Mark Pritchard – Under The Sun

Mark Pritchard  déçoit avec cet album d’ambient peroxydé, coincé entre new age sirupeuse et échappées formelles aux formes vaguement expérimentales.

Mark Pritchard

Que ce soit sous ses différents pseudos ou projets, Harmonic 313, Troubleman, Use Of Weapons, Reload, Global CommunicationMark Pritchard a toujours évolué sur les terres d’une IDM pleine à craquer de mélodies minutieuses et d’ambiances délicates, recouvertes de végétations diverses en fonction des époques et des traversées.

Mark Pritchard Under The Sun cover album WarpA l’orée de l’ambient et de la folk, Under The Sun, déroule avec douceur des instrumentaux à l’équilibre étrange, coincé entre new age sirupeuse et échappées formelles aux formes vaguement expérimentales, agrémenté de-ci de-là de featurings vocaux élégants et parfois bien sentis, d’artistes tels que Thom Yorke, Bibio, la chanteuse folk Linda Perhacs, agée de 73 ans, ou le rappeur Beans (Antipop Consortium).
Pourtant, quelque chose me perturbe dans cette succession de titres qui ne sait pas vraiment quelle direction emprunter, entre classical, folk, electronica, ambient, le tout enrobé de synthés impersonnels, aux couleurs effacées voir parfois presque ringardes. Bien que possédant quelques tracks habilement élaborés, surtout ceux auréolés de vocaux, ainsi que celui donnant le titre à l’album, avec le sample tiré de Mary Poppins chanté par Julie AndrewsMark Pritchard déçoit de par son manque de singularité et de prise de risque, de par ses loops vaporeux mais manquant de profondeur et de véritable intention. Un amas de titres timides et sans véritables reliefs, alors que l’on aurait aimé escalader avec lui les cimes de l’Himalaya, se jeter dans les chutes du Niagara. Lui qui nous avait habitué a se mettre de côté sans sombrer dans les tendances, sort un album d’ambient peroxydé, à l’image des multiples sorties dans l’ère du temps.

Si avec cet opus, Mark Pritchard se place en digne descendant de certaines oeuvres ambient de Brian Eno, comme d’autres médias le suggèrent, une question se pose pourtant : Que retiendrons-nous vraiment de cet album dans 10 ou 20 ans ? Voire dans quelques mois.

Roland Torres

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