5 + 5 = les disques préférés de Laura Cahen

Après le sublime Une fille, paru au printemps dernier, Laura Cahen évoque 5 disques du moment et 5 disques pour toujours dans une sélection où il sera question, entre autres, de Kadhja Bonet, Madison Cunningham, Birds on a Wire, Portishead, Feist, Gonzales…

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Crédit Photo : Jérémy Soma

Il aura fallu attendre le  3e album de Laura Cahen, Une fille, pour qu’un large public découvre enfin le talent de cette chanteuse et musicienne à la voix très pure. On la retrouve ici dans une sélection de disques où il sera question de coups de coeur du moment mais aussi d’albums fétiches à travers notamment des souvenirs d’enfance ou de concert…

5 disques du moment :

LUMP – Animal

Je suis fan de Laura Marling depuis très longtemps, et je ne suis jamais déçue. Elle fait partie de ces poètes romantiques à la voix chaude et posée qui me touchent vraiment. Le groupe LUMP qu’elle forme avec Mike Lindsay dont je vénère les sons de guitare, est étonnant et addictif. Je l’écoute en boucle, surtout We Cannot Resist.

MADISON CUNNINGHAM – Who Are You Now

Je l’ai entendue la première fois il y a deux ans, au Trianon, elle jouait en première partie d’Andrew Bird qu’elle accompagnait à la guitare d’ailleurs. J’étais surprise parce que je regardais en parallèle la série Killing Eve et je trouvais qu’elle ressemblait drôlement à l’actrice principale, Jodie Comer. Puis j’ai été très impressionnée par ses mélodies et son jeu de guitare. Une tueuse, elle aussi ! C’est assez rare, mais de temps en temps je trouve la première partie meilleure que la seconde. C’était le cas de Madison Cunningham. Puis j’ai foncé écouter ce disque et le groovissime Pin It Down.

KADHJA BONET – The Visitor / Childqueen

Je n’ai pas pu choisir entre ces deux disques, qui sont pour moi de vrais chefs-d’œuvre. Kadhja Bonet est une chanteuse, multi-instrumentiste et productrice californienne, incroyablement talentueuse. Elle a une voix qui pourrait faire penser à du vieux jazz des années 50 ou à du miel (cf. Honeycomb) et le mélange avec des prods un peu psyché, des flûtes orientalisantes et des batteries qui sonnent du tonnerre, est miraculeux.

BIRDS ON A WIRE – Ramages

J’aime beaucoup ce disque complètement hors du temps qu’il me plait d’écouter en voyage ou en faisant la cuisine. Les voix de Rosemary Standley et de Dom La Nena sont singulières et complémentaires, le violoncelle magnifique et le choix des chansons magique. J’ai eu « La marelle » dans la tête tout l’été. (lire notre chronique)

BILLIE EILLISH – Happier Than Ever

Que dire… quel génie ! Je ne peux pas passer à côté de la reine de la pop et je n’ai pas résisté à chanter ses chansons dont j’admire la simplicité, la pureté, les mélodies, le groove. Puis les prods sont tellement réussies, intenses et minimalistes, tout ce que j’aime.

5 disques pour toujours :

FEIST – Metals

J’ai commencé à écouté Feist quand j’avais 14 ans, à la sortie du sublime Let it Die, et Gatekeeper qui ouvre ce disque, a vraiment été, je pense, LA chanson qui m’a donné envie d’en écrire.
Puis quelques années plus tard, elle sort Metals dont j’admire tout de bout en bout – le son, les arrangements, la voix, la pureté par moment, la puissance par ailleurs – dont je connais maintenant toutes les chansons par cœur et dont je ne me lasserai jamais. Ça doit être l’album qui m’a fait comprendre l’importance des albums et œuvres complètes.

BUENA VISTA SOCIAL CLUB – Buena Vista Social Club 

Grand souvenir d’enfance et de vacances avec mes parents aux États-Unis, on était partis trois semaines dans une maison en bois typique dans les environs de Boston, il me semble. Mes parents étaient coutumiers des échanges de maison, on partait toujours en vacances comme ça, on allait chez des gens, pendant qu’ils venaient chez nous, en contrepartie. Et on a écouté ce disque pendant tout le voyage, dès qu’il y avait un temps mort je demandais à ce qu’on le remette. À la fin j’en connaissais tous les détails, et maintenant quand je le remets, je sens les odeurs de la maison, me revois à la fenêtre et ré-entends les bruits du parquet. Ce disque est pour moi à la fois un bijou et une carte postale, il me fait voyager instantanément, qu’importe le contexte dans lequel je le réécoute.

PORTISHEAD – Third

J’ai eu la chance de voir Portishead jouer cet album au théâtre antique de Vienne en 2012, et je ne m’en remets toujours pas. Quel charisme, quel génie ! Tous les membres du groupe excellaient, chacun à leur poste, la batterie, la guitare, la voix évidement… c’était vraiment le plus beau concert de toute ma vie jusqu’à présent. J’ai bien sûr tous les albums de Portishead – mon groupe préféré – et je les aime tous très fort, mais Third a quelque chose de plus pour moi, sans doute grâce à The Rip et à Machine Gun.

ANNE SYLVESTRE – J’ai de bonnes nouvelles

C’est difficile de choisir un album pour Anne Sylvestre, parce qu’il y a beaucoup de chansons superbes dans d’autres, et je me rends compte que je ne l’ai pas forcément écoutée via un album en particulier. J’ai commencé comme beaucoup d’enfants par ses Fabulettes, ce sont les premières chansons que j’ai chantées à tue-tête avec ma mère. Puis j’ai découvert plus tard ces chansons pour adultes et ça a été une grande leçon… une claque ! Quels textes ! Quelle femme ! Je pense en particulier à « La femme du vent » ou à « Une sorcière comme les autres » qui ne sont pas sur ce disque… Mais dans celui-ci il y a « Ma chérie » et à chaque fois que je l’écoute je pleure.
Il y a aussi, bien sûr, le tube « Les gens qui doutent », la bouleversante « Douce maison » et « Clémence en vacances » qui me touchent très fort.

CHILLY GONZALES – Solo Piano

Ce disque, je le mets chaque fois que j’ai besoin d’être réconfortée, il me fait toujours l’effet d’une douce caresse. Je le mets aussi parfois pour écrire ou pour rêver. Il y a quelque chose de Satie que j’aime profondément, je l’imagine comme un dialogue avec des gouttes de pluie, il n’y a pas de textes, mais c’est pour moi une merveille de poésie. J’aime particulièrement Manifesto dont j’ai toujours la partition sur mon piano, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige.

Laura Cahen – Une Fille : chansons libertaires et oniriques

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