[Live Report] The Stroppies : les enfants du Velvet et du Dunedin Sound au Supersonic

Les Stroppies, responsables avec « Whoosh! » de l’un des plus chouettes albums de 2019 pour qui, comme nous, est resté franchement accro au Dunedin Sound, ont enfin quitté leur Melbourne pour faire un petit tour chez nous, et jouaient au Supersonic vendredi soir…

The Stroppies au Supersonic le vendredi 5 juillet

…Donc une soirée absolument immanquable pour qui aime les mélodies incisives, les voix traînantes, les guitares qui carillonnent sur une rythmique inépuisable, et surtout cet « esprit DIY » qui produit la plus faussement simple et la plus humaine des musiques.

21h30 : Tally Ho! nous viennent de Rennes, soit quand même l’une des capitales françaises du « vrai rock », et nous disent être très heureux d’être à Paris et d’ouvrir pour les Stroppies. Et on les croit, pour le coup. Tally Ho!, c’est parfaitement jubilatoire, sec, nerveux et racé comme il se doit. Même si leur nom évoque notre horrible « taïaut » des chasseurs, ils vont chercher leur inspiration du côté des groupes élégants à guitares, de New York à la Nouvelle Zélande. Il y a aussi un peu du Gun Club des tous débuts dans ces chansons tendues sur une rythmique inspirée – joli travail du bassiste, en particulier ! – emmenées par une voix impeccable. La plupart des morceaux ont une évidence mélodique plaisante qui en facilite l’accès, il manque peut-être seulement une touche de folie ou de rage, qui permettrait au concert de décoller. D’ailleurs les dernières chansons du set paraissent un peu plus faibles que celles qui les ont précédées, et la bonne tension s’est un peu relâchée, au long de 40 minutes quand même largement réjouissantes, et qui donnent envie de suivre nos Rennais…

22h30 : le quatuor de Melbourne entame donc ce qu’ils nous déclareront être leur premier set européen : on est flattés qu’ils aient choisi Paris, et eux ne savent pas comment nous remercier, mais Gus – affable et drôle – ne se privera pas de nous le répéter. Le son est impeccable où je suis placé au premier rang, entre Gus et Claudia, mais les lumières impossibles. Bon, dès Nothing At All, pas vraiment de surprise, on retrouve ces rythmes speedés (« Crazy Rythms », comme disaient les Feelies…) avec ces guitares carillonnantes. On pourrait vraiment se croire à un concert des Bats en 1990, ce qui n’est pas, vous en conviendrez aisément, la pire référence qui existe. Le chant de Claudia est parfait, juste dans ce ton inventé par Moe Tucker chez le Velvet, entre timidité enfantine et belle ténacité. En revanche, même si l’on s’y attendait un peu, et même si cela fait partie intégrante de ce style musical-là, Gus chante quand même très, très faux : là, on se souviendrait plutôt de Galaxie 500, et ça n’est pas non plus pour nous une référence honteuse, en fait !

Ce qui est bien, et on l’espérait très fort, c’est que la musique des Stroppies, sur scène, toute modeste qu’elle soit, gagne en dureté et en force. Après un très beau My Style, My SubstanceOn my way home / I built a language / It’s wind in your ears… »), tout en finesse et en mélancolie, le sommet du set sera une superbe version, très électrique, de The Spy, et j’avoue qu’à la fin, j’ai très envie de continuer à chanter avec eux « I’m just that fly on the wall ». On remarque quand même que chaque fois que Gus abandonne sa Telecaster pour jouer des claviers, un Casio au son bien aigrelet et cheap comme il faut, il a l’air de s’amuser comme un fou, et c’est vrai que la combinaison avec la guitare d’Adam fonctionne particulièrement bien.

Ce set qui fait beaucoup de bien à l’âme se terminera malheureusement beaucoup trop vite (on n’atteindra pas la barre des 45 minutes !) par l’enchaînement parfait de Better than Before et du single, Cellophane Car. Un peu frustrant quand même vu tous les morceaux de l’album qui n’ont pas été joués ce soir (… « et alors, Entropy ??? ») ! Mais bon, au stand de merchandising, pendant qu’il dessine une voiture pour me dédicacer mon vinyle de Whoosh!, Gus me promet qu’ils repasseront en septembre. Pour jouer où ? Mystère…

A une époque où les artistes se poussent généralement du coude pour glaner leurs dix minutes de célébrité dans le grand cirque médiatique, la modestie, l’esprit artisanal et la simplicité des Stroppies fait infiniment de bien. Mais le revers de la médaille, c’est que ces nouveaux « enfants du Velvet » peineront logiquement à fédérer un public conséquent. En attendant, nous allons essayer de porter la bonne parole autour de nous, et de les aider à continuer à faire de la bonne et belle musique !

Texte et photos : Eric Debarnot

La setlist du concert de Tally Ho! :
Adam’s Asthma (Adam’s Asthma – 2018)
Can’t Wait
Ashley (Adam’s Asthma – 2018)
Your Sister (Adam’s Asthma – 2018)
Take It Slow
Keep Me Ill (Adam’s Asthma – 2018)
I’m on a Leash (Adam’s Asthma – 2018)
Sweethearts
Demolition
The Lines
Riverpool (Adam’s Asthma – 2018)
Boomarang (Adam’s Asthma – 2018)

Les musiciens de The Stroppies sur scène :
Claudia Serfaty – bass, vocals
Angus Lord – guitar, keyboards, vocals
Adam Hewitt – guitar
Rory Heane – drums

La setlist du concert de The Stroppies :
Nothing at All (Whoosh ! – 2019)
Present Tense (Whoosh ! – 2019)
All the Lines (The Stroppies EP – 2017)
First-Hand Favourites (Whoosh ! – 2019)
My Style, My Substance (Whoosh ! – 2019)
The Spy (Whoosh ! – 2019)
Production Lines (It’s a Hit ! EP – 2017)
Gravity Is Stern (The Stroppies EP – 2017)
No Joke (The Stroppies EP – 2017)
Go Ahead (The Stroppies EP – 2017)
Better Than Before (Whoosh ! – 2019)
Cellophane Car (Whoosh ! – 2019)

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