« Dur comme la lave », de Lilja Sigurdardóttir : voyage au pays des volcans et des elfes

Si vous avez aimé les précédents, alors Dur comme la lave, ce nouvel opus de Lijla Sigurdardottir est pour vous. De courts chapitres nerveux et brefs, une double histoire très étrange, des personnages (plus ou moins) attachants, un pays mystérieux et attirant. Et comme les autres, il se lit d’une traite !

Lilja Sigurdardottir-2026
© Métailié

J’avais malencontreusement annoncé la fin de la trilogie de Reykjavik dans ma recension de Noir comme la neige, erreur, erreur… voici le quatrième tome de ce qui n’est donc plus une trilogie : Dur comme la lave. Une chose est certaine : Lilja Sigurdardóttir a une imagination débordante. Un peu genre Franquin et son métomol (dans Le dictateur et le champignon), ce que je ne peux pas expliquer sans risquer dévoiler la fin de cette fantasque suite des aventures d’Aurora, Daniel, Helena et Lady Gugulu (qui en réalité s’appelle Robert).

Il y a deux histoires qui alternent et se complètent dans ce tome, comme dans les précédents si je me souviens bien. Une met en scène Lady Gugulu, la drag queen qui habite dans le garage que Daniel a aménagé en logement. Et l’autre se rapporte à la sœur qu’Aurora cherche depuis le début de la série et qui l’a poussée à revenir vivre en Islande, lui a permis de rencontrer Daniel et de commencer cette belle histoire d’amour qui semble les unir (Daniel et Aurora). Lilja Sigurdardóttir saute d’une histoire à l’autre, un court chapitre pour Aurora et un chapitre pour Lady Gugulu et ses démêllijla sigurdardottir dur comme la laveés. Et ça part dans tous les sens. Et ça commence dès le premier chapitre, comme dans les précédents, d’ailleurs. On apprend qu’Aurora fait non seulement de la musculation mais de l’haltérophilie (ce qui m’avait échappé dans les précédents) et m’a quelque peu déçu. Surtout, on rencontre une gamine qui a l’air adorable, Ester Lòa, et qui est la réincarnation de la sœur d’Aurora ! Évidemment, Aurora aimerait ne pas y croire mais y croit—cela fait trois volumes qu’elle veut retrouver Isjafold. Daniel, rationnel et les pieds sur terre, se méfie de ce qui lui semble une arnaque grossière et mal ficelée. Il délègue l’affaire à Helena — entre conflit d’intérêt et son implication dans les problèmes de Robert/Lady Gugulu, il ne peut pas tout faire. De son côté Aurora, qui ne peut pas rester là à ne faire que des développés-couchés, aide Daniel à résoudre l’histoire de Robert.

Tout cela a l’air plus compliqué que ça ne l’est en réalité (ou ma capacité à résumer n’est pas à la hauteur). Et l’histoire n’a peut-être pas tant d’intérêt que ça, finalement. Ce qui intéresse Lijla Sigudardottir n’est pas vraiment l’enquête, mais plus probablement les personnages et le plaisir de raconter une histoire qui ne peut pas tenir debout. Entre surnaturel – on ne saura pas le fin mot de ce qui se passe dans la tête d’Ester Lòa – et inventions scientifiques délirantes, Lijla Sigudardottir s’amuse. Elle nous balade en Islande, sur la lave d’un volcan, aux Baléares, à Tjarnarbydd, en Angleterre, nous fait rencontrer des personnages étranges. Elle rend ce pays encore plus mystérieux en le peuplant de gens qui ont l’air sortis tout droit de comptes pour enfants. Elle donne aussi l’impression que rien de ce qui peut se passer de mal en Islande ne vient vraiment des Islandais. Comme dans les précédents romans, le mal est importé. Ça c’est une différence majeure avec les autres auteurs islandais que nous connaissons qui se concentrent souvent sur des crimes commis par la pègre locale.

Alain Marciano

Dur comme la lave
Roman de Lilja Sigurdardóttir
Traduit de l’islandais par Jean-Christophe Salaün
Éditeur : Métailié
270 pages, 21 €
Parution : 2 octobre 2026

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