« Purgatoire » de Christophe Chabouté : une belle histoire de fantômes

Cette ré-édition d’une trilogie de Chabouté datant de 2004 est une belle occasion de (re-)découvrir cette histoire de fantômes. Le noir et blanc emblématique de cet auteur est ici rehaussé d’une touche de couleur du plus bel effet graphique.

BD Purgatoire
© 2026 Chabouté – Glénat

Les éditions Glénat -Vent d’Ouest ont eu l’excellente idée de ré-éditer dans un seul et même album, l’intégrale de la trilogie de Christophe Chabouté : Purgatoire, initialement parue dans les années 2003-2005.

Benjamin Partouche est un jeune homme ordinaire. Très très ordinaire, ni vraiment très mauvais, ni vraiment très bon non plus. Lorsque sa maison brûle, il se retrouve sans le sou, SDF, grâce à un assureur peu scrupuleux. Comble de malchance, il se fait même écraser par ledit assureur ! On se retrouve donc au purgatoire (enfin, là-haut ils appellent ça le bureau 712) où les mauvaises actions de Partouche (ici bas, nous appelons ça des péchés) et les conséquences de ses petites mesquineries vont être passés en revue par le préposé du bureau 712.

Purgatoire- Chabouté

La sentence est sans appel : Partouche est renvoyé sur Terre en tant que « conscience », façon Jiminy Cricket, invisible des vivants, fantôme parmi d’autres fantômes, et se trouve chargé de ramener quelqu’un sur le droit chemin avant de pouvoir accéder lui-même à la rédemption et au paradis.
« Je … je peux réfléchir un peu ?
— Vous avez l’éternité mon ami. »

La réputation du superbe dessin de Chabouté en noir et blanc n’est plus à faire, mais là, surprise, nous le retrouvons en couleurs. Oh ce n’est certes pas du technicolor, on ne se refait pas, mais le noir et blanc est toujours présent, superbe, rehaussé par des touches de couleur aux chaudes nuances orangées. Et puis la représentation des « vivants » en couleur et des « consciences fantômes » en noir et blanc est du plus bel effet graphique.

L’autre talent de cet artiste, ce sont les « trognes », l’expressivité des visages (comme dans Moby Dick ou Landru par exemple) : ici l’errance de la « conscience » Partouche parmi les vivants et les autres fantômes lui fournit l’occasion d’une belle galerie de portraits, même si l’on ne sait pas trop qui tire la gueule la plus longue et la plus triste, des vivants ou des fantômes errants.

Comme la plupart des belles histoires racontées par Chabouté, celle-ci n’a guère besoin de beaucoup de mots pour nous baigner d’une douce ironie et d’une forte humanité. Une histoire très morale avec un beau dénouement surprise. Et on retrouve ici, subtilement coloré, l’excellence du dessin d’un auteur au travail graphique particulièrement soigné. Cette ré-édition « intégrale » de la trilogie est une belle occasion de (re-)découvrir ce Purgatoire.

Bruno Ménétrier

Purgatoire
Scénario et dessin de Christophe Chabouté
Éditeur : Glénat / Vents d’Ouest
200 pages – 25 €
Date de parution : 21 octobre 2026
(réédition intégrale de la trilogie de 2003-2005)

Purgatoire — Extrait :

Purgatoire - Chabouté
© 2026 Chabouté / Glénat

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