Michael Wookey – Submarine Dreams

En vacances d’Angil, The Hiddentracks trouvent en Michael Wookey un, autre songwriter de talent, pour explorer des nouvelles pistes pour la folk. Une collaboration qui aboutit à  un disque haut en couleurs.

La musique est aussi (surtout ?), affaire d’arrangement. Prenez le cas de Michael Wookey, Anglais pur jus originaire de Southampton. Si l’on mettait à  plat sa musique (ces compositions jouées sans fard), on tomberait sur un artiste de folk, d’ailleurs plus américain qu’anglais dans l’esprit. Un énième Tom Waits de plus – ce qui n’est déjà  pas si mal. Au final, à  l’écoute de Submarine Dreams, ce n’est déjà  plus ça. La personnalité de Wookey est déjà  en soi le premier responsable de ce changement. L’homme est claviériste (orgue, harmonium), et non pas guitariste et il prend un malin plaisir à  utiliser des toy pianos dès qu’il en a l’occasion. Ce doux dingue de la musique fabrique aussi des instruments bizarres ; on hésite dès lors, à  parler d’art, brut, ou de démarche, poétique.

Avec Submarine Dreams, Wookey rencontre des musiciens à  sa mesure. Ceux-ci sont connus en France sous le nom de Hiddentracks, accompagnant depuis des années Angil. Il y a là  beaucoup d’instruments à  vent et de percussions, mais aussi de violon et de banjo, , vers ce que l’on sera obligé d’appeler une fanfare. Mais et c’est là  que le songwriting de Michael Wookey prend toute son importance, cette musique reste cadrée, bénéficiant de fondations d’écriture solide digne parfois de celle de Neil Hannon. D’ailleurs, The Hiddentracks accepte de la mettre d’abord en sourdine choisissant juste de faire vibrer l’horizon à  la manière d’une scie musicale géante (Somebody Golden). Même après, donnant vraiment de la voix en laissant parler totalement la personnalité de leurs instruments, les chansons de Michael Wookey restent des chansons, peut-être un peu plus bigarrées que la normale. Un univers de vibrations, de sons en liberté (what you deserve), de générosité ambiante, de folkore colorée., Michael Wookey, pourrait rappeler Beirut,,  Misophone, un Yellow Submarine en fanfare, un jazz New Orleans ayant viré pop, une musique de cirque ambulant, d’homme le plus fort du monde, de femmes à  barbe et de clowns lunaires, une musique de cabaret pour Freaks sympathique. A la fois tonitruant (fall on my knees), et rêveur (l’aérien All that’s left is blood, Flap), Submarine dreams est sans cesse magnifié par son chanteur, un bateleur sensible pouvant même évoquer Jeff Buckley dès qu’il passe en voix de fausset. Quand il passe du chant, au slam, on croirait entendre Angil (Submarines dreams, beau et fort à  la fois). Comme quoi, il n’y a pas de surprises : les amis de mes amis sont mes amis.

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Denis Zorgniotti

Date de sortie : 20 mars 2013
Label / Distributeur : We Are Unique Records / La Baleine
Pour l’édition vinyle : WAUR/Monster K7/what a mess

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