Chroniques Express 110

pegase

NDIDI / NEBELUNG / KG / PEGASE / CHEVEU / MY SECRETARY / GRINDI MANDBERG / POLLY NICHOLS / MAN-SIZE /MATTIC / MENACE BEACH / HENNING SPECHT / VENDREDI / SPIDERS EVERYWHERE

ndidi-darkNdidi – Dark swing

Il n’y a rien à  dire sur Dark Swing, voire rien à  redire sur un album dont on ne peut nier les qualités. Une bonne chanteuse au timbre naturellement soul, des jolies mélodies qui se retiennent et un style pop-blues-soul-folk (pour ne fâcher personnes) qui fonctionne (last of the Pure, peut-être le meilleur titre de l’album). La jeune femme fait une reprise (opportuniste et/ou tardive) de Sugarman, une autre de Tom Petty (Yer so bad, fade à  force d’être cool). Ndidi peut évoquer tour à  tour KT Tunstal, Yael Naim ou Tracy Chapman et on l’aurait bien vu être reçu royalement sur Taratata par un Nagui des meilleurs jours, enthousiaste et souriant de ses 52 dents. La Canadienne a co-écrit ses morceaux avec Joel Shearer, membre de Pedestrian, qui avait déjà  collaboré, coté chanteuse, avec Mélanie Laurent. Voilà  pour les données factuelles. Tout ceci est bien gentil, plaisant comme tout…mais bon, est-ce suffisant ? On est quand même dans une tiédeur extrême où rien ne dépasse, où le bâillement peut arriver inopinément. On n’oserait pas dire que la musique de Ndidi est »calibrée » ou de »consommation courante » de peur de froisser une chanteuse qui doit aimer ça et le faire sincèrement. Mais, il est difficile de trouver une once d’originalité, même de personnalité dans Dark Swing. Donc allez-y si vous aimez ça. Pour ma part, si la musique en 2013, se réduit à  la pop d’une Ndidi, je préfère aller jouer aux billes. (2.5) Denis Zorgniotti
Universal Music – janvier 2014

nebelungNebelung – Palingenesis

Ne pas confondre avec Nibelung. Même si, Nebelung est lui-aussi allemand et sa musique, éloigné de l’héroîsme wagnerien, pourrait illustrer quelques épisodes apaisés de la mythologique germanique. Originaire de Bonn, Nebelung distille,  une mélancolie folk et sombre, qui pourrait évoquer un Nothing Else Matters (de Metallica) en acoustique mais avec,  la particularité de pouvoir, aussi, y ressusciter feux follet et autres esprits de la forêt. La raison de cette touche médiévale tient moins à  la voix? rare et virile? mais à  des arrangements qui font la part belle à  des instruments classiques voire anciens : harpe, dulcimer, violoncelle, harmonium indien. Lentes et répétitives, ces ballades créent de belles résonances propre à  dessiner des jolies courbes. On se laisse embarquer par ce flot musical dont les évolutions fines lui permettront de s’élever au-dessus du simple statut de musique d’ambiance, pour partie de Donjon, & Dragon pour joueurs déprimés. (3.0) Denis Zorgniotti
Temple of Forturious – février 2014
Bandcamp

KG – Passage Secret

Souvenez-vous, en 2002, le label français Gooom alors pourvoyeur de petites merveilles electronica de toutes sortes nous présentait un amour d’album electro vintage un peu crasseux mais terriblement attractif, et surtout , très en avance sur son temps car remettant au goût du jour et avant tout le monde une certaine idée du son post-punk et de l’électro rétro des années 80. 12 ans plus tard, le projet KG est toujours là  et le style est toujours aussi radical. , Avec son électro /indus/rock/lo-fi assez unique, le strasbourgeois n’a rien perdu de sa clairvoyance et de son habileté à  jouer avec ses synthés de l’époque, avec des guitares qui couinent et des boites à  rythmes rachitiques comme on n’en avait plus entendues depuis 1988. Avec ce nouvel album, KG continue d †˜édifier un univers sonore très personnel avec des titres pour la plupart assez froids et mécaniques. Au final, on ressort un peu groggy de ce disque, mais content d’avoir après avoir pris une bonne décharge électrique. Un disque qui semble avoir traversé plusieurs décennies pour venir jusqu’à  nous par l’intermédiaire du toujours passionnant label Herzfeld. (3.5) Benoît Richard
Herzfeld – Janvier 2014

