est la suite ? Une tournée ? Des concerts aux États-Unis, et, on l’espère, en Europe ?
Liam Hayes : Je suis impatient que les gens puissent entendre ce disque, quelle que soit la manière dont il sera présenté. Je suis évidemment ouvert et impatient à l’idée de le jouer dans différents lieux, dans différents contextes.
Benzine : Envisagez-vous également de sortir les disques d’autres groupes ou d’autres artistes ?
Liam Hayes : Je vais continuer à sortir mes propres disques aussi longtemps que cela aura du sens pour moi et je n’exclus pas la possibilité de faire la même chose avec le travail d’autres personnes, si l’occasion se présente, si cela a du sens, si le projet correspond au label et si nous pouvons tous y trouver notre compte. Mais pour l’instant, je pense que c’est déjà suffisamment de travail pour moi de terminer mes propres disques et de les faire connaître au monde.
Propos recceuillis par Laurent Garcia – août 2026
