5+5 = les disques préférés de Chapelier Fou

Après Muance, superbe album paru à l’automne 2017 sur le label Ici d’ailleurs, Chapelier Fou nous a fait un 5+5 de passionné, amoureux du son, dans lequel on retrouvera sans doute pas mal de ses influences.


Credit Photo : Romain_Gamba

Chapelier fou c’est Louis Warynski, musicien messin multi instrumentiste de formation qui a eu la bonne idée un jour d’accorder violon et musiquée électronique. Depuis 2009, il propose des EP et des albums aux tonalités electronica.
Au fil du temps, il a su enrichir ses compositions de nouveaux éléments et de collaborations diverses. Avec Muance, son dernier album paru chez Ici d’ailleurs, il est arrivé à un degré de perfection jamais atteint jusqu’alors. Sans doute son meilleur album à ce jour.

Décembre 2017

5 disques du moment :

M.A. BEAT ! – Soleil Vert
M.A. Beat! est un trio nancéien qui propose une musique psychédélique, tirant sur le jazz, mais profondément actuelle. Le coeur du groupe se constitue d’un sampler, d’une basse et d’un batterie, mais s’enrichit de mille bricoles qui foisonnent dans un joyeux maelstrom sonique.

Colleen – A Flame, my love, a frequency
A chaque album, je ne sais jamais à quoi m’attendre. La musique de Colleen est toujours minimale, certes, sensible aussi, mais se penche sur un intrumentarium à chaque fois renouvelé. Après un Everyone alive wants answers gorgé de samples, un Captain of None qui fait la part belle à la viole de gambe et aux pédales de delay, c’est vers un set up plus synthétique que la française s’est tournée pour A flame my love, a frequency. Innocent, pur et chaleureux.

James Holden & The Animal Spirits – The Animal Spirits
Depuis The Inheritors  James Holden est l’un des artistes dont la démarche me touche le plus. Son approche « synthétiseur modulaire piloté par des programmes faits maison » et son travail pour y incorporer des instruments acoustiques m’interpellent forcément. Vu en concert au Festival « Musiques Volantes », pas déçu.

Four Tet – New Energy
J’essaie encore d’apprivoiser ce disque. Franchement, on est pas loin du mauvais goût, d’un côté « lounge » qui m’horripile. Mais bizarrement, il y a quelque chose qui m’attire. Je n’ai jamais su dire si Four Tet tient plus du génie ou de l’imposture.

Oneothrix Point Never – Garden of Delete
C’est pas franchement tout nouveau (l’album date de 2015) mais je m’y mets seulement maintenant. Je trouve ça assez bluffant de virtuosité. C’est un disque très intéressant, assez aux antipodes de ce que je fais. C’est un peu comme s’il avait sélectionné uniquement des sons que j’aurais personnellement écarté par dégoût. Mais le résultat est pourtant si beau.

5 disques pour toujours :

To Rococo Rot  – The Amateur View
1999, l’année de mes 15 ans. J’ai écouté ce disque des milliers de fois. Douceur, chaleur, expérimentation. Dès les premières secondes je suis propulsé dans une époque merveilleuse où je faisais de la musique avec mes amis, je passais le week-end chez eux, on écoutait des disques dans le noir et le lendemain matin je repartais en mobylette.

Mark Hollis – Mark Hollis
Ce disque solo du leader de Talk Talk, c’est un peu ma madeleine de Proust. Comme un écho à Spirit of Eden qui déjà touchait une certaine grâce, et qui au passage réalisait la prouesse de me faire presque aimer l’harmonica. C’est le disque le mieux enregistré du monde. Et puis c’est une oeuvre toujours sur la brèche, le silence y est presque plus important que le reste. Une instrumentation tellement raffinée, ces grappes de clarinettes qui tombent de nulle part, ces cuivres si doux. Et puis cette voix.

Autechre – LP 5
J’aurais très bien pu choisir EP 7 ou Tri Repetae ou n’importe quel album jusque Oversteps à partir duquel, je trouve, le discours s’épuise et me fatigue un peu.
Mais Autechre, c’est la musique électronique poussée à son paroxysme. Presque aucun champ de recherche n’est délaissé : synthèse FM, synthèse granulaire, composition algorithmique, musique générative, ordinateurs, machines, etc… Et très souvent, c’est fait avec beaucoup de finesse et de sensibilité.

Broadcast – Haha Sound
C’est pour moi le disque le plus abouti de Broadcast, même si j’aime tout ce qu’il ont fait. Le son, l’ambiance de ce disque sont fabuleux. Des synthés à foison, des drums bien crades, plein de reverb à ressort, et cette voix qui nous a quittés brusquement et qui laisse un grand vide derrière elle.

Scoutt Niblett – I am
Je l’ai vu jouer ce disque à Musiques Volantes à Metz. Je ne la connaissais pas. Ce fut l’un des concerts les plus intenses que j’ai vu (peut être avec Vic Chesnutt peu avant sa mort). Une émotion archi crue, brute. Et des mélodies qui me hantent.

Chapelier Fou – Muance
Ici d’ailleurs – paru le 20 octobre 2017

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