Headgearalienpoo : la belle renaissance de The Married Monk

Le silence radio de dix ans n’aura pas eu la peau du groupe. The Married Monk revient avec un album séduisant, quand l’organique et l’électronique ne font qu’un.

PHOTO THE MARRIED MONK
Photo © Elie Jorand

S’inscrivant dans la mouvance Indie pop française dès 1993 avec leur remarqué premier album There’s The Rub, le groupe de Christian Quermalet reste un ovni de la pop française. Porté par une voix reconnaissable, parfait compromis entre élégance et nonchalance, The Married Monk n’a rien perdu de sa raison d’être et demeure un groupe passionnant, culte diront certain.

The Married Monk - HeadgearalienpooEntouré de son fidèle batteur JP. Pirès, le rennais d’origine a profité de son passage dans un studio de la capitale alsacienne, lors de l’enregistrement de l’album de Manuel Etienne, pour faire connaissance de T. Rocton multi-instrumentiste à l’Orchestre Nationale de Lorraine. Enregistré à trois, le sixième album de The Married Monk brille par son acuité sonore et par la qualité des compositions qui couvrent un alphabet musical riche en contraste.

Dès l’ouverture, le ton est donné. Obnoxious One privilégie l’inventivité rythmique et les claviers tout puissants pour un résultat addictif. La pop synthétique brille de tous feux à l’écoute de Gravity et du superbe 10.16, Saturday Night que les Pet Shop Boys n’auraient pas reniés. Bus, une reprise des américains Dogbowl, à l’atmosphère cambridgienne dont la silhouette ombragée de Robert Wyatt agit en transparence, tout comme celle de Siamese twins de The Cure issue de l’album Pornography, plongent l’auditeur dans des abîmes boisés.

Les guitares électriques font aussi leurs grands retours et de belles distorsions, jadis croisées chez Sebadoh, ragaillardiront le slaker qui se respecte. The Obnoxious Two et Bom Ob Blonde s’enveloppent de voix saturées, quelques injures s’échappent avec tact et entrain. Tout comme les nombreux arrangements présents, dont un ensemble de cordes, participent avec distinctions à la galante sauterie. Peut être avec trop de ferveur sur Mitte 89 et Love Commander Strikes Again qui auraient gagnés en sobriété.

Mais qu’importe, les neuf titres de Headgearalienpoo sont autant de cartes postales sonores qui mises bout a bout forment un kaléidoscope dont on n’est pas prêt de se lasser.

Mathieu Marmillot

en plus : Christian Quermalet analyse le nouvel album de The Married Monk

The Married Monk – Headgearalienpoo
Label : Ici d’ailleurs
Sortie le 25 Mai 2018

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