Morrissey – Make-up Is a Lie : Morrissey in plate forme.

Retour discographique de Morrissey après une longue galère pour sortir un nouvel album studio, Make-up Is a Lie offre trop peu de fulgurances pour être un album solo potable.

Morrissey Photo David Mushegain
Photo : David Mushegain

Make-up Is a Lie marque le retour discographique de Morrissey après un long silence contraint. Il a réussi à se faire de nouveau signer par une Major après le non-renouvellement de son contrat par BMG, les disputes avec Capitol ayant abouti à un album non publié (Bonfire of Teenagers) puis un autre album non publié (Without Music the World Dies). Un contrat avec Sire, mythique label qui distribua les Smiths aux States, semble-t-il en échange de rééditions du groupe de Manchester.

Ce nouvel album est un « dérivé » de Without Music the World Dies. Après des premières sessions d’enregistrement achevées début 2023, Without Music the World Dies a été réenregistré fin 2023 en enlevant la moitié des morceaux et en en rajoutant six nouveaux. Ces dernières sessions ont servi de base à l’album sorti cette année.

You’re Right, It’s Time voit Morrissey compositeur proposer une New Wave potable mais est gâché par un texte radoteur. Pour le morceau titre de l’album, c’est l’inverse : un texte intéressant sur une femme mystérieuse croisée à Paris, mais la claviériste Camila Grey est uniquement capable de fournir un flamenco/dance ringard pour l’habiller.

Puis le fond est touché avec Notre-Dame, déjà joué en live, et son complotisme rance autour de l’incendie de la cathédrale. On a déjà signalé que le Moz se tirait mieux de la reprise d’Amazona de Roxy Music, morceau « faible » du génial Stranded, que du sublime Street Life du même album.

Sur le thème de l’insatisfaction amoureuse, Headache ne propose qu’une Soul écoutable et du déjà dit en mieux par le Moz. On peut gloser sur le fait qu’Alan Whyte a déjà proposé au Moz des ballades meilleures que Boulevard. Mais la voix du Moz tire le morceau vers le haut, en faisant un moment réussi de l’album.

Zoom Zoom the Little Boy ressemble musicalement à du Cornershop trente ans trop tard. Rayon « autre chose », The Night Pop Dropped, entendue en live, s’en tire nettement mieux. Le funk se marie bien avec la voix du Moz dans ce récit de la manière dont « l’atterrissage » d’une Rock Star (Ziggy ? Iggy ?) sur scène change la vie d’un fan.

Suit Kerching Kerching et ses parties de synthétiseur ratées. Et puis… Lester Bangs, autre compo du Moz tout seul en hommage au génial critique. Hommage convenu mais la voix du Moz et les touches Jazz/flamenco emportent le morceau.

Le réussi Many Icebergs Ago a un titre de morceau ressemblant à une autoparodie morrisseyienne mais offre une musique à la belle ambiance « roman gothic » classique. Avant que l’album ne s’achève sur le meilleur avec The Monsters of Pig Alley, récit de « jeune fille » dévorée par le « Grand Méchant Loup », évoquant musicalement la verve des morceaux de début de carrière.

Si l’on s’en tient à la comptabilité, cela fait quatre réussites, deux titres potables et six morceaux ratés. Et on se dira en bon vieux routier de la carrière solo du Moz que ce n’est pas son premier album faible (Southpaw Grammar, Maladjusted, entre autres…).

Ordell Robbie

Morrissey – Make-up Is a Lie
Label : Sire
Date de parution : 6 mars 2026