Pegase – Pegase LP

Fondateur du label FVTVR et ancien membre du duo Minitel Rose,Rapahel D.’Hervez sort son premier album solo sous le nom de Pegase. Assez loin de l’image electro-pop rétro 80.’s de Minitel Rose et des productions proposées par le blog nantais Valérie il y a quelques années (qui rappelons-le, nous , qui nous a fait découvrir le son d’Anoraak, College et donc de Minitel Rose), le style de Pegase se situe plus dans un registre pop atmosphérique, avec un début d’album qui évoque même franchement les meilleurs moments de Pulp, avec ces montées orgasmiques si caractéristiques. Plus loin, on se rendra compte que ce ne sont pas les , guitares mais , les claviers, et les nappes de synthés qui intéressent Pegase« Comme chez M83 (mais en nettement moins lourdingue), le garçon en use et en abuse, les mêlant de manière assez élégante à  sa voix aux tonalités changeantes. A l’image du cheval blanc ailé du même nom, Pegase s’envole, et l’auditeur avec, vers de très hautes sphères pour un voyage astral et musical des plus confortables grâce a des musique pop très attractives et que l’on aimera un peu plus à  chaque nouvelle écoute. (3.5) Benoît Richard
FVTVR – Février 2014

Cheveu – Bum

Le groupe Cheveu nous a déjà  prouvé par le passé que leur rock ne ressemblait à  aucun autre et que leur recette était bougrement efficace. Pourtant avec cette troisième production, le son du groupe évolue encore un peu nous ramenant à  un son plus années, 80 entre rock alternatif et punk (sur »Albinos » et quelques autres titres on pense à  des choses comme Béruriers Noirs), avec ses boites à  rythmes sèches, ses riffs de guitares basiques et minimalistes et ses voix caverneuses. Si le son parait moins dense moins touffu qu’auparavant, il n’en reste pas moins très riche avec une production peut-être plus fine, laissant apparaitre des constructions débridées, affranchies des standards »avec en fond, cette folie douce permanente, ce côté musique de clown punk assez absurde et jouissive (« Madame Pompidou« ) et cette ambiance festive et régressive assez étrange qui donne au final un album roboratif et qui ne ressemble à  aucun autre dans la production actuelle.(3.5) Benoît Richard
Born Bad records – Février 2014

mysecretary-blueMy Secretary – Blue Jungle EP

A les voir en photo, les quatre membres de My Secretary portent bien le costume. C’est sans doute un détail pour vous, pour eux aussi ,mais mine de rien cela veut dire beaucoup, notamment sur l’approche de leur musique. Rock certes, mais élégant. Toujours. Avec des mélodies tirées à  quatre épingles. Aussi.  Il faut dire que les Niortais, anglophiles jusqu’au bout des ongles, prennent le genre par la face new wave, balançant en permanence entre claviers et guitares. Cure versant pop (Peer at the sun) ou Bloc Party tendance danse (Pilot), les Français se hissent toujours au-dessus du lot dans un EP maîtrisé de bout en bout. De haute tenue, pourrait-on dire. (3.5) Denis Zorgniotti
Maîzena records / Février 2014
Bandcamp

Grindi Mandberg – Fantasized Lumberton EP

Après The Bewitched Hands, The Shoes, Brodinski, Yuksek, c’est maintenant au tour de Grindi Manberg de s’imposer sur cette scène rémoise décidément toujours aussi foisonnante. Dans un style encore différent des groupes et pré-cités, ce jeune artiste (Romain Thominot de son vrai nom) , découvert ren 2013 sur scène au Printemps de Bourges ou encore au Cabaret Vert à  Charleville, propose 6 titres d’une musique pop-rock mélancolique et introspective aux sonorités, par moment, très 4AD. Une musique inspirée notamment par le cinéma et la new wave, avec une voix très belle qui rappelle assez celle de Jeff Buckley. Quoi qu’il en soit, il y a largement , de quoi se réjouir à  l’écoute de ce concluant »Fantasized Lumberton EP » pour un artiste qui fait preuve, dès son première essai, d’une belle maturité et laisse forcément augurer un album à  venir sans doute assez ambitieux.(3.5) Benoît Richard
Grindi Mandberg – Janvier 2014

polly-nicholsPolly Nichols – Stinking Flowers (EP)

