Weezer – White album

Retour sur le 10e album studio de la bande à Rivers Cuomo, paru en 2016 : entre punk rock originel et surf music.

Rivers_Cuomo

Après une longue pause de la critique, je me replonge dans la découverte musicale. Et quoi de mieux pour rattraper mon retard que de creuser les playlists quasi hebdomadaires de notre bon vieux webzine. L’an dernier à la même époque, Benzinemag plaçait le California kids de Weezer dans ses immanquables d’avril. J’ai cherché la critique de l’album. Ne l’ai pas trouvée. Je répare cet oubli.

weezer-white-albumWhite album donc. Témoignage discret d’une sacrée ambition. Le dernier white album de la pop était signé les Beatles. L’un des albums colorés de Weezer, the green, est entré au panthéon de la pop culture. (Bon ok, à rebours le red album, autre couleur, n’était pas leur plus grande réussite). C’est dire quand même si les punk rockers américains ne manquent pas d’ambition dans la couleur, avec ce 10e album. Non?

Les dernières nouvelles qu’on tenait du groupe: everything will be alright in the end les voyaient tâter du filon « teenage-de-maintenant-a-la-façon-des-teenagers-d-avant » dans lequel il n’y avait pas que ma nostalgie pour y trouver tout le bonheur du monde. C’était donc bien le présage de ce 10e album à venir, d’une réussite simple et belle, et pas un sursaut avant l’encéphalogramme plat. Chic.

Suivant la découverte de la playlist, j’ai glissé le white album à mon chevet. Plaisir instantané : coupable certes, mais bien réel. Alors oui, la faconde mélodique est un peu émoussée. Et il n’y a plus d’hymnes générationnels tels Buddy Holly ou Island in the sun à trouver dans le nouvel album de Weezer.

N’empêche. California Kids ou L.A. Girlz tiennent la dragée haute facilement à my name is Jonas du premier album et s’y placeraient sans anachronisme, preuve d’une continuité ou d’un retour à leurs premières amours.

Et en plus, avec thank god for girls Rivers Cuomo me fournit la feel good song pour l’année en cours. Je n’en demande pas plus.

Weezer arrive, de fait, à placer son White dans la lignée du bleu et du vert (puisque je décide d’oublier le rouge). Et rien que ça c’est chouette pour le fan que je suis. Soit des petites ritournelles de power pop à la sauce américaine, sorte d’appropriation des codes de la Britpop des nineties, façon US. Plaisir énergique et totalement adolescent. Plaisir un peu nostalgique aussi, j’avoue.

Toujours sur une major, le groupe parvient cependant à se passer de certains des oripeaux sonores ajoutés en production, qui alourdissaient le son Weezer sur les deux précédents albums. On retrouve les guitares acérées des débuts et cette capacité à remplir l’espace à coup de moulinets soniques. Weezer joue à re-convoquer l’âme surf de son premier disque et aller tâter la pop song bruitiste à l’anglaise,  ex. (Girl we got) a good thing façon Dodgy, si tant est que ce groupe britannique évoque encore quelque chose à quelqu’un: des chansons qui n’ont pas peur d’emmener la guitare en overdrive du côté de la ritournelle un peu cruche, mais efficace sur le moral de l’auditeur.

Comme dans le mal aimé et sous estimé (j’avoue j ‘ai toujours du mal à y rentrer) Pinkerton , Weezer n’hésite pas à tenter des essais vocaux, des descentes de tempo, du chant altier etc. Mais ce qu’on retient dans cet album c’est que la lumière de la plage est omniprésente, quoique diffuse. Et ça fait du bien. Le White album est lumineux. Le Pinkerton d’antan en est, par comparaison, la version sombre et claustrophobe.

Emballé en 10 titres de 3 minutes environ Weezer remet à l’honneur le rock de l’époque où un bon album tenait sur une face de cassette audio Maxell. Avec une fraîcheur dans la méthode qui fait oublier que le groupe approche de la quarantaine bien frappée et que l’adolescence est loin derrière.

Il ne m’en faut pas plus, un an après, pour avoir envie pourtant de mettre cet album en exergue. Et si vous l’avez manqué à l’époque, courrez-y aujourd’hui il n’a pas pris une ride. Cet album passe littéralement du baume au moral. Avec des ingrédients simples et une formule retrouvée, Weezer nous sort une suite aux effets identiques à ceux du passé inaugural du groupe. On réactualiserait bien la mode du pogo dans la fosse tiens, tellement on se sent jeune à nouveau.

Denis Verloes

WeezerThe white album
Label : WEA / Atlantic
Sortie : 1er avril 2016

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