Parmi nos albums coup de cœur en matière de Jazz, Funk, Soul pour le 2e trimestre 2026, il y a : Jasmine Myra, Bolbec, Your Brother’s Keeper & Gary Bartz, Arturo Sandoval, Adrian Younge, The Outer Worlds Jazz Ensemble, Chassol, Gabrielle Cavassa, Seu Jorge et Thee Marloes.

Jasmine Myra – Where Light Settles
Elle est à la fois saxophoniste, compositrice et cheffe d’orchestre. Elle est britannique, elle s’appelle Jasmine Myra, et son nouvel album, coproduit avec Matthew Halsall, est à ne manquer sous aucun prétexte. Elle signe neuf compositions instrumentales dominées, évidemment, par le saxophone alto de l’artiste. Du jazz contemporain, délicat et mélodieux, aux inflexions néo-classiques, finement orchestré autour de cordes, flûte, vibraphone, piano, guitare, contrebasse, batterie, etc…
Bolbec – Foutu Félin
Avec ce deuxième album, Bolbec prolonge l’élan mélancolique et cinématographique de son premier disque, Victime de l’aube (2024). Au programme, on trouvera des titres dans un style jazz élégant et nostalgique, évoquant les musiques de films de Alberto Iglesias ou encore du cinéma français ou italien des années 60-70. On pourra ainsi croiser les fantômes d’Ennio Morricone (Café frappé), Michel Legrand, François de Roubaix, Michel Magne (Le Prof de Gong) ou encore Chet Baker (Fanny), dans des morceaux légers, élégants et faciles à écouter. On en redemande !
Your Brother’s Keeper & Gary Bartz – Where Rivers Meet
Gary Bartz, saxophoniste alto, figure légendaire du jazz, collabore ici avec le collectif londonien Your Brother’s Keeper. Il en résulte un album de jazz à la fois atmosphérique et planant, à l’image des morceaux comme Ground Loop et Eclipse. L’ensemble propose aussi des passages plus bebop ou franchement expérimentaux, formant un disque varié et captivant à découvrir sur l’excellent label Brownswood Recordings.
Arturo Sandoval – SANGÚ
La légende du latin jazz et de la musique afro-cubaine revient avec un nouvel album gorgé de bonnes vibrations, dans un style afro-cubain toujours aussi incandescent. L’ancien protégé de Dizzy Gillespie mêle ici virtuosité technique et sens du groove avec une aisance déconcertante. Nourri de sonorités jazz-funk, de touches d’afrobeat et de soul, le disque s’inscrit dans une production très actuelle, sans jamais renier ses racines. La trompette d’Arturo Sandoval, flamboyante et précise, mène la danse sur des compositions riches en nuances, portées par des rythmiques enlevées et un swing irrésistible.
Adrian Younge – Younge
Quand il n’est pas occupé à concevoir des albums de jazz avec son ami Ali Shaheed Muhammad et de prestigieux invités, pour la série Jazz is Dead, Adrian Younge poursuit son travail de composition en solo, nourri aussi bien par Delfonics, Isaac Hayes, Ennio Morricone que Stereolab ou Wu-Tang Clan. Il revient ici avec un album de soul cinématique, entièrement instrumental et analogique, rappelant les productions de David Axelrod ou les musiques de films policiers des années 70.
The Outer Worlds Jazz Ensemble – The Kármán Line
Entre spiritual jazz, soul jazz et groove cosmique, le disque déploie une matière orchestrale riche, où harpe, flûte, basson, marimba et cuivres dialoguent avec une section rythmique très organique. Enregistré sur bande analogique, il en garde une chaleur et une fluidité rappelant certaines productions jazz et soul des années 60/70. On pense à Alice Coltrane, Yusef Lateef ou encore à David Axelrod avec également une dimension par moment cinématographique, rappelant des BO de films noirs des années 50-60 comme sur Celestial Matari.
Chassol – Funny How?
Pour son nouvel album, Christophe Chassol propose un disque nourri d’enregistrements de voix du stand-up réalisés à Chicago, New York et Los Angeles. Un disque qui mêle jazz, soul, gospel, rap dans une œuvre à la fois accessible, inventive et plus ouvertement politique que ses précédentes réalisations. Comme toujours chez Chassol, la mélodie demeure au cœur du projet. Son travail « d’harmonisation du réel » transforme les inflexions de la parole en motifs musicaux, avec une fluidité qui rend l’ensemble particulièrement accessible.
Gabrielle Cavassa – Diavola
Voix langoureuse et caressante, tempos ralentis et mélodies fragiles sont au programme du nouvel album de la chanteuse Gabriela Cavassa. Dix titres alternent compositions personnelles et reprises, à l’image des classiques Raindrops Keep Fallin’ on My Head de Burt Bacharach ou du titre disco Could It Be Magic, popularisé notamment par Donna Summer. Un album ultra planant, assez minimaliste sur certains titres, mais qui, dans l’ensemble, dégage un charme fou.
Seu Jorge – The Other Side
Seu Jorge nous propose un disque de jazz superbement mélodieux, inspiré notamment de Milton Nascimento et Arthur Verocai, où la bossa nova et la MPB se mêlent à de somptueuses orchestrations de cordes. À l’image de sa reprise de River Man de Nick Drake, chantée avec Beck. Allongez-vous, fermez les yeux et laissez-vous porter par la voix chaude et les mélodies caressantes de cet artiste brésilien, dans un album déjà considéré comme l’un des plus réussis de sa carrière.
Thee Marloes – Di Hotel Malibu
Après un remarqué premier album il y a deux ans, le trio indonésien Thee Marloes offre une suite du même acabit, avec cette ambiance soul feutrée et soignée si solaire. On pense à Khruangbin pour les influences world music funky psyché et tous les copains du label Big Crown – sur lequel ils sont évidemment eux aussi signés – pour ce goût du revival vintage. La bande son parfaite pour les beaux jours.