Difficile de prime abord de ne pas penser à  Siouxsie and the Banshees. La faute à  un style musical (entre new wave et gothic) et à  une chanteuse, potentiellement habitée. La faute, c’est vite dit : le groupe poitevin, bien que totalement marqué dans une époque, connaît parfaitement l’abécédaire du genre. Rythmique carrée, basse en ordre de bataille, guitares tranchantes. On aime la reprise Never Let Me Down, qui en déjà  connu beaucoup, et qui peut réconcilier fans de Depeche Mode et de Cure. On aime encore plus quand Polly Nichols se joue de ses marottes dark wave pour en proposer une version 2.0, influencée par le post-rock : Last Waltz nous remet en mémoire les anglais de Meanwhile Back in Communist Russia, groupe majeur totalement passé inaperçu (ou presque) au début des années 2000. On souhaite un sort plus pérenne et moins ingrat à  nos petits Français. (3.5) Denis Zorgniotti
Autoproduction – Septembre 2013
Bandcamp

pochettealbumMan-Size – s/t

Arnaud Massé a mangé du lion !,  Membre de [Caméra], il se transforme en shiva pour tenir fermement guitares et claviers. Man-Size, son projet solo, et n’a pas peur d’envoyer, tel un Blues Explosion 2.0 (Tchikitcha ; she’s really gone away). L’exercice électro-rock n’est pourtant pas chose aisée et ils sont peu nombreux ceux qui, derrière la puissance, arrivent à  faire vivre les mélodies sans les noyer dans le déluge sonore (Don’t know you, très bien). A l’instar de Killing Joke, Man-size y parvient, non sans un certain talent (autant de composition que de production). Qui plus, le multi-instrumentiste ne,  révèle pas trop ses influences ou plutôt ne pratique aucunement le copier-coller Noterons-nous un clin d’oeil à  Joy Division (avec »She’s lost control again » sur Uncontrolled Subterfuge), quelques plans empruntés à  Depeche Mode (Hospital, dont le chant en spoken word le différencie grandement de Dave Gahan) mais rien de flagrant. Le Toulousain trouve sa voie, qui plus est quand il se transforme en crooner d’un nouveau genre,,  troquant le smoking noir pour une teinte plus métallique (old machine blues). Une réussite. (4.0) Denis Zorgniotti
Les Jeudis du Rock / Believe – Mars 2014

maticMattic – The Adventures of Doctor Outer

La recette est désormais classique et a fait ses preuves depuis les années 80, depuis que le Ghettoblaster se porte sur l’épaule avec une paire de basket blanche au pieds et la casquette de travers. A l’ancienne donc, Mattic déboule avec son hip hop hautement attractif, le genreque l’on adopte dès les premières boucles, des les premiers beats. Signé sur l’excellent label Phonosaurus Records, le rappeur originaire de Caroline du Nord, collaborateur de Wax Taylor, pose les samples comme un vieux de la veille, nourrissant ses compos de scratches et d’arrangements subtils, notamment grâce à  la présence au violoncelle de Marina Quaisse sur quelques titres. Ludique, jazzy beat, chaleureux, le hip hop old school de ce garçon se situe dans la ligné de celui des maîtres que peut peuvent être A Tribe Called Quest, The Roots et autre J Dilla. (3.0) Benoît Richard
Phonosaurus Records – février 2014

