5 + 5 = Les disques préférés de James Yorkston

Rencontre et découvertes musicales à travers 10 albums choisis et commentés par le songwriter écossais James Yorkston, auteur du récent et brillant The Wide, Wide River, paru chez Domino records.

James Yorkston
© Nadja Hallstrom

Qu’on se le dise, James Yorkston a signé l’un des plus beaux albums du mois de janvier 2021 ! l’Ecossais est allé enregistrer les chansons de cet album à Stockholm en compagnie de musiciens suédois. Le résultat c’est donc The Wide, Wide River, un disque pop-folk magnifique qui confirme plus que jamais le talent d’écriture de ce discret songwriter.

On fait plus ample connaissance avec lui a travers une sélection de disques récents ou anciens, – oubliés, pour certains – et qui ne manqueront pas de titiller notre curiosité surtout avec les commentaires personnels de cet attachant chanteur guitariste.

5 disques du moment :

Atelier – Es Liebt Dich Und Deine Körperlichkeit, Ein Ausgeflippter

Je connais très peu de choses sur cet album, à part qu’il me semble que quelqu’un a décidé de prendre les sons du groupe Faust et de les utiliser pour faire un album de chansons pop, mais peut-être qu’ils se sont disputés entre les membres du groupe et que tout est devenu un peu bancal. J’écoute ça une fois par an environ, sans vraiment le comprendre, mais toujours avec plaisir.

David A Jaycock – Presets

Un jour, je parlais à quelqu’un de David A Jaycock, et il m’a dit que la raison pour laquelle il pensait que David A Jaycock n’était pas plus connu et plus célébré que ça venait du fait que les images que sa musique fait surgir sont des souvenirs d’enfance, et que tout le monde n’aime pas forcément retourner dans son enfance. Il y a une dimension  cinématographique dans la musique de David… De plus, la face B de cet album est l’une de mes faces B préférées.

Adrian Crowley – A Northern Country

Adrian a une excellente façon de raconter les histoires, laissant s’échapper de petits indices, avant que toute l’histoire ne soit révélée… Et ses mélodies sont similaires, moins des mélodies planantes que des touches subtiles qui s’accrochent lentement à vous. Cet album me rappelle de bons souvenirs d’une tournée en Irlande : assis à côté d’Adrian, j’étais en train de jouer de la guitare pendant qu’il faisait son truc. C’était “scénique”, bourdonnant et sincère.

Seamus Fogarty – God Damn You Mountain

C’était le premier album de Seamus. Il existe un certain type de musique, où les gens jouent de la musique acoustique mais la recouvrent de bips électriques et autres. Ce n’est pas vraiment mon truc, tout cela me semble un peu maniéré, mais là, c’est pourtant un exemple de ça que j’adore, surtout parce que c’est fait de manière tellement maniaque et “irrespectueuse” ! Les éléments électroniques semblent bruts et les éléments  acoustiques c’est la même chose. En plus, ce sont de superbes chansons. Ça aide toujours !

Andrew Wasylyk – Fugitive light and themes of consolation

Andrew Wasylyk est un artiste très intéressant. Ses albums sont pleins de compositions subtiles et réfléchies, qui ne font pas vraiment partie d’un genre donné. Elles sonnent parfois comme si elles pouvaient être la bande originale d’un documentaire des années 70 sur le zoo de Londres, qui, comme chacun sait est la meilleur BO qui soit… Il s’y passe toujours quelque chose d’intrigant, et ça, c’est toujours bienvenu en musique. Écoutez, plongez. C’est de la bonne musique, je vous l’assure.

5 disques pour toujours :

Adam and the Antz – Dirk Wears White Sox

Je suppose que c’est une sorte de pré-post-punk, pour les gens qui aiment les catégories. Avant de dominer brièvement le monde de la pop, Adam Ant faisait un noise rock plus sombre avec son groupe The Antz, qui a ensuite constitué les trois quarts de Bow-Wow-Wow. Pour moi, ce disque a trente ans d’avance sur son temps… ce n’est pas un style de Punk Rock standard, car on y entend des guitares plus dures, du funk, du rythme et une production fantomatique et sèche. Pour moi, le morceau-clé c’est Digital Tenderness, mais tous les morceaux de la face B sont tout simplement géniaux.

The Slits – Return of the Giant Slits

J’ai acheté cet album à Skibbereen, quand j’avais 12 ou 13 ans. Il n’a pas beaucoup de sens, du point de vue de la chanson classique, mais le monde qu’il présente – très dubby, expérimental, assez acide – est des plus séduisants. J’adore la production de Dennis Bovell… j’adore le fait que même maintenant, presque quarante ans plus tard, je n’arrive pas à me faire une idée de ce qui vient après. Je n’écoute jamais aucun autre album de The Slits, celui-ci me semble intouchable. Bovell, bien sûr, a également produit de nombreux albums de Linton Kwesi Johnson, qui sont tous parfaits.

Andrew Cronshaw ‎– Wade in the Flood

Andrew Cronshaw a eu une longue et étrange carrière, toujours centrée sur la musique, et a rencontré un certain succès avec ses productions, à l’exception peut-être de Wasps in The Woodpile, que j’ai entendu un jour sur Radio Scotland. Mais la musique qu’Andrew a faite est extraordinaire – une cithare glaciaire et glissante qui ne ressemble à aucune autre, ou du moins à rien ce que j’ai pu entendre ailleurs. Une fois, j’ai fait un spectacle improvisé avec lui et le bassiste Jon Thorne, lors d’un Festival du whisky à Londres. Au lieu de répéter, nous sommes allés prendre un long repas et avons discuté de nos idées sur la musique. Le spectacle ensuite ne ressemblait à rien de ce que j’ai déjà joué, avec plein de sonorités et d’harmoniques. Le public a semblé apprécier, d’une certaine manière, et nous avons été payés, donc tout va bien.

Dick Gaughan – No More Forever

No More Forever est une vaste collection de chansons et d’airs écossais, brillamment joués et chantés par Dick Gaughan, avec Aly Bain faisant des apparitions au violon. L’un des derniers albums de Dick, Handful of Earth, a déjà été élu “Album de la décennie” par le magazine Roots, mais ce premier album, plus brut, est tout aussi beau et charmant : il a en plus cette intimité qui manque peut-être à Handful of Earth. Dick a joué dans mon club, il y a quelques années, et c’était une soirée spéciale et bienvenue. Et en ces temps de Covid, nous nous remémorons ces souvenirs.

Lal Waterson – Once in a Blue Moon

J’ai écrit tant de fois sur Lal Waterson qu’il m’est difficile de savoir quoi dire de nouveau. Alors, voilà encore une fois : si vous aimez la musique, le mystère, une voix avec des textes, alors vous devez écouter sa musique. C’est peut-être bien mon auteur de chansons préféré. Qui d’autre est meilleur ? Pas lui… pas elle… et certainement pas eux… C’est la musique de quelqu’un qui a écrit pour le plaisir d’écrire des chansons Et ce sont, comme nous le savons tous, les meilleurs types de chansons.

 

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