Album de l’apaisement de Beans, groupe australien mené par le batteur et multi-instrumentiste Matt Blach, Less Louder ouvre une brèche dans laquelle on se laisse glisser avec plaisir.

Si l’on s’en tient désormais à l’évocation de la fuzz, les promesses d’une musique charpentée par une rythmique mastoc, par une énergie furibonde, sont largement atteintes par la plupart des formations signées chez Fuzz Club records. La quatrième livraison du groupe Beans en provenance d’Australie, a de quoi séduire l’auditoire habitué au catalogue pléthorique proposé par Fuzz Club Records. Seul détail important, les nouvelles compositions proposées ici, abordent un registre dont l’apaisement s’avère être un nouveau tournant.
Déjà, Boots N Cats, en 2024, avait constellé les oreilles de milliers de petits signaux dans lesquels l’énergie était décuplée par des tempos faisant fondre les circuits du cerveau : guitares acides, batterie sautillante, basse ronronnante et orgues sensationnels. Des titres comme Groove ou Haunted exerçaient un magnétisme en raison de leurs hauts potentiels de mélodies luxuriantes.
De Baked Beans, il reste un premier album, Babble (Matt Blach, le batteur et meneur du groupe, avait tout enregistré en solo) majoritairement Rock, la transition nominative du groupe s’est opérée avec l’album All Together Now, un changement d’identité plus concis et plus en lien avec leur nouvelle direction artistique.
Avec Less Louder, le groupe a injecté des motifs vertigineux, tout en gardant une ligne personnelle, identifiable parmi les nombreuses arborescences de la sacro-sainte chapelle psychédélique, mais avec une touche plus apaisée. La prédominance de guitares tremolo enrobe justement l’aspect captivant de titres comme Blueprints.
Le titre Less Louder pourrait induire une rugosité amoindrie, un faste moins apparent. Les prouesses techniques de Beans ne sont pas qu’une démonstration de leurs talents, mais l’étendue de leurs compositions variées, d’écarts atmosphériques dans un titre comme Remember, dont les harmonies vocales embellissent déjà le décorum qu’a planté le combo.
Il y a un jeu de piste intentionnel fait pour dérouter, que constitue l’origine plurielle de leurs créations, notamment avec Resister, enclin à une réflexion calquée sur un néo-romantisme, à l’acceptation « de départs de gens qui entrent ou sortent de nos vies » dixit Matt Blach. Si Less Louder est plus calme, c’est en raison du besoin d’apaisement ressenti par les membres du groupe, face au monde environnant trop bruyant. Smile semble provenir du passé par ses étirements West-Coast, son ossature gavée de soleil, disperse des accords fluides, le tout baigné dans une vapeur hypnotique.
Less Louder se distingue de la discographie de Beans par son apesanteur, et il est un disque idéal pour décrocher de l’empressement, et du désordre ambiant.
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Franck irle
Beans – Less Louder
Label : Fuzz Club Records.
Date de parution : 11 septembre