Menace-Beach---Lowtalker-EPMenace Beach – Lowtalker EP

On aurait tendance à  penser que dans la pléthore de groupes qui débarquent d’Angleterre, Menace Beach peut émerger du lot. Le duo peut se faire un place au soleil (un des titres s’appelle Honolulu), ce qui est, néanmoins , un paradoxe quand on aime se lover comme eux, dans des atmosphères aussi brumeuses. Emmené par deux chanteurs-guitaristes, Ryan Needham and Liza Violet, le groupe de Leeds fait renaître de ses cendres, ce paradoxe crée en son temps par, My Bloody Valentine ou Ride : des mélodies, pop, presque sucrées, mises dans la centrifugeuse de guitares fuzz, de sons distordus et d’une batterie toujours, musclée. A ce titre, Fortune Teller, à  la fois doucereux et mordant, est un vrai bon single. Le reste du EP n’est pas là , non plus pour faire du remplissage et continue dans cette veine à  la fois mélodique et brouillée : avec son clavier psychédélique,Where I come from, exhale un petit, parfum sixties, qui n’est pas pour déplaire. Menace Beach a aussi la bonne idée de faire dans la concision et d’aller rapidement à  l’essentiel ; ce qui ajoute à  son efficacité. Il est dès lors inutile de préciser que Paul Draper (Mansun) vient, aussi donner de la guitare. Menace, Beach est un bon groupe en soi., (3.5) Denis Zorgniotti
Memphis Industries – Janvier 2014

HenningSpecht-kielHenning Specht – Kiehlufer 73

Il y a quelque chose de profondément allemand dans Kiehlufer 73. Cela tombe bien : pourtant installé à  Toulouse (et membre d’Hypnolove), Henning Specht est bel et bien allemand. Et sa musique, personnelle et, créative, est à  la croisée des chemins : électro minimaliste, new wave impressionniste, pop naîve, , art du collage poétique. Le disque peut s’écouter dans l’écrin d’un petit club ou devenir la bande-son décalée d’une biennale d’Art Contemporain. Quelque part entre Notwist, Donna Regina et …Françoise Hardy quand Océane Moussé, par ailleurs plasticienne, vient chanter, la mine boudeuse sur Aujourd’hui et Décembre. Un album doux-dingue hautement séduisant (Ich Kenn Noch Immer Nicht Deinen Namen, titre préféré de l’album). (4.0) Denis Zorgniotti
2000 records – Octobre 2013 Bandcamp

Vendredi – Veneris Dies EP

Le label NภFà¸rmat! pourvoyeur d’albums toujours très intéressants, voire carrément passionnants (Nicolas Repac, Kouyaté-Neerman, Misja Fitzgerald Michel « ) , nous propose en ce début d’année 2014 le premier EP d’un groupe fort prometteur (Pierre-Elie Robert et Charles Valentin) nommé Vendredi. On ne sait pas si la musique de ce duo parisien a été composée sur , une île déserte, en plein ville ou à  la campagne mais une chose est sûre, elle renferme plein de sons piqués dans la nature qui associés à  des sonorités électroniques dubstep, electronica donnent un univers musical extrêmement touffu qui rappelle assez celui de Matthew Herbert, James Blake ou de Nicolas Jaar. Un univers où se croisent les notes d’une accordéoniste rencontrée à  Venise, le crépitement d’un départ d’incendie capturé dans leur chambre d’étudiants alors qu’ils enregistraient des morceaux.(4.0) Benoît Richard
NภFà¸rmat! – mars 2014

spiders-everywhere-glacierSpiders Everywhere – Glacier EP

Le nom sonne comme une menace, mais la musique sonne comme un appel : celui du Nord et des paysages électronica. Les Français pourraient presque s’en tenir là  ; avec des instrumentaux entre ambiant et IDM proche Four Tet. Sauf que Spiders Everywhere ne s’arrête pas en si bon chemin et s’intéresse autant au fond qu’à  la forme : l’électronique n’est chez eux qu’une toile de de fond, atmosphérique et rythmique, pour une vraie écriture pop. Et de ce côté le groupe ne fait pas dans la facilité, prenant le risque d’un trop plein d’emphase dans des mélodies que le groupe et son chanteur portent très haut dans les effusions de sensibilité (Might Falls, à  la fois beau et too much). Glacier  est à  placer dans la même cour que Coldplay. Ce qui est, en soi, un gage de qualité musicale (quand même !), d’autant plus que les arrangements électronica rendent la musique plus hypnotique et plus originale. Flows ressemble à  un remix insaisissable d’Underworld. Et Personnal Space, peut-être finalement le meilleur morceau du disque, retrouve un peu plus les chemins de l’abstraction tout en préservant une voix, plus sobre et plus touchante. Dans sa globalité, Glacier EP trouve donc le bon équilibre, tout en allant très loin des deux côtés du curseur. Le groupe est indéniablement à  suivre. (3.5) Denis Zorgniotti
October Tone – Février 2014 Bandcamp

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